Fondation Louis Vuitton, respiration lumineuse

©Studio Dubuisson

Maîtrise d’ouvrage : Fondation Louis Vuitton – LVMH
Maîtrise d’ouvrage déléguée : Quadrature Ingénierie
Architecte de conception : Frank Gehry, Gehry Partners
Architecte d’exécution : Studios Architecture
Conception lumière : L’Observatoire international
Projet d’éclairage LED et exposition inaugurale : Ingelux
Scénographe : Duck Sceno
Entreprise générale : Vinci Construction France
Matériels d’éclairage : Targetti, Erco, Lucent Lighting, Osram, Philips Lighting

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Le défi relevé par Hervé Descottes, L’Observatoire international, était de taille : comment éclairer l’oeuvre de Frank Gehry, sans mise en lumière ostentatoire, souhait de l’architecte, tout en révélant les détails de cet ouvrage magistral ? Vaisseau diaphane à la nuit tombée, la Fondation Louis Vuitton semble flotter entre ciel et terre, toutes voiles dehors.

 

Hervé Descottes n’en est pas à sa première collaboration avec Frank Gehry ; depuis vingt ans, le concepteur lumière traduit la vision nocturne de son architecture. Très tôt, dans le projet, il rencontre Bernard Arnault, échange avec Edwin Chan, architecte partenaire, et travaille sur les espaces, les cubes et les volumes de cette architecture à la fois complexe et légère. De jour, l’ouvrage joue sur les transparences, la lumière naturelle pénétrant à flots à l’intérieur du bâtiment : comment rendre, la nuit, cette impression de légèreté, sans « écraser » de lumière ce bâtiment ? Comment concilier les exigences liées à la scénographie du musée et celles de l’architecte ? Comment ordonner perception, histoire et flexibilité avec l’éclairage ?

Autant de questions à prendre en compte dans l’élaboration du projet lumière, véritable travail d’orfèvre, sans compromis technique, et qui, au final, doit faire l’unanimité.

Afin d’obtenir cette respiration lumineuse au cœur du Jardin d’acclimatation, l’éclairage ne devait ni être plaqué de l’extérieur, ni émaner de l’intérieur, mais accompagner les volumes et les formes en douceur, tout en conservant leur transparence et éviter un feu d’artifice de projections lumineuses. L’idée repose sur le concept d’un système intégré entre les voiles, éléments vitrés, et la structure d’acier, dans les « icebergs ».

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La rencontre de deux philosophies

La réponse au souhait de Bernard Arnault d’« offrir à Paris un lieu d’exception pour l’art et la culture et emblématique du XXIe siècle », se trouve à la conjonction de deux philosophies. Celle de Frank Gehry qui voulait « à l’image du monde qui change en permanence, concevoir un bâtiment qui évolue en fonction de l’heure et de la lumière afin de créer une impression d’éphémère et de changement continuel » ; et celle d’Hervé Descottes pour qui « la lumière transpose notre monde dans un déploiement de permutations visuelles, révélant les couleurs, les textures, les distances ou le temps qui passe ». Liant prouesses technologiques et innovations fondatrices, à l’image du bâtiment, l’éclairage repose sur trois principes fondamentaux : le développement durable, la flexibilité et la perception visuelle.

Au moment des premières études, les LED n’offraient pas les performances disponibles aujourd’hui, aussi c’est en cours d’étude que L’Observatoire international a dû revoir le choix des sources et du matériel, tant pour l’éclairage intérieur qu’extérieur. Au final, 90 % des sources utilisées sont des LED, le reste des iodures métalliques. Le concepteur lumière a retenu le Pyros LED de Targetti pour l’extérieur, qui a été modifié spécifiquement afin de s’adapter aux exigences du projet. Les projecteurs sont disposés sur des barres scéniques dans la double peau des icebergs qui réfléchissent la lumière vers l’extérieur, créant un effet de rétro-éclairage.

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«Nous avons obtenu cette teinte de lumière si particulière, explique Hervé Descottes, en mélangeant plusieurs couleurs, blanc chaud, ambre, vert, orange et bleu. Tout le système est pilotable et offre une grande flexibilité de scénario. Nous avons ainsi offert la possibilité à des artistes lumière de créer des mises en lumière lors d’événements particuliers en laissant libre cours à leur imagination.»

Quand la lumière se fait langage

Pour Hervé Descottes, le rôle du concepteur lumière « est d’utiliser la lumière comme un médium qui permet d’intensifier l’écriture architecturale et de transformer les espaces expérientiels ».

Par conséquent, là encore la flexibilité a été au cœur du projet d’éclairage intérieur : aucun parti pris, il fallait répondre à la fois aux exigences de la directrice artistique du musée, Suzanne Pagé, et à celles de Frank Gehry. D’un côté, des oeuvres qui changent constamment et dont la conservation et la préservation sont primordiales, de l’autre, de grands volumes aux parois blanches, percés de puits de lumière naturelle.

La réponse a consisté à définir deux types d’éclairage : l’un, général, est réalisé à l’aide d’encastrés et spots Erco (adaptés aux besoins du musée) ; l’autre, destiné à l’accentuation, est constitué d’un dispositif escamotable qui peut disparaître dans le plafond et qui supporte des projecteurs mis en place pour les besoins spécifiques d’une exposition.

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Dans les circulations, des downlights ponctuent le sol de halos lumineux tandis que les rampes d’escalators sont soulignées de rubans LED. Tous les espaces, hall d’entrée, librairie, zones de transition, bénéficient de niveaux d’éclairement appropriés à leur fonction, avec une même température de couleur de 3 000 K.

On l’aura compris, tous ces développements ont nécessité des déploiements de technologies et d’innovations dignes d’un travail d’orfèvre, coordonné sur place par Christian Reynes (Fondation Louis Vuitton).

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