COP21 : Le point sur les contributions nationales

Le 1er juillet 2015, 44 pays ont publié leurs propositions d’engagements en amont de la conférence Paris Climat 2015. Les grandes puissances telles que l’Union Européenne, la Russie et les Etats-Unis ont annoncé leur plan de transition énergétique pour la période après 2020.

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Les contributions nationales sont des propositions de plan de transition énergétique admises à l’échelle de chaque pays. On les appelle également INDC. En 2013 a eu lieu la conférence sur le climat à Varsovie et les pays ont eu l’obligation de soumettre ces plans avant la COP21 afin de ne pas prendre de retard en matière d’évaluation ou de comparaison sur les réformes à mettre en place. Certains objectifs devront être revus à la hausse afin de ne pas dépasser la limite des deux degrés de réchauffement climatique.

Une transition énergétique limitée

Des études de l’Institut New Climate pour le Réseau Action Climat International démontrent que les retombées peuvent être considérables lorsque l’on parle du développement d’une économie 100% durable. Si les Etats-Unis et l’Europe vont plus loin que leurs engagements initiaux dans les contributions nationales, 3 millions d’emplois supplémentaires pourront être créés d’ici 2030, 2 millions de vies pourraient être épargnées des impacts de la pollution de l’air tandis que 520 milliards de dollars d’économies par an pourraient être réalisés grâce à l’arrêt des importations d’énergies fossiles.

Cependant l’objectif relève de l’utopie. Des problèmes d’évaluation par la société civile et l’ONU risquent de ne plus tarder, notamment sur la question du manque de données des pays concernés. Le décalage du calendrier de dépôt des engagements de mars à novembre est réellement problématique. D’après l’Agence internationale de l’énergie, les contributions initiales ne pourront permettre de parcourir qu’un tiers des objectifs sur le chemin de la transition énergétique. Les pays comme le Japon, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Brésil et l’Inde doivent annoncer leurs engagements rapidement s’ils ne veulent pas que les enjeux de la COP21 manquent de concordance avec les autres pays du monde.

Des contributions prisonnières des réglementations

L’Union Européenne a soumis sa contribution en mars, issue du Paquet énergie-climat 2030, décidée en octobre 2014. Les ministres européens étaient censés préciser cette contribution avant de la soumettre à la Convention de l’ONU sur le climat, malheureusement ils n’ont pas trouvé d’accords communs. Par exemple, l’objectif d’au moins 40% de baisse d’émission de gaz à effet de serre d’ici 2030 reste abstrait car on ne connaît pas le chiffre précis de l’objectif. Il est nécessaire que l’Union Européenne indique avant la COP21 quels moyens elle compte utiliser pour aller au-delà de cet objectif.

En ce qui concerne la France, elle réalise ses contributions via l’UE. Ségolène Royal a préparé une contribution volontaire de la France en relation avec la Loi pour la transition énergétique et la croissance verte. Les freins sont pourtant toujours présents. Par exemple, dans la première lecture du projet de loi, l’objectif d’économie d’énergie pour 2030 était de 20% par rapport à 2012. Aujourd’hui, il en est absent. De plus, il n’existe pas de précision de date pour la réduction de la part du nucléaire à 50%. Aussi, la réforme de la taxation de l’énergie au niveau européen a été repoussée et ne fait pas partie du plan Juncker même s’il existe un engagement favorable à la fin des soutiens publics au charbon.

De trop faibles contributions

Les Etats-Unis, après avoir été longtemps les premiers, sont aujourd’hui le deuxième pollueur mondial en matière de rejet de gaz à effet de serre. Ils ont déposé leur contribution à l’ONU le 31 mars 2015 et se sont engagés à réduire leurs rejets de gaz à effet de serre de 26 à 28% d’ici 2025 par rapport à 2005. Selon le rapport du New Climate Institute, ces objectifs favoriseraient la création de 470 000 emplois dans le secteur des énergies renouvelables et permettraient d’éviter 7 000 décès prématurés liés à la pollution de l’air. Cependant, cette étape ne pourra être franchie sans le vote du Congrès américain.

Des études du scénario Energy Révolution de Greenpeace démontrent qu’une baisse des émissions de gaz à effet de serre américain de 40% d’ici 2025 serait possible, mais la contribution des Etats-Unis reste faible face à leurs capacités économiques et technologiques. Il serait préférable que les objectifs de contributions nationales soient dépassés car, si la deuxième puissance mondiale réorientait sa politique vers une économie 100% énergie renouvelable d’ici 2050, plus de 650 000 nouveaux emplois seraient créés dans le secteur. 27 000 vies humaines seraient sauvées chaque année, 160 milliards de dollars seraient économisés sur les importations d’énergie fossile. Enfin, en tenant la promesse d’investir dans le fonds climat de l’ONU, les Etats Unis pourraient permettre à d’autre pays de mener à bien leur transition énergétique et de mettre en place une économie monde de modèle circulaire. La décision de l’attribution des fonds est actuellement en délibération au Congrès américain.

La Russie a annoncé le 31 mars 2015 son engagement climatique pour 2030. Quelle surprise d’apprendre que, pour le pays qui représente 5% des émissions mondiales, l’objectif est similaire au précédent pour 2020 ! La proposition faite est de baisser les émissions de 25 à 30% d’ici 2030. Faute de retard de travail, la triche de système de calcul est intégrée dans le système russe. En effet, Moscou intègre dans son objectif 2030 la séquestration du CO2 dans ces forêts. Evidemment, la Taïga de Sibérie de 3 922 555 km2 capte le carbone, mais ce n’est pas elle qui permet de faire des améliorations en matière d’économie durable ! De plus, la Russie n’explique pas les règles qu’elle a utilisées pour faire ses projections dans ce secteur. Il aurait été plus judicieux de séparer les secteurs énergétiques afin de valoriser les stocks de CO2 contenus dans les forêts de Russie.

Certes, ce pays a connu une chute rapide de rejets de gaz à effet de serre entre 1990 et 2012 grâce à l’effondrement du bloc soviétique et du tissu industriel l’accompagnant. Cependant cette réduction ne s’est pas transformée économiquement car les capitaux reposent sur les investissements dans des énergies fossiles, telles que le pétrole et le charbon. La GIEC affirme que nous devrions laisser les deux tiers de nos réserves en combustibles fossiles dans les sols afin de ne pas dépasser le seuil des deux degrés de réchauffement climatique. La Russie devrait entamer sa transition énergétique afin de ne pas crouler économiquement.

Des pays comme le Gabon, l’Andorre, le Liechtenstein, le Canada, le Maroc, l’Ethiopie, la Serbie etc… ont déjà présenté leurs contributions nationales à l’ONU.

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