Rencontres du GCCP et de la CSEEE : le poids des réglementations, un frein dénoncé par les experts

Le bâtiment, moteur de la reprise économique » : plus de 250 chefs d’entreprises du bâtiment ont participé au colloque annuel organisé par le Syndicat des entreprises du Génie Climatique et de la Couverture Plomberie d’Île-de-France (GCCP) et la Chambre Syndicale des Entreprises d’Équipement Électriques de Paris et sa Région (CSEEE). Ces “Rencontres”, qui se sont achevées sur une intervention de l’ancien Premier ministre François Fillon, ont permis aux intervenants d’échanger leurs points de vue sur le thème « Le bâtiment, moteur de la reprise économique ».

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« Le bâtiment, moteur de la reprise économique » : plus de 250 chefs d’entreprises du bâtiment ont participé au colloque annuel organisé par le Syndicat des entreprises du Génie Climatique et de la Couverture Plomberie d’Île-de-France (GCCP) et la Chambre Syndicale des Entreprises d’Équipement Électriques de Paris et sa Région (CSEEE). Ces “Rencontres”, qui se sont achevées sur une intervention de l’ancien Premier ministre François Fillon, ont permis aux intervenants d’échanger leurs points de vue sur le thème « Le bâtiment, moteur de la reprise économique ».
Aux côtés des Présidents Patrick Aimon du GCCP et Jean-Luc Tuffier de la CSEEE, de prestigieux experts se sont ainsi exprimés : Geoffroy Roux de Bézieux, Vice-président du MEDEF, Jean-François Roubaud, Président de la CGPME, Jacques Chanut, Vice-président de la FFB, et Alain Maugard, Président de QUALIBAT.

La majorité d’entre eux s’accorde à dire que le poids croissant des réglementations constitue un frein à la reprise économique mais qu’il existe toujours des raisons d’être optimiste, notamment en misant sur la rénovation énergétique et l’innovation.

Les entreprises du bâtiment dans la tourmente
Jacques Chanut, Vice-président de la Fédération Française du Bâtiment (FFB), a dévoilé les premières tendances de l’année 2013 : « La mise en construction de logements neufs subit une baisse en 2013, mais moins massive que prévu : nous avions anticipé -3,5%, elle devrait se situer à -2,6%. En ce qui concerne le marché de la rénovation, il reste stable, avec -1% sur l’année ».
Cependant, la crise commence à avoir de graves répercussions sur les entreprises du bâtiment : « Après 5 ans de résistance, les entreprises du bâtiment commencent à montrer des signes importants d’affaiblissement. D’après la BTP Banque, la profitabilité de nos entreprises a été divisée par deux sur les cinq dernières années. Les trésoreries sont exsangues. » Il ajoute que les entreprises sont confrontées à des problèmes de délais de paiement ainsi qu’à des appels d’offres très bas. Pour lui, ces appels d’offre mettent en danger le modèle économique en poussant des entrepreneurs à faire venir des travailleurs étrangers à bas coût pour y répondre.

 

L’exception francilienne mise à mal
Jean-François Roubaud a souligné la place à part tenue par Paris et sa région dans la vie économique française. L’Île-de-France résiste davantage que le reste de la France à la crise : « Nous avons un taux de chômage de 9%, contre 11% au national. » Un constat nuancé par Patrick Aimon, qui a souligné « l’Île-de-France est relativement préservée par la crise, pourtant, il n’y a jamais eu autant de faillites d’entreprises. ».

 

L’accumulation des charges dénoncées
«  Nos entreprises ont un vrai problème : avec des marges tombées à 27% seulement. C’est un véritable frein pour investir. Ces marges ne pourront être restaurées que si nous avons moins de charges. C’est notamment ce que nous tenterons de faire comprendre lors des Assises de la Fiscalité qui s’ouvrent dans quelques semaines. » a insisté Jean-François Roubaud.

