Marie-Noëlle Letouzé – Profession : électricienne

Chaque année le 8 mars, depuis 1982 en France, la journée des droits des femmes rappelle qu’il y a encore beaucoup à faire pour la parité. Smarthome Electricien+ met un coup de projecteur sur des femmes pas comme les autres. De celles qui dépassent les idées reçues pour adopter un métier traditionnellement réservé aux hommes. À quoi ressemble une femme qui rêve de tirer des câbles ou qui veut faire moins consommer le monde ? Quels sont les écueils qu’elles rencontrent dans un métier où la sécurité du client repose sur la confiance ?

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« Le 8 mars n’est pas, comme on l’entend parfois, la journée de “la” femme, qui mettrait à l’honneur un soi-disant idéal féminin (accompagné de ses attributs : cadeaux, roses ou parfums) », disait Najat Vallaud-Belkacem en 2013. Cette même année, une étude Insee rappelait qu’à travail égal, les femmes gagnent toujours 18 % de moins que leurs homologues masculins. Et selon le Forum économique de Davos qui s’est tenu en janvier 2016, ce écart salarial ne devrait pas être résolu avant 2095 ! Tout en rappelant que les femmes représentent à peine plus de 35 % des cadres en France.
Tout n’est pas rose et le bâtiment bat des records en la matière, avec seulement 163 femmes électriciennes recensées sur tout le territoire. En 2016, en France, la part des femmes dans le secteur du bâtiment ne dépasse pas 11,7 % tandis qu’elles ne représentent que 1,1 % de l’ensemble des électriciens. Peut mieux faire…

Il reste de bon ton aujourd’hui de critiquer la journée des femmes. Certains se disent non-machistes et expliquent que cela devrait être tous les jours, mais ils ne font surtout rien pour changer les choses. Se battre pour les droits des femmes, c’est se battre pour les droits humains en général. Le niveau d’avancée d’une civilisation se jauge souvent à la place qui est accordée aux femmes, que cela soit dans les droits effectifs ou dans leur influence sur la société. Françoise Picq, spécialiste des mouvements féministes et militante, explique  : « On s’est battu très fort contre cette expression, “la femme”. On avait réussi à ce que cela ne se dise plus, mais c’est très enraciné, et cela revient. Or la femme, cela n’existe pas, c’est une représentation inventée par les hommes. Quand on dit la journée de la femme, cela fait un peu fête des mères. »

Célébrer la femme, c’est rendre hommage à une image essentialisée de la femme, autrement dit, on a trouvé mieux pour lutter contre les stéréotypes et les inégalités. La présence des femmes en entreprise est une nécessité. Une autre étude met en exergue que les entreprises ayant plus de 10 % de femmes parmi leurs dirigeants  affichent des chiffres d’affaires de 41 % plus élevés en moyenne que celles qui n’en ont que 5 %.

La qualité de vie au travail est également réputée pour être meilleure lorsque plus de femmes font partie du management d’une entreprise. D’après une étude menée aux États-Unis sur le management d’entreprise, en moyenne, les salariés se disent plus enthousiastes et engagés au travail lorsqu’une femme est leur manager direct, et ce constat s’applique indifféremment, que les salariés soient des hommes ou des femmes. Globalement, les femmes seraient de meilleurs managers.

Pourquoi les hommes doivent-ils à tout prix dévaloriser les femmes et ne pas leur laisser de place ? Parce qu’ils ont peur, probablement. Voir arriver une femme sur un chantier fait rire. Le BTP est un métier où l’on a besoin de muscles, donc les femmes n’ont pas leur place.

Mais la révolution numérique et la mécanisation de la construction réduisent énormément le besoin d’avoir de la force pour construire. Le BIM va redistribuer les cartes et les femmes ont tout à y gagner.
Leur esprit de synthèse va faire merveille. Etant très peu sur ce marché du travail, leur valeur salariale devrait monter en flèche. Plus d’égalité hommes-femmes dans l’entreprise, cela transmet des valeurs progressives,positives, dynamiques et d’ouverture d’esprit c’est aussi une question d’image. Par ailleurs, on sait que les plus jeunes consommateurs attachent de plus en plus d’importance aux enjeux de la diversité…

La parole est à 5 femmes, 5 métiers, 5 visions. Marie-Noëlle Letouzé, électricienne à Pérols, dans l’Hérault. Myriam Maestroni, élue Femme en Or 2015 et présidente d’Économie d’Énergie. Géraldine Balesta, présidente de Sauvéo, société spécialisée dans le financement de la rénovation énergétique. Claire Auger, responsable des enseignements du CAP PRO ELEC et Isabelle Le Corre, responsable des relations entreprises et chargée de la filière Énergie au CFI – Centre des formations industrielles de la CCI Paris Île-de-France.

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