La Fabrique Ecologique propose un nouveau label “transition énergétique”

Le 22 mai aura lieu la Climate Finance Day, la conférence internationale Finance et climat à Paris au siège de l’Unesco à l’initiative de la Caisse des Dépots et de la Banque européenne d’investissement (BEI). La note « L’épargne au service de la transition énergétique » de La Fabrique écologique du 13 mai propose un label spécifique pour les produits financiers afin de mobiliser les investisseurs sur les projets durables.

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Les besoins en investissements sont importants, de l’ordre de 60 à 70 milliards d’euros par an soit 3% du PIB national. A l’échelle européenne, les dépenses consacrées à la transition énergétique sont estimées à 350-400 milliards d’euros par an sur 10 ans. La problématique ne repose donc pas sur la capacité d’investissement mais sur l’orientation des capitaux. « Les pouvoirs publics ne sont pas en mesure d’assumer seuls et directement la charge de ces investissements. Or, si les acteurs privés du secteur financier ont pris des initiatives et des engagements, ceux-ci ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Pourtant, la finance n’est pas un outil neutre et les acteurs financiers, faisant partie de l’économie, ont un rôle spécifique à jouer », souligne Philippe Zaouati président du groupe de travail.

Le financement public est limité compte tenu de l’accroissement des dettes publiques. Les investisseurs doivent avant tout trouver leur intérêt et par conséquent financer des projets innovants et attractifs en toute sécurité. « En Europe par exemple, les investisseurs institutionnels (fonds souverains, fonds de pension, compagnies d’assurance) détiennent 13.800 milliards d’euros d’actifs, soit 100 % du PIB européen. Pour les pays de l’OCDE, ces réserves sont estimées à 92,6 trillions d’euros fin 2013. Or 1% seulement de ces actifs étaient investis dans le financement des infrastructures fin 2013, et seulement 3% de ces 1% dans des projets d’énergies renouvelables. » (extrait de la note « L’épargne au service de la transition énergétique »).

L’épargne et les liquidités sont très abondantes.

Le taux d’épargne est au cœur du financement économique et concerne toute la population. Les français s’intéressent à la mobilité de l’argent qu’ils ont gagné, ce qui favorise une attention particulière aux projets répondant à la transition énergétique. « Ces dernières années, le succès des placements « territoriaux », qui annoncent le fléchage vers des entreprises ou des projets de proximité, montre que les français sont à la recherche d’une meilleure visibilité quant à l’utilisation de leur épargne. Ceci s’inscrit dans une tendance de demande croissante des épargnants d’une plus grande transparence et d’une meilleure traçabilité de leurs placements. » Extrait de la note « L’épargne au service de la transition énergétique ».
Le taux d’épargne des européens s’élève à plus de 8 000 milliards d’euros soit quatre fois le PIB de la France. La relation entre valeur d’épargne et le secteur des énergies durables permettrait d’insuffler un dynamisme à la transition énergétique. Depuis 2013, les entreprises de plus de 500 salariés ont l’obligation de rendre public un rapport détaillé de leurs fonctionnements en y incluant forcement leurs taux d’émissions de gaz à effet de serre, conformément aux directives de la loi Grenelle 2. Les investisseurs peuvent alors être sûre que les entreprises ont la capacité de répondre aux objectifs du développement durable. 

La proposition d’un label « transition énergétique »

Des labels verts exprimant la qualité du produit sur le marché ont déjà été créés. Ils favorisent l’accélération du fléchage de l’épargne vers des projets durables en assurant sa rentabilité. Cependant, il n’existe pas à ce jour de label financier prenant réellement en compte les facteurs de la transition énergétique. Selon l’étude Ipsos seulement 7% des épargnants sondés savent ce qu’est l’ISR. L’ Investissement Socialement Responsable a pour vocation de valoriser la RSE des entreprises. « Autant par ses objectifs que par ses méthodes, l’investissement socialement responsable n’a donc pas pour vocation à répondre directement à la question du financement de la transition énergétique. » extrait de la note « L’épargne au service de la transition énergétique ».

La création d’un label « transition énergétique » aurait des buts différents en matière de définitions des objectifs. «Le label transition énergétique n’est qu’un outil permettant de créer des mécanismes vertueux, des incitations et des évolutions de comportements. » (extrait de la note « L’épargne au service de la transition énergétique»). Il comporterait une liste d’activités et des projets à financer, des méthodes reconnues pour une adéquation entre financement et projets. Il faciliterai la détermination des investissements. Un rapport sur les impacts écologique y serait inclue. Il permettrait alors de susciter la création de nouveaux outils de financement tout en crédibilisant le secteur.

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