Jean-Luc Tuffier, Président de la CSEEE, estime « qu’il suffirait de pas grand-chose pour libérer les entreprises des contraintes et leur permettre de repartir vers la croissance ». Geoffroy Roux de Bézieux, Vice-président du MEDEF a également souligné : « la France a des ressources, des énergies, le potentiel pour repartir. Cependant, si nous n’avons pas d’efforts significatifs pour alléger la fiscalité et le coût du travail, nous n’aurons pas de vraie reprise avec des emplois à la clé. »

 

Rénovation et innovation : des espoirs de reprise
Jacques Chanut a évoqué les prévisions de la FFB : « Pour 2014, on ne s’attend pas à une reprise importante, notamment dans le neuf, car les chiffres d’autorisation de travaux sont encore en baisse. Pourtant, en Île-de-France, on compte, à ce jour, seulement 3,6 logements construits pour 1 000 habitants. 50 000 logements sont construits en moyenne chaque année : il en faudrait deux fois plus ! ». Jean-François Roubaud souligne : « Nous avons un vrai retard concernant le nombre de logements : cela nous donne de bonnes raisons d’être optimistes pour l’avenir mais seulement si le poids des réglementations est allégé. »
Pour 2014, Jacques Chanut incite les entreprises à miser sur la rénovation pour espérer une reprise d’activité : « Nous avons davantage d’espoir de reprise en ce qui concerne la rénovation, notamment avec la rénovation énergétique, qui devrait être soutenue avec la TVA à 5,5% ». Jean-François Roubaud souligne que les entreprises qui réussissent à tirer leur épingle du jeu sont celles qui ont des activités à l’international et développent des innovations. S’il déconseille aux petites entreprises de se lancer dans l’aventure internationale, il leur préconise de miser sur les innovations.

 

Vers des bâtiments à haute valeur ajoutée
L’innovation comme moteur de la reprise est également au cœur de l’analyse d’Alain Maugard, Président de QUALIBAT. Pour lui, qui rappelle que « Le bâtiment fait partie des secteurs qui ne risquent pas de disparaître ! », les professionnels ont tous les atouts en main pour rester optimistes. Il a ainsi lancé quelques pistes de réflexion pour aider les entrepreneurs à mieux anticiper leur avenir à moyen et long terme. Il a tout d’abord parlé du rôle essentiel que les professionnels du bâtiment ont à jouer dans la transition énergétique, tant dans la rénovation que dans la construction. « L’avenir réside dans les bâtiments à énergie positive, le bâtiment devient un producteur d’énergie, sur la base des énergies renouvelables. » Le Président de Qualibat a également insisté sur le vieillissement de la population  et l’importance d’adapter les bâtiments au maintien à domicile des personnes âgées. Quelques-unes des évolutions qui vont transformer le secteur : « les bâtiments vont devenir plus performants mais également plus complexes à gérer, à conduire. De nouveaux métiers liés à leur exploitation et à leur maintenance vont donc émerger. » Le champ du bâtiment et des métiers du bâtiment s’élargit pour offrir davantage de valeur ajoutée. » Des évolutions auxquelles les métiers du bâtiment doivent s’adapter, en permettant aux collaborateurs du secteur de bénéficier de « formations correspondant aux besoins concrets des entreprises » comme l’ont souligné les Présidents du GCCP et de la CSEEE, Patrick Aimon et Jean-Luc Tuffier. Ils ont, en particulier, rappelé que les deux organisations professionnelles unissent leurs forces pour créer « Ecocampus », où ils vont notamment former leurs collaborateurs aux métiers de l’efficience énergétique.

 

Harmonisation européenne et réformes de fond
François Fillon a conclu le colloque, estimant que  « La période que nous traversons réclame des réformes de fond. La crise d’aujourd’hui n’est pas conjoncturelle. Si on regarde sur 15-20 ans, nous constatons que l’économie européenne décline progressivement et perd des parts de marché dans le monde. » Il a également souligné le rôle essentiel du bâtiment dans la croissance économique : « la construction de 100 000 nouveaux logements représente 120 000 emplois supplémentaires » et rappelé que « l’immobilier est une source de croissance non délocalisable. ». L’ancien Premier ministre a aussi estimé que « Le secteur du bâtiment souffre de la fiscalité. » Il préconise ainsi « de stopper l’amoncellement des réglementations (…) d’harmoniser la fiscalité en Europe et de partager les mêmes règles en matière sociale. » D’après lui : « L’Europe est notre bouée de sauvetage. Sinon, nous serons emportés par la mondialisation. ».

 

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Source : ADOCOM

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