Du BTS Domotique au CDI en tertiaire – Enseignement j3e n°818

Il y a des parcours d’élèves qui sont exemplaires et peuvent motiver d’autres jeunes qui se posent de questions sur leur orientation et leur évolution professionnelle dans le secteur de la filière électrique. De ce point de vue, l’exemple de Thomas Rolland est typique.

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Au cours de sa formation préparatoire au bac professionnel en thermique, Thomas Rolland se passionne pour la régulation et les automatismes. Alors qu’il envisage de poursuivre en DUT, son dossier est refusé à l’IUT. Un mois avant de passer son bac, il apprend qu’il est reçu à l’examen qu’il avait passé à l’école Paul-Louis-Merlin, à Grenoble, où Schneider a mis en place un BTS dédié à la domotique. Thomas laisse la thermique pour le courant faible. Ce choix, qui n’était pas une vocation au départ, va lui donner des ailes.

« En domotique, on aborde la question thermique, et en particulier les centrales de traitement d’air. Pour moi, évidemment, c’était facile, raconte-t-il. Cela m’a permis d’avoir du temps pour travailler davantage sur la partie électrotechnique que je ne connaissais pas du tout. Je n’avais pas non plus de connaissance en courant faible, mais j’ai appris assez facilement la programmation. Enfin, comme j’ai un peu la fibre dans le domaine de la négociation technico-commerciale, ça m’a bien aidé. »

Une expérience du tertiaire dès la 1re année de formation

La première année du BTS Domotique de l’école Paul-Louis-Merlin se termine par un stage de deux mois en entreprise. Une expérience terrain qui a entre autres objectifs celui d’obtenir un contrat d’alternance pour la deuxième année de formation. Pour Thomas, ce sera Cegelec. Il y travaille d’abord un mois, puis, grâce à l’appui de son école, un deuxième mois, avant que Cegelec, manifestement content du travail de son jeune stagiaire, ne lui propose un contrat d’intérim pour l’été. En septembre, le contrat d’alternance suit en toute logique.

Pendant sa 2e année de formation, en alternance, Thomas aborde concrètement les problématiques du courant faible dans le domaine de la sûreté et de la sécurité. Avec son tuteur, il commence à intervenir sur le câblage informatique et notamment celui d’un lycée. Ce travail lui plaît beaucoup. Alors que son tuteur gère la partie commerciale et suivi de projet, il travaille sur la partie étude, recherche de matériels, conception d’une installation, et intervient dans le tertiaire. « Le BTS Domotique n’est pas un problème pour travailler dans le tertiaire, précise-t-il. En formation, nos professeurs s’adaptaient à nos spécificités, quand on avait des études de cas. En ce qui me concerne, je ne suis jamais intervenu sur du résidentiel. »

Des formations complémentaires pour se spécialiser

Le BTS en poche, son tuteur, chez Cegelec, lui conseille de faire une licence courant fort, en alternance. Une compétence nécessaire pour être vraiment bon, selon ce responsable : « Je n’aurais peut-être pas fait cette licence en distribution électrique et automatisme, mais j’aurais fait une formation en courant fort, admet Thomas. Lorsqu’on travaille sur les courants faibles, on a souvent besoin d’intervenir sur le 220 V et de faire des schémas électriques. » La fac ne lui convient pas aussi bien que l’école de Schneider Electric, mais il est motivé.

Aujourd’hui, Thomas est en CDI chez Cegelec et n’intervient que dans le secteur tertiaire. L’entreprise l’a envoyé en formation au CNPP pour qu’il se forme à la sécurité incendie. « Un courant faible dissocié et très normalisé », note le jeune homme. C’est une nouvelle corde à son arc, qui vient en complément de ses compétences en intrusion, contrôle d’accès, sonorisation et vidéoprotection.

La motivation grâce à des professionnels investis

S’il reconnaît sa chance d’avoir eu un tuteur très investi et d’avoir travaillé dans un domaine qui lui plaît, Thomas ne tarit pas d’éloges sur l’école Paul-Louis-Merlin : « J’ai une reconnaissance envers mes professeurs, dit-il spontanément. Ils sont ingénieurs, viennent du monde du travail, ils s’adaptent aux élèves qu’ils ont en face d’eux. J’ai passé un bac par défaut, mais, à l’école Paul-Louis-Merlin, j’ai retrouvé la motivation pour les études en même temps qu’elle  m’a permis de mettre le pied dans le monde du travail. L’investissement des profs est formidable pour remotiver quelqu’un, ajoute-t-il, intarissable. Ils nous appuient, nous transmettent leurs compétences pour nous faire avancer. Pour trouver notre stage, par exemple, certains ont eu des difficultés. Nos professeurs ont suspendu les cours pour que tout le monde prenne le temps de trouver son stage : ceux qui avaient déjà trouvé leur entreprise aidaient les autres. »

La promotion de Thomas comptait 12 élèves, tous ont suivi la formation sans décrocher. Lorsqu’il a voulu faire sa licence dans une faculté de sa région, il a appris que le BTS Domotique ne permettait pas d’y accéder. Les enseignants et la directrice de l’école Louis-Merlin, Corinne Segond, sont intervenus. Thomas et deux autres élèves de sa promotion ont alors pu accéder à la licence. Sur 56 élèves de la promotion, les 3 élèves de l’école Paul-Louis-Merlin sont sortis parmi les 10 premiers.

Pascale Renou

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