Parafoudre, Exigences : une réglementation qui profite à tous

En France, chaque année, des milliers d’accidents sont dus aux effets directs ou indirects de la foudre.
25 % des industries sont frappées au moins une fois tous les cinq ans par un impact de foudre.
Il est donc impératif de protéger en premier lieu les vies humaines et, dans un second temps, les matériels électriques et électroniques.
La réglementation n’impose l’installation de parafoudres, destinés à assurer la protection des matériels de l’installation électriques contre les surtensions transitoires dues à la foudre, que dans certaines conditions.

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Eduquer la profession sur les risques

Il existe encore une véritable confusion de la part des électriciens entre le paratonnerre et le parafoudre.
Le paratonnerre capte la foudre et protège la structure de ses effets directs, alors que le parafoudre protège les installations de l’effet indirect (surtensions indirectes). Deux niveaux d’obligations existent.
S’il y a un paratonnerre sur le bâtiment, un parafoudre dans le TGBT est obligatoire.
De même, l’obligation existe selon le niveau de foudroiement de la zone d’installation.
Auparavant, le niveau de foudroiement de la zone géographique était appelé le niveau kéraunique (Nk).
Cet indice correspond au nombre d’orages et, plus précisément, au nombre de coups de tonnerre entendus dans une zone donnée.
S’il était supérieur à 25, il était obligatoire d’installer un parafoudre à l’origine de l’installation.
Maintenant, on parle plus précisement de densité de foudroiement Ng, qui mesure le nombre d’impacts par an par km 2 .
Il existe une relation théorique entre ces 2 niveaux : Ng= Nk/10. Donc, une région qui avait un indice kéraunique de 30 a une densité de foudroiement de 3 impacts par an au km 2 .
ATTENTION, la NFC15-100, qui est en cours de modification, n’a pas été mise à jour sur cette partie.
Seuls les nouveaux textes dédiés à la protection foudre abordent cette notion.
Tous les réseaux extérieurs peuvent être affectés par les effets indirects de la foudre : les télécoms, les réseaux
informatiques inter-batiments, vidéo-surveillance, éclairage…
Des parafoudres spécifiques pourront être installés sur ces liaisons en fonction des risques.

Future évolution de la NFC 15-100

Le risque foudre ne prend pas en considération le type d’installation mais seulement sa localisation.
En effet, les conséquences financières de la perte d’un élevage industriel de poulets au nord de la France dont la ventilation tomberait en panne suite à un impact foudre sont énormes comparés à la perte d’une box Internet.
Dans la future version de la NFC 15-100, des réflexions sont engagées et un découpage par type d’installation sera proposé (site industriel avec ou sans explosion possible, bâtiment tertiaire, site agricole isolé…).

Vos obligations

Le législateur a imposé une réglementation spécifique pour certain type d’installations afin d’assurer la protection des travailleurs.
Cette règlementation vise à se prémunir contre les pertes en vies humaines faisant suite à un impact sur, ou à proximité de, la structure ou des réseaux électriques et électroniques.

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Site industriel : quel parafoudre pour quel usage ?

Pour les ICPE (Installation Classée pour la Protection de l’Environnement)

  • réaliser une étude technique dans le cas où l’ARF (Analyse de Risque Foudre) conclut à l’obligation de mise en place d’une installation contre la foudre ;
  • technique ;
  • réaliser une vérification initiale de conformité par une société différente de celle ayant réalisé l’installation, puis assurer la vérification périodique de maintien en état de conservation et de conformité des dispositifs de protection.

Pour un ERP (Établissement recevant du Public) :

  • vérification de la conformité des Installations Extérieures de Protection contre la Foudre (IEPF) ;
  • vérification périodique annuelle du maintien en état de conservation et de conformité de ces systèmes.

Pour un IGH (Immeuble de Grande Hauteur) : vérification périodique des paratonnerres tous les deux (2 ans).

Dans tous les cas, une vérification est imposée :

  • après travaux, sur l’installation protégée ou sur le système de protection foudre ;
  • après tout impact de foudre constaté.

Que faire en présence d’un paratonnerre radioactif (Parad)?

Ne le touchez surtout pas ! Si vous découvrez un Parad, ne l’approchez pas et ne le touchez pas. Prenez des photos et envoyez-les à l’INAPARAD.
L’arrêté du 11 octobre 1983, applicable depuis le 1 er janvier 1987, interdit l’emploi des radioéléments pour la fabrication des paratonnerres ainsi que leur commercialisation, leur exportation et leur importation.
A ce jour, seules les installations classées pour la protection de l’environnement sont concernées par le démontage des Parads (article
23 de l’arrêté du 19 juillet 2011, applicable avant le 1 er janvier 2012) ; En revanche, la dépose n’est pas encore obligatoire pour les sites industriels non classés et les autres bâtiments, qu’ils soient publics ou privés.
Son démontage dépend de la filière de l’Agence Nationale pour la Gestion des Déchets Radioactifs


Christian Macanda, responsable produit & normalisation Citel-2CP

Christian Macanda, responsable produit & normalisation Citel-2CP

Christian Macanda, responsable produit & normalisation Citel-2CP

Installer un parafoudre est-il obligatoire ?

La loi donne 2 critères d’obligation.
En présence d’un paratonnerre qui capte et dirige la foudre, un parafoudre est obligatoire.
Idem pour les zones géographiques dont le foudroiement (niveau Ng) est supérieur à 2,5.
De même, dans le cas de la connexion de l’usager à un réseau BT aérien, le parafoudre est obligatoire.
En ville, le réseau est enterré.
Par exemple, à Paris, le niveau de foudroiement est inférieur à 2,5, le réseau est enterré et très peu de paratonnerres sont installés ce qui fait que, légalement, il n’y a pas d’obligation à installer des parafoudres.
Mais les installations ne sont pas protégées.
Pourquoi ne pas installer d’office un parafoudre ?

La loi donne un cadre.
Mais la sensibilité des appareils électriques et électroniques impose de fait que le gestionnaire protège ses investissements et l’usage systématque de parafoudre est une question de bon sens.
Et les assurances ?

Jusqu’à ce jour, elles n’ont pas sauté le pas pour obliger le parafoudre.
La réflexion est engagée mais elles considèrent le risque comme mineur.
Néanmoins, dans certaines situations à risques (milieu agricole, photovoltaïque en milieu isolé..), le risque foudre élevé et les pertes d’exploitation importantes induisent l’imposition d’un parafoudre par les assureurs.

 



densite-de-foudroiement-ngConclusion

Les années passant et le coût des remboursements pour pertes de matériels augmentant, le parafoudre va devenir obligatoire en France pour tous les sites industriels et tertiaires.
Seul le résidentiel devra faire une étude de risque pour voir l’intérêt de mettre en œuvre un parafoudre.
Cependant, le rapport entre le faible investissement d’un parafoudre et le coût d’une installation audiovidéo/informatique/domotique ne devrait-il pas plaider en faveur l’usage sytématique du parafoudre?

 

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