La pyramide verte : stratégie durable en Egypte

La ferme éolienne de Zafarana © Youssef Alam

La conférence de Charm-el-Cheikh a permis de réunir 36,2 milliards de dollars d’investissement grâce à l’Arabie Saoudite, le Koweït et les Emirats Arabes Unis. Le poids stratégique de l’Egypte sur la scène du Moyen Orient pourra à présent se baser sur l’importance énergétique.

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L’Egypte a une situation géographique idéale pour produire, à présent sa propre énergie. Située entre le Nord et le Sud, avec deux voies de navigation primordiales d’échanges : le canal de Suez rapprochant l’Europe et l’Asie et le Nil descendant tout droit sur les côtes africaines. Développer un pilier énergétique c’est aussi repoussé les menaces terroristes trop souvent en possession d’énergies fossiles.

Un potentiel énergétique intéressant

« Pour comprendre les défis auxquels est confronté l’Égypte, il faut savoir que 95% des sources d’énergie proviennent des combustibles fossiles et seulement 5% des énergies renouvelables. Par ailleurs, l’industrie utilise environ 40% de l’ensemble de l’énergie disponible alors que la demande intérieure en énergie augmente chaque année d’environ 6%, elle atteindra environ 135 millions de tonnes équivalent pétrole (MTep) en 2022. » Sayed Farouk, premier vice-président d’Arab Contractors

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Vue aérienne du canal de suez, 2003

L’Egypte bénéficie d’un ensoleillement particulier allant de 1 750 kWh/m2/an au nord du pays jusqu’à 2 500 kWh/m2/an au sud. La première étape de la transition énergétique de l’Egypte vise à l’installation de 2 300 MW de puissance en énergie photovoltaïque et 2 000 MW en éolien pour 2030. Il est déjà annoncé l’atteinte de 5 000 MW probables. Simultanément, les subventions actuelles à l’énergie coutant 16 milliards de l’Etat par ans, vont être réduites au fur et à mesure de la production d’énergie. Le projet d’élargissement du canal de Suez accéléra aussi le développement économique et industriel de toute la région en créant des centaines de milliers d’emplois. Un véritable pôle de production se met alors en place. Les tarifs de rachats sont déjà fixés. Des transports aux centrales électriques, la valorisation de 500 000 hectares de terres du désert ont amenés les égyptiens sur un projet d’une période de 20 ans évalués à 300 milliards d’investissements. Les pôles économique et écologique du développement durable sont étroitement liés de par leurs croissances. Le pôle social ne cessera de se développer grâce à une population jeune de 60 millions d’habitant représentant la population française.

Un pôle de productivité aux enjeux mondiaux 

L’Europe et la France sont particulièrement sollicitées par l’Egypte en demandant un soutien massif indispensable à ce projet révolutionnaire pour ce pays émergent. Dans un relation équitable et dans le cadre d’un développement économique durable, cette approche permet une collaboration Nord-Sud et Sud-Sud soit la valorisation du territoire. Les associations dédiées au développement durable, telles que l’AEMDDE ou Demeter ont fixées pour objectif la mobilisation des compétences des Egyptiens d’Europe et de leurs partenaires européens intéressés par le développement durable afin de faciliter un rapprochement avec les entrepreneurs et responsables territoriaux égyptiens. L’idée est de développer un esprit de coopération utile aux deux rives Nord/Sud.

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