Marcel Torrents Deltadore

« Être les experts du pilotage des énergies et du confort »

Président du directoire, Delta Dore. Spécialiste du pilotage pour la maîtrise des consommations d’énergie et du confort dans le bâtiment, la société Delta Dore affiche une croissance insolente en ces temps de crise. Cette entreprise bretonne de taille intermédiaire a même réussi un coup de maître à Singapour, qui la place désormais à l’international parmi les acteurs majeurs de son secteur. Rencontre avec Marcel Torrents, un président du directoire serein.

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j3e – Croissance du CA à deux chiffres, « Coup de cœur » du trophée Deloitte Technology Fast 50, en novembre 2012, qui récompense vos performances et vous désigne comme entreprise moteur de l’économie et des territoires : quelle est la recette de votre « success story » en ces temps de crise ?

Marcel Torrents : La vie d’une entreprise est faite de hauts et de bas, une success story ne se mesure pas sur une année mais sur une longue durée. C’est vrai que depuis 4 ans, dans un paysage de crise, nous avons fait plus de 50 % de croissance. Nous n’avons aucun secret, notre démarche est centrée sur nos valeurs : cohésion sociale et innovation.

Puis sur un centrage très fort de notre mission. Nous sommes les experts du « pilotage des énergies et du confort dans les bâtiments ». Á ce titre, nous répondons à l’intérêt du marché pour les économies d’énergie, un véritable problème de société.

Enfin, nous recherchons une croissance à l’international.

En résumé, nous fonctionnons sur 4 points clés :

–          cohésion sociale ;

–          innovation ;

–          centrage de spécialiste ;

–          développement à l’international.

 

j3e – Quels enseignements tirez-vous des quelques mois du chantier du Sport Hub, en cours à Singapour ? Avez-vous d’autres grands projets à l’international en perspective ?

M. T. : Le projet du Sport Hub de Singapour ne fait que débuter réellement et un bilan technique est encore difficile à réaliser. Mais nous avons pu recruter une main-d’œuvre très qualifiée à Singapour, ce qui nous conforte dans l’idée de créer un pôle important de développement sur l’Asie du Sud-Est à partir de cette plate-forme.

Enfin et surtout, ce contrat a généré une forte image et une reconnaissance par la profession. Nous sommes effectivement en train de négocier des contrats, assez importants mais, bien entendu, pas de la taille du Sport Hub qui reste exceptionnelle.

Nous avons remporté notre premier contrat en BMS (Building Management System) en Chine, près de Shanghai, pour un immeuble de 55 000 m2, ce qui est aussi une première importante pour nous. Grâce à ce contrat très visible, l’internationalisation de notre activité s’accélère.

 

j3e – Avec la RT 2012, les compteurs intelligents vont foisonner dans le bâtiment. Comment garantir la qualité et la fiabilité de ces compteurs ? La certification de ces équipements est-elle une solution ? Comment être sûr qu’on ne va pas en installer plus que nécessaire ?

M. T. : La RT 2012 définit précisément le juste nécessaire en termes d’information à fournir aux utilisateurs. Bien entendu, il s’agit de proposer des solutions qui vont permettre de vraies économies d’énergie, et ainsi la seule sanction sera la facture.

Au-delà des compteurs et des afficheurs, dans l’habitat, qui permettront des économies d’énergie par la sensibilisation du consommateur, il existe déjà des automatismes simples qui permettent, en plus de l’information, la réalisation d’économies.

Faudrait-il rajouter de la certification pour l’affichage de consommation ? Je pense que c’est un grand débat, ces afficheurs ne sont pas à proprement parler des « compteurs » mais seulement une information. Á ce titre, ils doivent être fiables, bien sûr, sans la nécessité d’une précision de facturation. L’important est de mesurer les principaux postes de consommation (ce que préconise la RT 2012) et de donner des tendances par rapport aux mois précédents, à vos voisins, à une moyenne locale, etc., afin de vous permettre de comprendre que vous pouvez faire des économies, de modifier votre comportement énergétique, de réduire votre impact environnemental et ce aussi bien pour le gaz, l’électricité, mais également pour l’eau qui sera critique très rapidement.
Il ne faudrait pas que ces certifications renchérissent inutilement le prix des produits.

En ce qui nous concerne, nous avons cherché à proposer des offres qui soient fiables, faciles à utiliser, économiques et surtout efficaces pour réaliser des économies rentables (amortissement en 2 ou 3 ans), tout en préservant le confort.

C’est ainsi que nous avons été reconnus par les professionnels par deux médailles d’or (Union des maisons françaises et Union des constructeurs immobiliers) pour la pertinence de nos offres.

 

j3e – Comment vous inscrivez-vous dans le schéma du bâtiment connecté au smart grid ?

M. T. : Tous les constructeurs ont leur propre mode de communication et il n’y a pas sur le marché un standard pour tous les métiers. Par exemple, les alarmes intrusion incendie, les volets roulants, l’éclairage… mais tous permettent une passerelle IP et ainsi une communication facilitée vers l’extérieur. Nous permettons à chaque acteur de se connecter sur nos systèmes afin de faciliter l’usage de la domotique. Nous avons mis en place des solutions d’effacement dans tous les secteurs, résidentiel, tertiaire et industriel, et sommes par ailleurs engagés dans de nombreux projets d’expérimentation (lire l’encadré).

