3 questions à Annie Chéenne Nexans

Interview d’Annie Chéenne, responsable Business Development, Nexans Power Accessories France

Sur le même sujet

Le 3 décembre dernier, Nexans organisait une conférence sur le courant porteur en ligne (CPL) pour les smart grids, une technologie défendue par l’alliance industrielle G3-PLC parrainée par ERDF (1). Annie Chéenne revient sur l’intérêt de cette solution actuellement en test dans plusieurs projets pilotes en France et à l’international.

j3e – Dans le bâtiment, la technologie du CPL a du mal à s’imposer. Qu’apportez-vous avec le CPL G3 ?

Annie Chéenne – En effet, le CPL n’a pas toujours bonne presse et c’est une des raisons qui a poussé Nexans Power Accessories à organiser une conférence, en décembre. Nous voulions présenter les évolutions de cette technologie qui n’a plus rien à voir avec les précédentes générations de CPL, mais qui n’est pas non plus destinée aux mêmes applications. Dans notre cas, nous ciblons principalement le réseau de distribution en amont du point de livraison. En implantant une architecture de communication intégrale, c’est une véritable révolution qui s’opère pour autoriser une gestion dynamique et bi-directionnelle des flux.

Alors que le bâtiment utilise des bandes de fréquence qui vont jusqu’au MHz, nous utilisons des bandes de fréquences plus basses (30 à 95 kHz pour l’Europe et 5 à 500 kHz pour l’international). Nous menons des tests dans des projets pilotes en France et à l’international et nous pensons que ce moyen de communication extrêmement fiable et robuste va permettre de transformer radicalement le réseau de distribution public en autorisant, par exemple, le déploiement massif de la production des EnR.

 

j3e – Quel est le rôle de Nexans Power Accessories dans le développement du CPL G3 ?

A. C. – Nous sommes engagés dans des projets pilotes pour lesquels nous avons développé des solutions de raccordement au réseau de distribution MT. Nous nous positionnons au niveau de la cellule ou du transformateur. En intégrant une communication à ce niveau, via le CPL G3, nous permettons un échange bidirectionnel entre l’amont et l’aval compteur avec des fonctions de communication. D’autant plus que le CPL G3 est IPv6 et devient, de fait, un réseau IP où chaque élément peut être adressé séparément. Nos solutions intègrent également des fonctions de capteur pour mesurer la tension, le courant… L’opérateur connaît l’état du réseau quasiment en temps réel et en tous points, ce qui est fondamental dans le cadre du smart grid. Sans changer de transformateur, nous offrons une architecture de communication qui s’affranchit d’un opérateur tiers et interagit avec le compteur intelligent du bâtiment pour le transfert d’informations client-opérateur réseau. Il sera possible, par exemple, d’envoyer des ordres ou des incitations tarifaires au compteur en fonction de l’énergie gérée dans la journée.

 

j3e – Quel premier bilan tirez-vous des projets en cours ?

A. C. – Nous avançons à grands pas. Les projets sont menés de manière collaborative, chacun des acteurs apporte son expertise pour tester la performance de cette nouvelle architecture. La dimension internationale est très importante pour valider cette technologie. Nous pensions, par exemple, que le CPL G3 passait par tous les types de réseaux, mais, selon les générations de transformateurs, la communication n’était pas systématique et il a fallu faire évoluer notre solution, ce que nous avons fait. Nous avons aussi mené des essais sur des lignes enterrées anciennes, et les signaux passent sans problème. Cela dit, les projets en cours, pour la plupart, ont été lancés en 2011 et 2012, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. Mais les avantages économiques d’une architecture de communication mutualisée à l’ensemble des applications réseau stimulent les expériences de terrain dans le monde entier. Nous pensons d’ailleurs qu’elle pourrait intervenir dans certaines applications telles que le pilotage des infrastructures de recharge pour les véhicules électriques. Un projet en éclairage public devrait être lancé… Tout cela est très dynamique et nous aurons sans doute l’occasion d’en reparler.

 

Propos recueillis par Pascale Renou

 

(1)     L’alliance G3-PLC a été fondée par 12 acteurs majeurs de l’industrie du réseau intelligent. Elle vise à soutenir le déploiement de ce nouveau protocole de communications éponyme : ERDF, Enexis, Maxim Integrated Products, STMicroelectronics, Texas Instruments, Cisco, Itron, Landis & Gyr, Nexans, Sagemcom et Trialog.

 

 

Laisser un commentaire

Laissez un commentaire en remplissant les champs ci-contre ou utilisez votre compte