Éclairage public : l’urgence de la rénovation

À partir d’une enquête (de l’Association des Ingénieurs Territoriaux de France citée dans un communiqué de l’AFE du 7 avril), il a été extrapolé que 10 % des candélabres des 36 000 communes de France seraient encore équipés de lampes énergivores, qui ne sont plus commercialisables depuis le 13 avril dernier en application du règlement européen n°245/2009. Or, l’étude n’aurait recueilli qu’une trentaine de réponses, « une quinzaine de grandes villes ou métropoles disposant de services éclairage public compétents et une quinzaine de syndicats départementaux de communes plutôt en pointe dans la politique d’entretien et de rénovation de leur éclairage public », souligne le Syndicat de l’éclairage qui rappelle la nécessité de rénover les installations d’éclairage public.

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“L’échantillon d’ingénieurs des collectivités ayant répondu à cette enquête représente probablement quelques-uns des meilleurs gestionnaires d’éclairage public en France. Où sont les chiffres de toutes ces villes petites et moyennes qui n’ont plus les moyens de disposer de techniciens compétents ? Combien de points lumineux à rénover sur le territoire de ces syndicats de communes qui n’offrent pas cette compétence en éclairage ?

Une France coupée en deux
Une analyse un peu plus poussée des chiffres recueillis aurait d’ailleurs permis de constater que les grandes villes qui ont répondu ne possèdent en moyenne que 3 % de lampes à vapeur de mercure, alors que les syndicats de communes rurales en ont en moyenne encore 15 %, avec des écarts allant du simple au double. On voit là une preuve du fossé de moyens entre ces deux types de collectivités, pourtant averties des mêmes enjeux. Si l’on accepte l’hypothèse que plus les villes sont rurales, moins les installations sont entretenues, et plus on trouve de points lumineux à rénover, l’extrapolation à l’ensemble du territoire français permet d’avancer que la réalité devrait se situer plutôt entre 15 à 20 % de lampes à vapeur de mercure encore en service, au lieu des 10% de l’échantillon exemplaire enquêté.

Oui, les grandes villes ont sans doute mieux su se préparer à la transition énergétique en engageant les politiques de progrès et de rénovation nécessaires. En revanche dans les petites et moyennes collectivités en milieu rural, malgré une récente campagne d’incitation financière à la rénovation menée par l’ADEME, il est très probable que l’éclairage public reste moins performant, du point de vue de l’efficacité énergétique comme de la lutte contre les nuisances lumineuses dues aux luminaires vétustes et aux éclairages mal conçus.

Est-ce possible d’avoir des données fiables sur l’éclairage public ?
Trêve de polémiques : l’enquête nationale sur l’état des installations d’éclairage public que dépouille actuellement le Cerema, pour le compte du ministère de l’écologie, permettra, espérons-le, de connaître de façon plus objective la situation réelle, du moins si le ministère consent à la publier… Encore faudra-t-il ne pas oublier que n’auront, une fois encore, répondu que les collectivités ayant une connaissance précise de leur parc d’éclairage. Comment sera traitée l’extrapolation ?
Que conclure en ces temps où beaucoup se pressent autour du gisement d’économies que représente l’éclairage public, premier poste de consommation électrique des collectivités locales ?

Extinction, abaissement de tension : les solutions basiques ne suffisent pas, il faut rénover durable et intelligent !
La moins subtile et la plus radicale des solutions consiste pour les responsables de l’éclairage public à éteindre les installations souvent mal gérées, mal entretenues et devenues par conséquent trop coûteuses, en profitant de l’argument environnemental et énergétique, cristallisant ce qu’il y a de plus ou moins soluble en suspension dans l’air du temps. Adieu les coûts, les soucis et… le service public.
D’autres tentent de bricoler dans l’incurable en adoptant des solutions aux performances modestes, bien éloignées du concept totémique de la loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte : le « facteur 4 » (division par 4 de la consommation énergétique à l’horizon 2050). Comme la variation de tension, qu’ils estiment à la hauteur de leur faibles moyens, mais qui sera à terme un handicap coûteux lorsqu’il s’agira de faire évoluer leurs installations vers une efficacité énergétique optimale, la réduction des nuisances et un meilleur service apporté au citoyen. En effet, une installation rénovée maintenant ou dans les cinq ans à venir sera toujours en service en 2050… C’est donc maintenant qu’il faut rénover, en choisissant les meilleures technologies disponibles (éligibles au dispositif des Certificats d’Économie d’Énergie), et qui assurent de manière pérenne la performance et la bonne gestion des installations !

Et contrairement à une idée fausse assez répandue, il n’existe toujours pas de texte réglementaire qui  limite les consommations d’énergie et les nuisances des installations d’éclairage public neuves ou rénovées.

Un décret de juin 2011 le prévoyait, mais seul a été publié à ce jour un arrêté limitant les horaires d’éclairage des vitrines et des façades ! L’équivalent pour l’éclairage public de la RT 2012 reste à créer. Au nom de la « pause réglementaire » et de la volonté de limiter les « normes » qui pèseraient trop lourdement sur les collectivités, on laisse ces dernières installer des solutions d’hier, dont elles devront supporter les coûts d’énergie et de maintenance tant qu’elles n’auront pas retrouvé les moyens d’engager une vraie démarche de progrès énergétique.

Enfin une implacable évidence, un rappel : l’éclairage public est un produit « made in France », de sa conception, fabrication et installation pour la quasi-totalité des entreprises de cette filière. Tout euro en investissement profitera donc à nos territoires, à nos emplois et à nos entreprises.”

Communiqué du Syndicat de l’éclairage

Communiqué de l’Association française de l’éclairage

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