Entretien avec Laurent de Bray, président du Syndicat de l’éclairage

Laurent de Bray, président du Syndicat de l'éclairage
Laurent de Bray, président du Syndicat de l'éclairage

Laurent de Bray succède à Benjamin Azoulay à la tête du Syndicat de l’éclairage (www.syndicat-eclairage.com).
Actuellement senior vice-président et directeur général de Philips France, Laurent de Bray a intégré le groupe Philips il y a près de trente ans. Il a occupé des postes stratégiques et opérationnels sur tous les continents. Avant son retour en France en 2015, il a dirigé Philips Lighting pour l’Asie, puis l’Amérique latine.

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Quels objectifs avez-vous définis pour votre mandat ?
Laurent de Bray – Notre économie a été bouleversée par la technologie LED et la multiplicité d’intervenants nouveaux dans la filière éclairage. Par conséquent, il me paraît indispensable de fédérer autour du Syndicat de l’éclairage les actions d’autres organismes tels que l’AFE, le Cluster lumière et le Gil, afin de mettre en commun nos réflexions et de permettre à la filière d’avancer ensemble. Dans ce contexte, j’ai d’ores et déjà proposé que les instances décisionnaires se rencontrent afin de définir une stratégie de communication collective. Il est essentiel que nous parlions d’une seule voix face aux différentes parties prenantes de notre industrie. Les Journées nationales de la lumière de septembre 2016 marquent déjà une première étape : outre son soutien financier, le Syndicat de l’éclairage apportera la contribution de ses experts via plusieurs interventions tant en ce qui concerne la réglementation que les solutions disponibles pour un éclairage de qualité.

Quels défis les industriels de l’éclairage doivent-ils relever aujourd’hui ?
Laurent de Bray – La « LEDification » ouvre de nouvelles perspectives et notre travail s’en trouve modifié, l’éclairage devient connecté et centré sur le bien-être et le confort. Le marché s’est élargi à de nouveaux acteurs et il devient de plus en plus difficile de séparer le bon grain de l’ivraie, tandis que les coûts de production augmentent. Les critères de prix prennent le pas sur les critères de qualité et ce d’autant que la normalisation prend du temps à se mettre en place alors que les technologies évoluent très vite. C’est par la formation que nous pourrons relever ces défis et nous devons oeuvrer pour communiquer davantage sur les actions d’organismes spécialisés comme l’AFE, Piséo, l’Ifep, dont la crédibilité permet de promouvoir les bonnes pratiques en éclairage en toute neutralité.

Quelles actions de communication souhaitez-vous mettre en œuvre ?
Laurent de Bray – En 2015, le Syndicat de l’éclairage a lancé plusieurs campagnes et études concernant l’éclairage public, en particulier auprès des petites et moyennes communes qui ne disposent pas des mêmes ressources financières ou humaines que les grosses collectivités. Notre syndicat s’est également rapproché de l’Association des maires de France, en particulier lors du Salon des maires. Il nous faut aujourd’hui nous concentrer sur les besoins de rénovation et modernisation de l’éclairage intérieur des bâtiments, et tenir compte de la modularité que les technologies et la connectivité nous apportent. Nous allons poursuivre la publication des guides réalisés en partenariat avec l’ADEME et la participation des fédérations de fabricants associés, d’installateurs, de distributeurs et de représentants de maîtres d’ouvrage qui rassemblent leurs connaissances sur des applications d’éclairage intérieur professionnel. Un guide est actuellement en cours de publication et quatre autres devraient paraître d’ici à la fin de 2017.

Il semble qu’il existe une dichotomie entre l’évolution ou la révolution technologique et la réalité du terrain, comment envisagez-vous de relancer la rénovation dans ce contexte ?
Laurent de Bray – Lorsqu’une industrie connaît une telle révolution, cela prend du temps de mettre en pratique les nouvelles technologies. Et puis les anciennes habitudes sont solidement ancrées dans les mentalités, à tel point que, pour répondre à une certaine demande, les fabricants ont produit une lampe LED à filament qui ressemble à la lampe incandescente classique… Les prescripteurs ne réagissent pas de la même façon selon les secteurs. Prenons les commerces par exemple : depuis longtemps, ils jouent la carte de l’éclairage dans l’aménagement des magasins, car la lumière crée une véritable identité de l’enseigne et les consommations sont importantes. La LED y a trouvé toute sa place pour des raisons d’efficacité énergétique, de confort, de modularité ; il est courant de changer l’éclairage tous les trois ou cinq ans. Dans les bureaux, le temps de renouvellement est plus long, plutôt dix ans. Le Syndicat de l’éclairage a effectué une étude, en 2007, sur une centaine d’établissements en France ; cette enquête est reconduite cette année et nous permettra d’élaborer de nouvelles campagnes de rénovation sur la base de chiffres réels.
En éclairage extérieur, j’ai évoqué précédemment les difficultés liées aux lenteurs administratives et aux difficultés budgétaires. Le Code des marchés publics est très contraignant et, pour contourner ces obstacles, les communes optent pour l’extinction de l’éclairage, ce qui n’empêche en rien leur installation de vieillir, donc de devenir moins efficace et plus énergivore !

Quelles nouvelles orientations souhaitez-vous donner à la gouvernance du Syndicat de l’éclairage ?
Laurent de Bray – Je souhaite renforcer le travail collégial du syndicat et en particulier donner plus de poids au bureau dans ses prises de décisions. Les membres actifs, en nette augmentation, doivent davantage s’impliquer au sein des différentes commissions. De la même manière que nous nous consacrons tous à la bonne marche de nos entreprises, investissons-nous dans le fonctionnement de notre fédération professionnelle, c’est ainsi que nous apportons de la valeur ajoutée à nos actions.

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