Métier – Antenniste – Électricien3e n°44

Antenniste : un métier en mutation

Le métier d’antenniste évolue aussi vite que celui del’électricien.

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 Un métier historique, qui consiste à poser les antennes sur les toits des logements individuels, des copropriétés et du collectif en général pour le compte des gestionnaires du privé et des bailleurs sociaux. Un métier en pleine mutation. «Auparavant, pour une société de taille moyenne, l’activité était de l’ordre 35 % en contrôle d’accès, de 40 % en installation d’antennes et 25 % en installations diverses audio, vidéo et TV », comme le précise Ronald Heller, président du nouveau syndicat S2I Courant faible, représentant les installateurs et intégrateurs des métiers du multimédia, de l’audiovisuel et du Courant faible.

Depuis l’arrivée de la TNT en 2007, tous les installateurs ont œuvré pour des installations en règle pour recevoir les signaux numériques. Ce passage au tout numérique s’est fait entre 2008 et 2011.

Ce basculement d’un signal analogique à un signal numérique a fait rentrer les antennistes dans une nouvelle dimension. Cette maîtrise leur permet de rentrer dans le monde de l’IP et de l’audiovisuel et fait des antennistes les installateurs de demain des systèmes audio, vidéo de la maison. Ainsi, pour le syndicat S2I Courant faible, le métier de l’ex-antenniste comprend l’antenne et la réception numérique des signaux, la fibre optique, la sûreté électronique et la domotique. Des compétences attendues également pour les électriciens. Cependant loin d’opposer les deux métiers, Ronald Heller complète. « Il ne doit pas y avoir d’opposition entre électriciens et les installateurs du courant faible. Nos métiers sont complémentaires. Certains électriciens auront toutes les compétences pour traiter tout un dossier domotique qui inclut la vidéosurveillance, l’interphonie ou vidéophonie, le home cinéma, un multiroom, mais ils seront peu nombreux. La bonne intelligence doit être de prendre une affaire et d’associer l’électricien et l’installateur courant faible ». L’expertise de l’installateur électrique comprend le courant fort et s’étend de la gestion des flux

d’air avec l’installation de ventilation simple ou double flux jusqu’à la connaissance du chauffage électrique. Un métier qui doit prévoir de rénover 33 millions de logements et gérer l’arrivée de la fibre optique alors que nombre d’électriciens ne maîtrisent pas suffisamment toutes les règles d’installation d’un réseau de communication. Avec l’augmentation des débits pour gérer toutes les nouvelles informations (TV connectée, Internet, renvoi d’électricité sur le réseau), l’État a programmé un vaste plan de déploiement de la fibre optique. Les concessions pour l’installation jusqu’à l’entrée des appartements ou au pied des maisons sont engagées mais 20 milliards d’euros seront nécessaires. Le FTTH, Fiber To The Home (fibre à la maison), va transformer l’ex-antenniste en un installateur numérique à domicile qui doit maîtriser le passage de la fibre optique et les réseaux IP. La standardisation et la certification des réseaux à 100 MHz / Catégorie 5 depuis 1995 ayant fait exploser le marché du câblage voix / données /images, les antennistes ont développé les compétences dans l’installation de systèmes de câblage, et suivi les évolutions de ceux-ci vers la catégorie 6, 7 et fibre optiques. Depuis le 1er avril 2012, une loi impose que tous les logements collectifs neufs soient équipés d’un réseau fibre optique (1, 2 ou 4 fibres par logement en fonction de la densité de population et du nombre de logements de l’immeuble). S’ouvre alors l’installation de la domotique. À Ronald Heller d’ajouter que « demain, le maintien à domicile des personnes âgées et le besoin d’avoir un logement sécurisé économe en énergie va permettre à la domotique de se populariser. Notre métier doit être prêt. Les compétences sont là. » Reste à se former. Car pour rassurer le client/prospect, il n’est pas question de bredouiller le discours. C’est pourquoi, le S2I Courant faible à intégrer l’organisme Fedelec pour dispenser les formations Asfodelec. Mais Ronald Heller tempère : « Si tous les installateurs du Courant faible et les installateurs électriques suivaient les formations gratuites dispensées qui existent à ce jour par les fournisseurs de matériel, un grand pas serait franchi pour faciliter les discours. 

LES COURANTS FAIBLES SE STRUCTURENT

Ronald Heller, président du syndicat S2I Courant faible.

Le Snida, créé en 1966, change de nom pour devenir S2I Courant Faible. S2I Courant faible rassemble les intégrateurs et installateurs des métiers du Courant Faible. Les principaux métiers représentés par le syndicat sont les

suivants : Installation / intégration d’antennes de télévision satellite et terrestres, de réseaux communicants, de FTTH (fibre optique), de domotique, d’interphonie, de contrôle d’accès, de vidéosurveillance, de téléphonie, d’audiovisuel multimédia et sonorisation, d’IPTV, de signalétique…

S2I Courant faible s’efforce de promouvoir le développement de vos affaires en assurant la promotion des métiers des professionnels adhérents auprès des associations de clients et des donneurs d’ordre des marchés de l’habitat collectif public ou privé, de l’habitat individuel, des hôtels, cliniques et hôpitaux, et des entreprises.

S2I Courant faible bénéficie de la structure de formation de Fedelec (Asfodelec). Il organise également des formations ou des colloques avec des partenaires (Cosael, organismes de formation, constructeurs, opérateurs…)

Un membre de S2I Courant faible participe aux réunions avec les institutions (CSA-Anfr-ArcepQualifelec-CosaeL-Q2C….) qui décident de l’avenir de nos secteurs d’activité et de nos professions.

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