Syndicat de l’éclairage : une nouvelle gouvernance

Le 17 juin 2014, Benjamin Azoulay, directeur général de l’activité Philips Lighting France depuis novembre 2011, a été élu président du Syndicat de l’éclairage. Entretien.

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Lumières – Le Syndicat de l’éclairage compte une cinquantaine d’adhérents, soit environ 7 000 personnes et plus de 50 sites de production. Ce qui représente un fort potentiel industriel. Comment voyez-vous son développement ?

Benjamin Azoulay – La filière de l’éclairage se trouve au centre d’une rupture technologique engagée depuis déjà quelques années avec la LED. Il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle source qui a bouleversé notre industrie mais d’une révolution qui va bien au-delà : la lumière est désormais connectée, communicante, générant le développement de systèmes intelligents dans le respect des contraintes éco-énergétiques. Cette mutation transforme notre industrie qui suit cette évolution avec l’arrivée de nouvelles solutions et d’autres façons d’éclairer et travaille sur le long terme. On peut vraiment parler de développement durable. Cette période de révolution est propice aux investissements dans le marché français, et nos entreprises déploient des moyens considérables tant en ce qui concerne la recherche que la création d’emplois qualifiés, et ce, quelle que soit la taille de l’entreprise. Nous assistons à une formidable croissance du marché de l’éclairage, en particulier en France.

Avec un nombre important de PME qui côtoient des leaders internationaux, comment atteindre un consensus au sein du Syndicat de l’éclairage ?

J’espère être un président qui rassemble ! Les petites comme les grandes entreprises ont développé le métier de la lumière grâce à leur savoir-faire et leur expertise, avec pour objectif commun le confort et le bien-être de l’utilisateur final. Cette croissance de la filière a été à l’origine de la création de start-up qui ne tarderont pas à nous rejoindre pour défendre ensemble le rôle de la lumière. C’est la disparité des entreprises qui fait notre force et non l’inverse. Le souci de la qualité de la lumière, au centre des préoccupations de tous, nous a permis de conduire ensemble des travaux essentiels au sein de comités normatifs tant au niveau national qu’européen. Rassemblés, nous pourrons œuvrer davantage à faire reconnaître l’impact de l’éclairage.

Quels moyens allez-vous mettre en pace pour porter ce message ?

Un énorme travail a déjà été accompli et je voudrais ici rendre hommage à l’équipe de permanents du Syndicat de l’éclairage et à mon prédécesseur Jean-Michel Trouïs. Nous devons tout mettre en œuvre afin de promouvoir un éclairage de qualité, que ce soit dans les écoles, les bureaux, dans la ville. Je souhaite, au travers de ce mandat, sensibiliser tout particulièrement les  pouvoirs publics aux enjeux liés aux économies d’énergie au travers de l’éclairage, notamment dans le cadre de l’élaboration de nouveaux textes législatifs et réglementaires, comme le projet de loi sur la transition énergétique. L’État et les collectivités publiques locales représentent notre premier prescripteur et client, tant en éclairage extérieur qu’en rénovation tertiaire. Par ailleurs, nous allons continuer à nous faire entendre auprès de divers organismes professionnels, à commencer par la FIEEC, notre fédération, assurer le lien avec le Cluster Lumière dont je suis vice-président, se rapprocher du GIL, travailler avec nos collègues du SERCE, pour n’en citer que quelques-uns. Enfin, en termes de communication et de partage de valeurs communes, nous allons approfondir les partenariats déjà engagés avec, par exemple, Noé Conservation et l’association Les Eco Maires.

Le Syndicat de l’éclairage participe depuis plus de 10 ans à l’élaboration de guides publiés par l’ADEME (et avec la participation de nombreux organismes de la filière éclairage), quels sont les prochains thèmes qui seront abordés ?

Ces documents constituent des outils d’information et des aides à la décision tant pour les maîtres d’ouvrage, les gestionnaires que pour les installateurs. Pour les premiers, il est essentiel de les guider pour effectuer le meilleur choix en tenant compte de leurs contraintes budgétaires, et les exemples de calcul qui sont intégrés dans les brochures leur permettent de raisonner en coût global. Quant aux installateurs, ils peuvent y trouver une liste des principaux textes réglementaires et normes dont il faut tenir compte pour chaque application. Poursuivre ce partenariat avec l’ADEME et l’ensemble des organismes qui participent à leur rédaction me semble indispensable en abordant des thèmes comme les locaux d’enseignement, les hôpitaux et maisons de santé, afin de toucher les populations les plus fragiles et leur faire ainsi bénéficier des progrès de notre filière.

Quels sont les objectifs que vous souhaitez mettre en œuvre tout particulièrement pour les trois années à venir ?

L’éclairage se trouve au cœur de la transition énergétique et nous entrons dans une économie circulaire : l’éclairage représente un énorme potentiel d’économies d’énergie, il est écologique, connecté, recyclable, s’inscrit dans une démarche de développement durable. Nous ne vendons pas que du matériel, nous développons une « autre » lumière. Le monde de l’éclairage continue de se transformer et le Syndicat de l’éclairage accompagnera ce mouvement avec une implication active au sein des débats et en créant des structures innovantes qui pourront porter ces nouvelles offres.

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Composition du Bureau du Syndicat de l’éclairage pour 2014-2015

Président : Benjamin Azoulay (Philips)

Premier vice-président : Jean-Marc Vogel (Osram)

Vice-présidents : Laurent Prat (Sécurlite) – Jean-Michel Trouïs (Erco) – Lionel Witkowski (Trilux)

Trésorier : Yves Robillard (Thorn)

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