3 questions à Philippe Daga, directeur général Eaton France – j3e n°815

En décembre dernier, Eaton annonçait la conclusion du processus d’acquisition de Cooper Industries initié en mai dernier. Depuis son rachat de Moeller, en 2007, c’est la plus importante acquisition jamais réalisée par Eaton qui emploie désormais 100 000 personnes dans le monde. Philippe Daga, directeur général d’Eaton France, livre ses premières réflexions sur cette acquisition.

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j3e – L’acquisition de Cooper Industries est une étape importante du développement et du renforcement d’Eaton. Une évidence ?

Philippe Daga -Oui, dans la mesure où il y a une parfaite complémentarité entre nos deux sociétés. Eaton est relativement bien positionnée dans la chaîne de la gestion de l’énergie. Cooper Industries l’est davantage en amont, avec la gestion de la distribution haute tension, l’automatisation des réseaux, le smart grid, et en aval, dans l’appareillage et les produits pour environnements difficiles et dangereux (zones Atex).
Cooper intervient également dans l’éclairage LED sur le marché américain et dans l’éclairage de sécurité où la marque dispose de très fortes positions en France. Notre objectif est de pouvoir offrir des solutions pour gérer toute la chaîne, entre la centrale électrique et l’appareillage terminal.
Le rachat de Moeller, en 2007, nous a permis d’être reconnus en Europe.
L’acquisition de Cooper Industries va désormais nous donner l’envergure internationale nécessaire pour peser sensiblement sur le marché face aux grands acteurs du secteur de la gestion de l’énergie.

Concurrencer les grands acteurs
du secteur de la gestion de l’énergie
sur les marchés internationaux.

j3e – La compétitivité passe nécessairement par la concentration ?
P. D. – C’est un élément de compétitivité et de prix, en effet, mais pas seulement, c’est aussi la volonté d’avoir une offre de solution globale cohérente, des processus de fonctionnement communs et une organisation harmonisée. Pouvoir répondre aux tendances de fond du marché que sont la sécurisation de l’alimentation électrique, l’efficacité énergétique, les énergies de substitution et  le développement des économies émergentes, exige de pouvoir intégrer de nouvelles capacités et compétences pour offrir des solutions pertinentes à nos partenaires et clients quel que soit le lieu géographique.

j3e – Les acquisitions sont parfois délicates à gérer. Ce n’est pas le cas avec Cooper Industries…
P. D. – Cette acquisition s’est effectivement déroulée de manière harmonieuse car la complémentarité est parfaite. Le processus d’intégration devrait prendre environ trois ans.
Eaton a mis en place une démarche structurée et notamment une équipe d’intégration composée de représentants des deux sociétés et de différentes compétences (production, logistique, vente et marketing, informatique et ressources humaines).

Nous travaillons vraiment côte à côte pour protéger les savoir-faire de Cooper Industries et les incorporer à Eaton.
Je ne peux évidemment pas vous présenter aujourd’hui la stratégie qui va être adoptée. Disons que 4 grands segments verticaux se dessinent naturellement pour Eaton dans sa nouvelle dimension :
– la distribution d’énergie en aval de l’usine de production, qui est très importante aux États-Unis mais encore peu développée en Europe ;
– les solutions pour les constructeurs de machines et la gestion électrique de la production industrielle ;
– la gestion électrique dans le secteur des ressources naturelles, les mines et l’exploitation pétrolière ;
– le secteur du tertiaire au sens large, qui recouvre aussi la protection des données et la gestion de l’énergie des datacenters.
La marque est un sujet d’importance également et il va bien sûr y avoir une analyse prudente de celles de Cooper Industries afin d’en établir la valeur et de décider de la meilleure façon de les utiliser. Nous pourrons en reparler plus en détail dans quelques mois.
Propos recueillis par Pascale Renou

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