Université Rennes 1 – Enseignement j3e n°817

Garantir une formation en adéquation avec le terrain

Missionné par le ministère de l’Éducation nationale pour vérifier que les IUT proposent un programme et des conditions d’enseignement qui correspondent à la volonté du ministère d’avoir un cursus en phase avec les attentes des entreprises, Pascal Tigréat, de Wago, a parfois constaté que certaines écoles continuaient d’enseigner des technologies dépassées, souvent par manque de moyens. « Les jeunes qui s’y inscrivent privilégient la proximité de l’établissement et ne réalisent pas qu’ils n’auront pas la formation adéquate, regrette-t-il. Je pourrais en revanche citer l’exemple d’un jeune qui fait plus d’une heure de trajet pour aller jusqu’à son école. Il a compris l’importance de la formation sur les nouvelles technologies. » Pour ces établissements qui sont en phase avec le terrain, il affirme qu’il n’y a pas de chômage à la sortie de la formation : « Les entreprises ont du mal à trouver des jeunes diplômés qui maîtrisent les nouvelles technologies du bâtiment. Chez Wago, nous avons 6 personnes en apprentissage pour pallier cette difficulté. »

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Comment les écoles réussissent-elles à former les jeunes à toutes les technologies qui évoluent en permanence dans le secteur du bâtiment ? Comment s’assurer qu’ils seront « à la page » technologiquement et opérationnels une fois diplômés ?

 Patrice Barbel et François Lemercier, de l’université Rennes 1, apportent leur réponse.

Sur le plan matériel, nous achetons des équipements auprès des constructeurs avec lesquels nous avons tissé des relations particulières pour être cohérents entre nos formations et les attentes du terrain, expliquent-ils. Pour la partie « réseaux de communication » du bâtiment, nous sommes membres des associations BACnet, KNX et LonWorks. Nous travaillons également au niveau de la ville avec le cluster Eco-Origin… Nous sommes ancrés dans le réel, au plus près des problématiques du bâtiment, de la ville et des questions de transition énergétique.

 

Nos formations sont construites dans le même esprit : en lien avec le terrain. Les stages de nos étudiants, les projets de fin d’études des jeunes en bac+5, nous donnent une solide vision prospective et offrent une « veille technologique » qui permet d’adapter nos cursus.

Il y a environ 10 ans, par exemple, l’interopérabilité des équipements était une problématique récurrente dans les travaux d’élèves. Aujourd’hui, par exemple, ce sont des questions liées à l’hypervision et aux datas : analyse des données, gestion des flux, méthodologie de mise en œuvre, reporting… Ces aspects critiques sont les nouveaux sujets de leurs travaux d’exploration.

Pour les confronter à la réalité, nous avons mis en place un serveur qui leur donne accès à des bases de données du site universitaire. Notre patrimoine immobilier représente 340 000 m2, c’est une étude de cas grandeur nature. Mais nous suivons aussi des bâtiments avec des bailleurs sociaux, des maisons BBC…

 

Bien sûr, la question de l’expérimentation se pose. Mais l’enjeu n’est pas de travailler spécifiquement sur des centrales de traitement d’air (CTA) de laboratoire, par exemple. L’enjeu est de suivre des bâtiments existants pour appréhender les problématiques énergétique et économique. Dans le cas d’une CTA, nos étudiants se retrouvent face à des spécialistes des fluides ; nous n’attendons pas des élèves qu’ils deviennent aussi des spécialistes des fluides, mais qu’ils sachent paramétrer, interconnecter et optimiser ces équipements dans une approche collaborative avec ces experts.

Beaucoup de formations techniques ont une visée technologique applicative. Nous avons choisi de nous positionner sur la compréhension d’un secteur d’activité dans sa globalité, sur des enjeux énergétiques plus larges, sur la mise en place d’une gestion technique, mais aussi la prise en compte des enjeux liés au vieillissement de la population.

 

Le point fort de nos formations est le contrat professionnel au niveau licence (bac+3) et master (bac+5). Ces contrats d’un an engagent plus fortement l’entreprise qu’un stage classique puisqu’elle a besoin de recruter et va logiquement engager l’élève au terme de sa formation. De ce fait, les jeunes accèdent à des informations plus stratégiques en termes de développement de produits.

Au-delà, certains professionnels interviennent dans nos cours, comme Pascal Tigréat, qui vient régulièrement apporter une vision globale et une compréhension du secteur d’activité.

Cette relation que nous entretenons depuis des années avec les grands groupes ou PME est une particularité de Rennes 1.

Une stratégie gagnante pour cette université : 80 % des étudiants sont engagés à l’issue de leur contrat professionnel et les autres trouvent un emploi dans les deux mois, affirment ces deux responsables. Sur les trois formations dispensées (licence professionnelle, master et la nouvelle formation d’ingénieur avec l’Esir), le taux d’insertion est aujourd’hui de 100 % en moins de trois mois !

 

Pascale Renou

 

 

 

 

Pour en savoir plus : http://domotique.univ-rennes1.fr

 

 

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Le bâtiment 16 du site universitaire Rennes 1, un bâtiment expérimental sur lequel les étudiants peuvent s’exercer. © DR

 

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