L’accompagnement, clé de la rénovation énergétique

Géraldine Balesta

Avec une forte proportion de logements anciens, la Performance énergétique des bâtiments en France est mauvaise. Les pouvoirs publics ont donc pris un ensemble de mesures permettant au secteur du bâtiment de mener sa Transition énergétique. Dans ce contexte, il importe que les professionnels du bâtiment soient en mesure d’offrir une gamme de services permettant à leurs clients de créer de la “valeur verte”.

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En s’appuyant sur l’expérience acquises sur des postes de responsabilité dans le secteur du tourisme, Géraldine Balesta a souhaité s’investir dans la transition énergétique. Elle est aujourd’hui Directrice Générale d’ON5tourisme, société spécialisée dans l’accompagnement des acteurs du tourisme dans leurs projets écoresponsables. Elle est également Présidente de Sauvéo, société spécialisée dans le financement de la rénovation énergétique.

Le secteur du bâtiment constitue un enjeu majeur de la politique de transition énergétique. La France s’est engagée à diminuer par quatre les émissions de Gaz à effet de serre en 2050 (facteur 4) et de diminuer de moitié la consommation d’énergie.

Cet objectif correspond à une quasi décarbonation de notre économie. Or, celle-ci fonctionne aujourd’hui principalement, grâce à la consommation d’hydrocarbures (pétrole, gaz), qui représentent 70 % de la consommation finale d’énergie en France. Les efforts à consentir sont donc particulièrement importants, notamment pour le secteur du bâtiment (résidentiel et tertiaire) qui est le premier en termes de consommation d’énergie finale (44 % du total de la consommation finale énergétique française). Le secteur logement-tertiaire représente 88 % des économies d’énergie attendues à l’horizon 2020.  Or, avec un taux de renouvellement annuel limité à 1%, le poids du parc existant est prépondérant.

Aussi, les pouvoirs publics ont depuis longtemps, mis en oeuvre un dispositif complet visant à améliorer l’efficacité énergétique du secteur du bâtiment. Cette politique prévoit deux types de mesures : des mesures incitatives (éco-prêt à taux zéro, crédit d’impôt pour la transition énergétique, aides de l’agence nationale pour l’amélioration de l’habitat, des collectivités locales, etc.) et des mesures réglementaires (nouvelle réglementation thermique, labels, certifications des matériels, diagnostics de performance énergétique, etc.).

Ces politiques ont toutefois atteint des limites, faute d’avoir souvent négligé la phase de mise en oeuvre pratique. La formation des professionnels, installateurs, artisans, a trop souvent été écartée, le coût du traitement administratif nécessaire à la mobilisation des aides sous estimé. Ainsi, en France, alors que 58 % des ménages sont propriétaires de leur logement, 15 millions de personnes sont touchés par le mail logement. 20 % seulement du parc de logement se caractérise par un diagnostic de performance énergétique supérieur à D. Autre exemple, alors que l’Etat prévoyait un objectif de distribution de 400 000 éco-prêts à taux zéro par an lors de la création du dispositif, en 2008, seulement 50 à 60 000 par an ont été accordés jusqu’à la rénovation du dispositif en 2015.

Les éco-PTZ impliquaient en effet que l’instruction des dossiers devait être réalisée par les banques, ce que ces dernières ont eu du mal à assurer. De même, la mobilisation de l’ensemble des aides publiques disponibles demande de l’expertise et du temps que les fournisseurs et installateurs, artisans ou grandes entreprises ne peuvent fournir.

Les nouvelles mesures définies à l’issue de la COP 21 devront tenir compte de ces difficultés, au risque de se heurter aux mêmes limites. C’est pourquoi il est nécessaire de développer de nouveaux métiers afin d’accompagner les pouvoirs publics, les artisans et les particuliers dans la transition énergétique, en leur offrant des services d’ingénierie financière, technique et administrative adaptées. Ces solutions passent par une offre de services d’accompagnement, afin d’aider les particuliers et les professionnels à mobiliser les aides publiques, trouver des financements adaptés aux travaux et à la situation des porteurs de projet et les aider à définir les travaux les plus efficients. Ces nouveaux Services sont à inventer et à professionnaliser. Ils ne peuvent être improvisés par les professionnels du secteur, installateurs, artisans, fournisseurs, banquiers, qui n’en ont ni les moyens ni les compétences.

Les conditions de réussite de la transition énergétique résident plus que jamais dans les conditions de mise en oeuvre pratique.

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