Objectifs fixés pour la COP21 : utopie ou réalité ?

DR : Common future Paris 2015

Au début de ce mois de juillet, 2000 experts internationaux se sont réunis à l’UNESCO, dans le cadre de la conférence « Our common future under climate change » (Notre avenir commun face aux changements climatiques). Lors de ce forum, qui représente l’une des plus grandes réunions sur le climat avant la COP21, les analystes de l’organisation ont regretté la faiblesse des solutions proposées par les Etats en matière de réduction des gaz à effet de serre.

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Des objectifs trop ambitieux ?

Du 7 au 10 juillet dernier, la conférence « Our common future under climate change » était organisée à l’UNESCO, à Paris. Ce forum représente l’une des plus grandes réunions de scientifiques ayant pour but de comprendre les dérèglements climatiques, analyser leurs impacts sur l’environnement, et décider de solutions pour les contrer. A quelques mois de la COP21, qui aura lieu à Paris en décembre 2015, cet événement était très attendu par la communauté internationale. Cependant, les analyses des spécialistes ne sont pas vraiment encourageantes… Les mesures mises en place par les pays, dans le but de réduire au maximum les émissions de CO2, ne seront pas suffisantes. Pour comprendre comment un tel résultat est possible, à l’heure où le développement durable est devenu un enjeu primordial, il faut revenir à la source des négociations. En 2013, lors de la Conférence sur le Climat de Varsovie, les Etats se sont mis en accord sur différents objectifs à atteindre pour créer un système économique plus respectueux de l’environnement. Favoriser les énergies propres, le développement durable, l’économie circulaire… Sont autant de solutions pour créer un environnement plus sain pour les individus. Au cours de ces discussions, la décision commune de ne pas dépasser, à terme, un réchauffement climatique de plus de 2°C (décision qui avait été prise lors de la Conférence sur le climat de Copenhague en 2009), est renforcée. Dès lors, les Etats ont l’obligation de soumettre leurs propositions de plan de transition énergétique avant la 21ème Conférence des Nations Unies pour le climat, fin 2015. Le but est de ne pas prendre de retard en matière d’évaluation ou de comparaison sur les réformes à mettre en place.

Des engagements et des mesures insuffisants

A ce jour, une quarantaine de pays ont publié leurs engagements et leurs solutions face aux dérèglements climatiques. Les Etats-Unis, par exemple, ont déposé leur contribution à l’ONU en mars 2015, et se sont engagés à réduire leurs rejets de gaz à effet de serre à hauteur de 26 à 28% d’ici 2025 (par rapport à 2005). Si cette étape est franchie (grâce aux votes du Congrès américain notamment), ces objectifs favoriseraient la création de 470 000 emplois dans le secteur des énergies renouvelables, et permettraient d’éviter 7 000 décès prématurés liés à la pollution de l’air. La France, pour sa part, réalise ses contributions via l’Union Européenne. Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement, a préparé une contribution volontaire de la France, en relation avec le projet de loi sur la transition énergétique et la croissance verte, mettant en place des objectifs comme la réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre en 2030 (par rapport à 1990), ou encore la diminution de 30% de la consommation d’énergies fossiles la même année (par rapport à 2012). Cependant, si des actions concrètes sont mises en place par ces nations pour que leurs promesses ne paraissent pas utopiques, de nombreux problèmes persistent. De tels objectifs sont-ils réellement plausibles ? Selon les experts, les mesures mises en place par les Etats s’étant engagés ne sont pas suffisantes. « Au mieux, les engagements nationaux permettront d’éviter l’émission de 3 à 4 GT de CO2 », précise Michel Den Elzen, analyste de l’Agence d’Evaluation Environnementale des Pays-Bas. Comment traduire cette déclaration, en données plus concrètes ? En fait, ces efforts ne couvrent que 15 à 20% des mesures qu’il faudrait réellement mettre en place pour stabiliser le réchauffement climatique. En additionnant la totalité des mesures mises en place par les Etats, au bout de trois années de recherches, de dizaines de lois et forums de discussions, les mesures mises en place ne recouvrent donc même pas un quart du travail qu’il faudrait effectivement fournir. Ce lourd constat n’est pas dû aux actions de tous les pays, mais bien à quelques nations, fortement pollueuses et pourtant quasi-inactives. La Russie, par exemple, représente 5% des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Pourtant, dans le rapport remis à l’UNESCO en mars 2015, les objectifs du pays sont similaires à ceux rendus pour 2020… Soit baisser les émissions de CO2 à hauteur de 25 à 30% à l’horizon 2030. La Chine, de son côté, vise une réduction de ses émissions de CO2 à hauteur de 60 ou 65% d’ici 2030 (par rapport à 2005 et en lien avec l’intensité des émissions de CO2 par rapport au PIB). Cependant, un éventuel pic des rejets Chinois est estimé pour 2030, ce qui représenterait une augmentation de presque 50% par rapport aux chiffres actuels ! Selon Philippe Ciais, analyste au Laboratoire des Sciences et de l’Environnement (LSCE) et dont les propos ont été publiés début juillet dans le Parisien, si l’on continue en ce sens, « l’humanité aura épuisé en trente ans son budget carbone compatible avec les 2°C visés. ». Par rapport à l’ambition des objectifs fixés, et malgré les promesses et les mesures mises en place par les Etats, les contributions actuelles semblent en fait insuffisantes pour maintenir un système stable de développement durable.

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