 

Pour les bâtiments non résidentiels, une bonne efficacité énergétique active
règle le problème de la pointe de consommation et donc de l’effacement.
C’est la solution la plus économique.

 

j3e – Dans le cadre du smart grid, c’est à l’échelle d’éco-quartiers que l’effacement prend tout son intérêt. Dans cette nouvelle orientation de la gestion de l’énergie, le bâtiment ne risque-t-il pas d’« échapper » à son propriétaire (élu local, habitant…), qui n’aura pas la main sur ces outils de pilotage de l’énergie ?

M. T. : Nous sommes convaincus depuis le début que le smart grid lié à l’effacement n’a d’intérêt que dans un périmètre géographique bien déterminé ; à quoi cela sert-il de couper en Corrèze si la surcharge est en Bretagne ?

Mais cela ne veut pas dire que le bâtiment va « échapper » à son propriétaire, mais plutôt que chacun sera mis devant ses responsabilités en ayant toujours le choix : être effaçable ou payer le coût réel ! Enfin, pour les bâtiments non résidentiels, une bonne efficacité énergétique active (GTB) règle le problème de la pointe de consommation et donc de l’effacement. C’est la solution la plus économique.

 

j3e – La sécurisation des données va devenir un enjeu majeur avec les milliards d’informations qui vont transiter sur les réseaux pour la gestion de l’énergie. Quelle solution proposez-vous dans ce domaine ?

M. T. : Nos solutions smart grid s’intègrent  naturellement dans le système global d’information des opérateurs et dans leur stratégie  sécuritaire. Nous ne sommes pas des experts du monde des réseaux (ni électriques ni informatiques). Cependant, aujourd’hui, on peut faire de vraies économies d’énergie sans passer par les réseaux Internet, au travers de la capacité à gérer les tarifications d’électricité qui sont de vraies incitations aux économies d’énergie. Ainsi, avec le 175 Hz, le distributeur d’énergie envoie un signal, comme il veut, où il veut, et la tarification bascule. Tous les bâtiments, y compris résidentiels, sont équipés. Ce réseau existe, fonctionne (tarif jour/nuit, bleu, blanc, rouge, etc.) et ne peut pas être piraté car il n’est pas relié à un système d’information, c’est le plus sûr. Reste la tarification à adapter, pour l’heure de pointe par exemple, et 80 % du problème pourraient se résoudre !… Mais peut-être est-ce l’avis d’un candide, pas celui d’un expert !

 

Delta Dore engagé dans des projets démonstrateurs du smart grid

Delta Dore se positionne comme un fournisseur de solutions de pilotage de la charge, grâce aux solutions qu’il a développées. Notamment dans le tertiaire et l’industrie où la société a mis des solutions en place qui permettent la gestion de charge à distance par des effacements prédéfinis avec chaque client, effectués sur demande du réseau, avec relestage progressif.

L’entreprise participe également à une dizaine de projets démonstrateurs du smart grid.

 

En Bretagne :

Nous sommes convaincus depuis le début que le smart grid lié à l’effacement n’a d’intérêt que dans un périmètre géographique bien déterminé ;
à quoi cela sert-il de couper en Corrèze si la surcharge est en Bretagne  ?

• depuis 2010 et pour une durée de 3 ans, EDF et Edelia étudient le comportement d’habitants de 1 000 logements à l’effacement du chauffage électrique. Le délestage est piloté à distance à travers une box ADSL ;

• la communauté de communes du Pays du Méné a lancé pour une durée de 2 ans une expérimentation portant sur plus de 1 000 sites (tertiaire et résidentiel). Delta Dore apportera son savoir-faire en matière d’affichage des consommations électriques pour chacun des sites ;

• l’Ademe Ouest et le conseil régional de Bretagne observent actuellement le comportement de 70 familles sensibilisées à leur consommation électrique par l’affichage.

 

En Rhône-Alpes :

• GDF Suez a engagé, pour une période de 4 ans, une expérimentation destinée à tester, sur 150 sites résidentiels, les effacements pilotés à distance.

 

En Corse et outre-mer :

• le projet Millener, une expérimentation menée dans le résidentiel en Corse, à La Réunion et en Guadeloupe. L’objectif est d’optimiser la gestion des charges électriques d’un réseau de 700 sites en limitant les appels de puissance et en stockant l’énergie solaire produite localement. Delta Dore fournit des passerelles énergétiques permettant de rendre pilotables à distance les effacements sur du chauffage électrique ou des climatiseurs dans le résidentiel.

 

Á noter que Delta Dore exposera au congrès SG Paris 2013, qui se déroulera du 4 au 6 juin prochains, au Cnit Paris-La Défense.

 

La RT 2012 définit précisément le juste nécessaire en termes d’information à fournir aux utilisateurs. Il s’agit de proposer des solutions qui vont permettre de vraies économies d’énergie ; ainsi la seule sanction sera la facture. Il existe déjà des automatismes simples qui permettent, en plus de l’information fournie par les compteurs, la réalisation d’économies.

© Delta Dore

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