Etats-Unis : les objectifs pour le climat revus à la hausse

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Lundi 3 août 2015, le président américain Barack Obama a réaffirmé les ambitions des Etats-Unis face aux changements climatiques. Plusieurs modifications ont été apportées aux objectifs déjà mis en place : parmi elles, une réduction de 32% des émissions de gaz à effet de serre liés à la production d’électricité d’ici 2030 (par rapport aux données de 2005). Retour sur une décision amenant de fortes remises en question, notamment au niveau de l’industrie du charbon, très puissante aux Etats-Unis.

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Une modification des objectifs climatiques

A quelques mois de la COP21, qui se tiendra à Paris en décembre prochain, le président américain Barack Obama annonçait en ce début de semaine une modification des objectifs du pays face aux changements climatiques. Aujourd’hui considéré comme le deuxième pays le plus pollueur au monde, juste derrière la Chine, les Etats-Unis se doivent d’atteindre des objectifs concrets en faveur du développement durable. Ainsi, de nouvelles régulations ont été apportées hier au plan américain pour une énergie propre (America’s Clean Power Plan). Dirigé par l’Environment Protection Agency (EPA), ce plan vise à mettre en place des mesures réalistes pour favoriser une énergie plus respectueuse de l’environnement. Ses principaux objectifs avaient été dévoilés en juin 2014 par le gouvernement américain, et sont aujourd’hui revus à la hausse. En effet, le pays est devenu un grand consommateur et producteur de charbon, l’un des principaux composants de son énergie. Afin de bouleverser cette réalité, les nouvelles ambitions du America’s Clean Power Plan, annoncées lundi, sont plus vigoureuses. D’ici 2030, les Etats-Unis visent ainsi une réduction de 32% de leurs émissions de gaz à effet de serre liés à la production d’électricité, sur la base de celles enregistrées en 2005. Un objectif plus élevé que la première version du texte, qui visait une réduction de 30% des émissions de CO2 à l’horizon 2030. Si la différence entre ces deux données paraît faible, le contexte est, lui, totalement différent. En effet, l’Environment Protection Agency aura la capacité de mesurer les rejets d’émissions de gaz à effet de serre et de sanctionner les Etats ne respectant pas leurs engagements, détail inexistant dans le texte original. Pour prouver leur volonté de participer massivement au développement durable, les Etats américains ne pourront plus se cacher derrière une faible efficacité énergétique ou un effet de baisse de production du charbon compensé par le gaz de schiste. En effet, de tels gaz sont désormais reconnus comme extrêmement dangereux pour l’environnement, de par leurs émissions de méthane. Pour se fournir en énergie, les productions d’énergies renouvelables sont donc mises à l’honneur. L’objectif est d’augmenter la production d’énergie solaire et éolienne, dont la part pour la production d’électricité passera, selon les engagements américains, à 28% en 2030 (contre les 22% initialement prévus dans le texte). L’importance de ces énergies est déterminante pour le pays, car leur exploitation permettrait de réduire, dans un futur proche, la dépendance au charbon de certains Etats.

Une forte dépendance au charbon

En effet, les centrales fonctionnant au charbon sont encore fortement présentes aux Etats-Unis. Selon l’Energy Information Administration (EIA), elles représentent aujourd’hui plus de la moitié de la production d’électricité dans 14 Etats américains, et presque un tiers de cette production dans 25 autres Etats. En totalité, aux Etats-Unis, 37% de l’électricité est encore produite par des centrales à charbon, ce qui représente la première source de pollution du pays. Selon les chiffres EPA de 2013, elles engendrent à elles seules 31% des émissions américaines de gaz à effet de serre. La diminution de cette production paraît désormais nécessaire, voire indispensable. Le problème ? L’industrie du charbon est extrêmement puissante aux Etats-Unis, et rassemble de nombreux politiques ou membres de la société civile. Mitch McConnell par exemple, chef de la majorité républicaine du Sénat, a rapidement fait part de son opposition aux objectifs de l’EPA. Il faut rappeler que la production d’électricité du Kentucky, Etat dont il est issu, provient à 87% des centrales à charbon ! Dès les premières annonces des objectifs liés à la transition énergétique, le sénateur a dénoncé l’intervention de l’Etat fédéral, et a invité les Etats dépendants du charbon à s’engager juridiquement contre ce projet. Pour d’autres détracteurs, l’argument financier vient se placer en première ligne : pour certains, une diminution de la production d’électricité par le charbon provoquerait une hausse des factures des ménages. Quoi qu’il en soit, pour ne pas provoquer une levée de bouclier et éviter les pénuries pouvant être liées à la transition énergétique, le plan présenté lundi fixe aux Etats un délai supplémentaire de deux ans pour s’engager dans ces réductions de production (ce qui amène la date finale à 2022). De son côté, Ségolène Royal, la ministre française de l’Environnement, a félicité l’initiative du président américain : « Barack Obama se met à […] affronter les lobbys puissants qui tentent de freiner la lutte contre le changement climatique. » Cependant, la ministre signifie également son attente de l’engagement financier des Etats-Unis pour la COP21. Outre l’investissement considérable que cela représente, cette action aurait également la capacité de motiver d’autres pays dans l’avancée de leurs participations financières.

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