3 questions à Sébastien Meunier, directeur marché Performance énergétique ABB

Sébastien Meunier, directeur marché Performance énergétique ABB

Diplômé d’une maîtrise d’informatique et d’un 3e cycle en Architecture des Systèmes d’Informations et de Communications, Sébastien Meunier exerce depuis 20 ans une expertise dans la convergence numérique de l’énergie et des services dans les infrastructures techniques et les bâtiments, aussi bien sur le plan opérationnel que marketing. Contributeur au sein de la filière éco-électrique au GIMELEC, IGNES et cofondateur de l’association Smart Buildings Alliance for Smart Cities, Sébastien Meunier est depuis 2012 en charge du marché de la Performance énergétique pour ABB France.

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J3e – Dans quelle mesure des rencontres comme IBS contribuent-elles à la communication et à l’information de la filière ?

Sébastien Meunier – Le digital a pris possession de la filière du bâtiment. Aujourd’hui, un bâtiment se conçoit autour des technologies du digital, de la conception à la destruction du bâtiment, en passant par son exploitation. Or cela est assez nouveau. La question de la formation et de l’information de la filière se pose donc de bout en bout.

Les différentes parties ne peuvent plus se permettre de s’ignorer. On ne peut plus séparer les lots techniques comme avant. À la fin, il s’agit du même bâtiment, du même utilisateur et du même confort. Ce qui était sécable dans un monde déconnecté devient lié à partir du moment où le bâtiment est connecté. À quoi ? Aux smart grids, notamment. Dès lors, l’enjeu de formation et d’information de la filière prend tout son sens, car chacun a besoin de comprendre, comment chaque sous-système s’insère dans un environnement plus large, qui est le bâtiment.

Les phases de conception, de réalisation et d’exploitation sont liées. À ce titre, peut-être que la maquette numérique est un outil qui peut permettre de fédérer et rendre cohérent ces différentes phases.

Un salon comme IBS permet quant à lui de concentrer dans un espace commun l’ensemble des experts et des technologies pour connecter le bâtiment. Cela implique des enjeux de conforts, d’énergie et d’optimisation de l’exploitation.

Autour de ces grands enjeux pour les occupants ou les propriétaires vont tourner des questions de coût d’exploitation énergétique ; de qualité de service offert aux occupants et d’optimisation de l’exploitation des bâtiments.

Historiquement, quand on parlait de GTB, on était axé sur le confort et la régulation. Ces technologies sont en train d’évoluer pour gérer les deux autres piliers : l’énergie par la connexion aux grids, par le pilotage énergétique, la facture détaillée, le système d’information énergétique.

Comme ces technologies sont digitales, elles permettent d’accéder à de nouvelles applications comme la reconfiguration des systèmes, pour adapter son building en fonction  des plateaux projets, par exemple. Ou encore de proposer des outils de gestion à distance qui permettent de mutualiser des moyens humains et/ou logiciels. Dès lors, on n’est plus enfermé dans le bâtiment. On peut commencer à raisonner sur des parcs immobiliers. Là-dessus, IBS est contributeur, car il concentre au même endroit le best of des acteurs qui vont permettre d’apporter le numérique au  bâtiment.

 

J3e – Les thèmes machine to machine et smart grids sont particulièrement mis à l’honneur sur IBS 2014. Comment voyez-vous ces thèmes ?

 

SM – Le machine to machine, c’est la capacité du bâtiment à produire des données pour alimenter un système d’information énergétique, ou constituer un système d’information pour des nouvelles applications ou de nouveaux services.

Jusqu’à présent, on pouvait raisonner sur 3 piliers.

1er pilier : la performance énergétique, liée au rendement du bâtiment. Des technologies vont permettre d’avoir un bâtiment avec des équipements performants passifs, avec des isolants, etc.

2e pilier : le rendement des équipements techniques, comme les LED.

3e pilier : la gestion active du bâtiment sera la capacité à faire de la régulation par pièce ou du contrôle de l’éclairage. Ces trois notions se complètent.

Mais il va apparaître une 4e notion dans les prochaines années : c’est la capacité de se connecter aux grids. Ce qui change, c’est la fin des tarifs réglementés. Si le prix de l’énergie nous montre qu’il vaut mieux s’effacer ou plus consommer sur une plage horaire, même si j’ai une isolation optimale, cela ne changera rien. Il me faut une connexion aux grids. Jusqu’à présent, on faisait une adduction au réseau d’énergie, comme on faisait une adduction au réseau télécom ou au réseau d’eau. Maintenant, il va falloir faire une connexion. La différence entre adduction et connexion c’est le digital. C’est ce qui différencie les grids des smart grids. Il s’agit en fait de la notion de flexibilité énergétique. Il va falloir se connecter et non plus seulement se brancher au sens électro mécanique du terme.

 

J3e – Voyez-vous d’autres thèmes en pointe en 2014 ?

SM – Oui, une tendance: l’Energy awareness, ou place de l’humain. Cela date d’avant 2014, mais se développe de plus en plus. Il s’agit de la capacité de l’utilisateur à prendre la main sur le mode d’exploitation de son bâtiment et son confort.

On voit un cran de plus en 2014 par rapport à avant. C’est pourquoi le système d’information énergétique se développe. C’est le seul moyen pour que l’utilisateur puisse accéder à des nouvelles propositions de valeurs.

En effet, on ne peut pas tout informatiser et trouver le modèle optimal. Le modèle optimal, c’est celui qu’a décidé l’utilisateur. Un utilisateur averti.

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