L’Afrique, nouvel eldorado des énergies renouvelables ? 

Source: http://africasmartgridforum2014.org/

A seulement quelques mois de la Conférence de Paris sur le climat et alors même que Ségolène Royal tente de rassembler les pays d’Afrique australe autour de la lutte contre le changement climatique, les énergies renouvelables s’imposent peu à peu comme l’avenir énergétique du continent africain. L’Afrique est dotée d’une forte exposition à la fois au soleil et au vent sur sa façade atlantique. Autant de ressources renouvelables disponibles et dont l’exploitation pourrait éviter aux pays africains de s’engager dans une voie énergétique plus polluante et contraire aux exigences de la communauté internationale.  

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Le potentiel énergétique renouvelable offert par le continent africain ne fait aujourd’hui plus aucun doute. Le continent reçoit en moyenne 6 kWh d’énergie solaire par kilomètre carré, 500 millions de personnes vivent sans électricité, et près de 625 millions dépendent du bois ou du charbon, tandis que le taux de croissance annuelle du continent se stabilise autour de 4 %.
En parallèle, les conditions techniques liées au déploiement d’installations solaires et éoliennes semblent désormais réunies, à l’instar du plan solaire marocain (PSM) qui ambitionne de produire 2 GW entre 2015 et 2019 et nécessite un investissement de 9 milliards de dollars. L’avènement des mini-centrales solaires et leur maturité technologique permettent également de désenclaver des zones isolées des réseaux nationaux, et offrent de nouvelles perspectives d’électrification des territoires.
La demande croissante d’électricité et la baisse du coût des énergies alternatives sont telles que le nombre de projets énergétiques mis en service en Afrique subsaharienne en 2014 a dépassé celui enregistré au cours des 13 années précédentes. Le montant des investissements réalisés en Afrique du Sud, au Kenya et en Éthiopie est ainsi estimé à 5,9 milliards de dollars en 2014, et pourrait s’élever à plus de 7,7 milliards de dollars en 2016 (contre 1 milliard de dollars par an en moyenne entre 2006 et 2011).
D’un autre côté, les besoins en infrastructures et équipements de production d’électricité n’ont jamais été aussi importants et impliquent la mise en place de conditions favorables au financement des énergies propres. Il apparaît en effet indispensable de pouvoir canaliser les investissements et leur offrir un véhicule financier adapté qui puisse garantir à la fois la sécurité de l’apport et un cadre fiscal avantageux.
Plusieurs initiatives ont vu le jour progressivement à cette fin et incitent désormais au financement de projets et au développement des start-up africaines dans le secteur de l’économie verte. L’Institution internationale ABREC (African Biofuel Renewable Energy Company, SABER en français) par exemple a officialisé le 22 juillet dernier à Lomé le lancement de la nouvelle plateforme Equity crowdfunding, destinée au financement de projets et de PME opérant en Afrique subsaharienne dans le secteur des énergies renouvelables et des technologies vertes. Cette plateforme de financement participative doit permettre à terme de soutenir l’entrepreneuriat et le secteur privé en Afrique par des transferts de technologies et permettre aux populations africaines d’accéder durablement à l’électricité.
Des objectifs partagés par le New York Forum Africa (NYFA), premier forum économique panafricain organisé à Libreville par la société Richard Attias du 28 au 30 août prochain, et qui offrira une nouvelle occasion pour les entreprises africaines de rencontrer et de susciter l’intérêt des investisseurs étrangers. Consacré cette année à l’énergie du continent, cet événement s’appuiera sur l’élan économique africain et la volonté des PME d’entreprendre, d’innover, de se développer pour accéder enfin aux capacités d’investissements nécessaires à la construction d’une Afrique verte, responsable et durable.
Enfin, la plateforme panafricaine Casablanca Finance City mise en place au Maroc, entend elle aussi participer à la convergence des financements en faveur de l’énergie propre à travers un ensemble cohérent de mesures incitatives pour les investisseurs.
Au final, le financement compétitif des énergies solaires et éoliennes semble aujourd’hui impératif, et de nombreux acteurs internationaux l’ont bien compris. La France n’est d’ailleurs pas en reste et entend faire des pays africains des alliés lors des négociations internationales sur le climat et des partenaires commerciaux de poids dans le développement croissant des filières renouvelables. La présence de Ségolène Royal en Afrique australe ces deniers jours peut être interprétée dans ce contexte comme le point de départ à de nouvelles collaborations en la matière.

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