Matériaux : Mac Home s’organise pour faire un carton

L’Ipac est préfabriqué et disponible en plusieurs formes et épaisseurs

Dans le bâtiment, la France compte deux leaders mondiaux, l’un dans le béton, l’autre dans le carton.

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Le premier étant connu, parlons plutôt du second, la société Mac Home, créée en 2012, zéro salarié mais deux brevets internationaux, pour un procédé qui commence à faire parler de lui. Il est baptisé Ipac, pour Isolant porteur alvéolaire en cellulose. En clair, ce sont des plaques composées de feuilles de carton collées pour former une épaisseur allant, au choix, de 5 cm à 25 cm, recouvertes d’une membrane étanche de polyéthylène.

Ce panneau alvéolaire, issu à 95 % du recyclage, est, selon Bruno Bravo, PDG, deux fois plus résistant qu’une structure à ossature bois. Associé à un squelette de métal, bois ou béton, il permet d’édifier murs et toit en quelques jours. Il est en effet préfabriqué et disponible en plusieurs formes et épaisseurs (monobloc pour ossature et doublage, T pour les planchers et sous-toits, etc), toutes les pièces se découpant comme du bois. Coté isolation, ce n’est pas mal non plus, puisque, selon Bruno Bravo, le label Passiv’ Haus est à la portée de ce matériau qui piège l’air dans ses alvéloles. Employés en rénovation, ces panneaux de carton légers par définition (densité : 143 kg/m3, poids : 27.81 kg/m2) peuvent aussi répondre aux besoins d’ITI – qui peut le plus peut le moins.

Ce carton de construction a été mis au point en 2009 par Hubert Lê, directeur d’un ESAT (établissement d’aide par el travail) dans le Haut-Rhin, à Sainte-Marie-aux-Mines, où travaillent 75 personnes handicapées. Depuis, le produit a abandonné son association initiale avec les coffres et cadres OSB pour devenir 100 % carton. En revanche, il a gardé une forme de positionnement « social », car il reste fabriqué par des Esat locaux, selon cahier des charges, l’augmentation attendue de la production pouvant être absorbée par un équipement mieux mécanisé. Un transfert de technologie a aussi été décidé avec la fondation Abbé Pierre, pour la construction de modules destinés aux SDF, installés dans des friches urbaines.
Côté business, deux maisons ont été édifiées à l’heure actuelle, l’une à Rambouillet, l’autre à Belle-Ile-en-mer. Le propriétaire de la seconde estime avoir fait une économie de 30 % par rapport à une construction en parpaings. Bruno Bravo annonce pour sa part un prix autour de 1 000 euros le mètre carré. Et se dit convaincu que 2014 sera l’année de Mac Home. Pour preuves, l’expérimentation lancée avec Paris Habitat en préambule d’une éventuelle grosse opération d’ITI, l’intérêt manifesté par certains constructeurs comme Rabot Dutilleul, ou ce projet de salle multisports à Kaysersberg. Sans oublier la curiosité suscitée lors du dernier salon Bâtimat.

Reste quand même à se border un peu plus solidement du côté des avis techniques. Selon Bruno Bravo, l’Ipac bénéficie déjà de la garantie d’assureurs, ce qui n’est pas mal pour un matériau issu du recyclage. Mais pour rejoindre un jour la cour des grands, il lui faudra sans doute obtenir d’autres lettres de noblesse.

Jean-Philippe Pié

1 commentaire

  1. Julie - 20 novembre 2014 à 18 h 19 min

    Bonjour,
    Je suis étudiante à l’école d’architecture de Nantes, et je suis très intéressée par ce nouveau système de construction. J’aurai souhaité en savoir plus. Serait-il possible d’avoir l’adresse mail d’un contact chez machome ou un autre moyen de les contacter?
    Leur site internet ne semble pas fonctionner.

    Merci de votre réponse,
    Julie

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