3 questions à Valérie Montagne, responsable marketing Camfil

Valérie Montagne, responsable marketing Camfil

Avec plus de 50 ans d’expérience, Camfil est le leader mondial des solutions de filtration de l’air. L’offre couvre des applications variées : depuis le tertiaire jusqu’aux salles propres pour des productions sensibles comme en agroalimentaire, en biopharmacie, en microélectronique, en traitement de surfaces ou encore en centrales nucléaires. Le groupe familial, dont le siège est basé à Stockholm, compte 3 700 personnes dont 340 collaborateurs en France.

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j3e – Quel est votre bilan pour cette année 2015 ?
Valérie Montagne – Le groupe progresse de façon dynamique avec d’importances croissances sur le continent américain, l’Asie-Pacifique et le Moyen- Orient. Les pics de pollution successifs, la sensibilité accrue à la qualité de l’air et à ses impacts sanitaires contribuent au développement important et pérenne de notre marché confort. Le renforcement accru de la fiabilité et de la sécurité des procédés industriels contribue également au fort développement de notre activité Clean Process. Le marché français qui représente pour Camfil France 62 millions d’euros connaît une croissance un peu moins soutenue et ce, plus particulièrement au niveau des investissements qui sont plus exposés aux cycles de l’économie. Nous déplorons le fait qu’en France, malgré des rapports dont un en particulier mené cette année par une commission d’enquête sénatoriale « Le coût économique et financier de la pollution de l’air » (rapport no 610), les actions se concentrent exclusivement sur des solutions préventives à moyen et long terme alors qu’aujourd’hui la solution immédiate et efficace contre la pollution existe, c’est la filtration.

j3e – Quels sont vos objectifs pour l’année à venir (nouveaux produits, nouveaux marchés, nouveautés corporate, diversification…) ?
Valérie Montagne – La croissance du groupe Camfil se voudra comme d’usage à la fois organique et externe avec des acquisitions. Considérant que l’air propre est un droit fondamental, nous continuerons à mettre l’accent sur nos gammes de filtres dédiés à la protection des personnes. Nous poursuivrons également le développement, la fabrication et la commercialisation de filtres ou de solutions toujours plus économiques sur le plan de la consommation énergétique. Nous sensibiliserons nos clients à une approche coût global d’exploitation, en intégrant le fait que le facteur énergie pèse pour  70 % de l’équation économique. Camfil s’attachera également à développer des solutions répondant spécifiquement aux exigences de certains procédés de fabrication. Ainsi, nos gammes de filtres à air conçues pour assurer la sécurité des process sensibles continueront de s’étendre. Tous ces filtres répondront aux exigences des certifications les plus strictes en matière d’efficacité, de sécurité, de traçabilité et d’audit.

j3e – De quelle manière pensez-vous que le sujet de la filtration de l’air a pris de l’importance ces dernières années, notamment concernant les enjeux du confort des occupants dans les bâtiments dans le cadre des objectifs du bâtiment durable ?
Valérie Montagne – Les réglementations telles que la RT 2012 ont longtemps négligé la qualité de l‘air intérieur (QAI). Mais aujourd’hui cet aspect est reconnu comme un enjeu sanitaire majeur, avec des coûts socio-économiques en France estimés à 19 milliards d’euros par an pour seulement 6 polluants des bâtiments (ANSES, 2014). L’air intérieur est 2 à 50 fois plus pollué que l’air extérieur et nous passons entre 80 % et 90 % de notre temps dans des environnements clos. Face à cette pollution intérieure, la filtration de l’air apparaît comme la solution, que ce soit sous forme de filtres placés dans le système CVC, qui stoppent les particules ou les gaz nocifs tels que le formaldéhyde, les composés organiques volatiles ou encore l’ozone, ou sous forme d’équipements autonomes tels que les purificateurs d’air qui traitent l’air recyclé. À titre d’exemple, l’Opakfil ES, fabriqué par Camfil en France, arrêtera environ 90 % des particules PM 2,5 améliorant considérablement la QAI. La filtration de l’air à travers la QAI représente donc une véritable création de valeur dans l’immobilier. Cet enjeu est d’autant plus important que la ventilation et les systèmes associés d’un bâtiment représentent entre 30 % et 70 % de sa consommation énergétique. Camfil a été en effet le premier à proposer des filtres à air dédiés aux centrales de traitement d’air classées A+ selon le classement énergétique Eurovent 4/21 2014. Ces filtres sont entièrement conçus pour faire rimer qualité de l’air intérieur, faible consommation énergétique et durée de vie allongée. D’un genre nouveau, ils marquent également la volonté de Camfil de se positionner en constructeur écoresponsable.

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