Établissements de santé : “un lot éclairage complexe”, interview de Laurent Trotin

Laurent Trotin, Ingénieur d’études, gérant de HLC Ingénierie
Laurent Trotin, Ingénieur d’études, gérant de HLC Ingénierie

Après une consolidation d’expériences dans des bureaux d’études techniques nationaux et régionaux, Laurent Trotin fonde la société HLC Ingénierie en juillet 2012. Son activité regroupe les études de conception, la maîtrise d’oeuvre, le diagnostic dans les divers domaines du génie électrique comprenant les courants forts, les courants faibles, les systèmes d’incendie et de sûreté, la production photovoltaïque. HLC a également à son actif une expertise dans l’étude d’éclairage en milieu hospitalier, et plus particulièrement les Ehpad.

Sur le même sujet

À quelles exigences l’éclairage des établissements de santé doit-il répondre ?
Plusieurs paramètres entrent en compte. Tout d’abord, le type d’établissement: dans les hôpitaux, les patients, a priori, ne font pas de longs séjours, donc on mettra l’accent sur l’éclairage des salles opératoires, d’examens, les salles d’infirmières. Tandis que dans les cliniques de soins de suite ou de remise en forme, ils peuvent rester plusieurs semaines, voire plusieurs mois, et dans les Ehpad, on compte en années ; de plus, ces bâtiments comprennent davantage de lieux de vie, dans lesquels on s’efforce de recréer des ambiances conviviales, en particulier dans les espaces communs comme les restaurants, les salles d’activité, les circulations. Le deuxième point est de limiter les consommations. L’éclairage représente un poste important de la facture d’électricité, car il reste allumé pendant de longues périodes, notamment dans les couloirs. Là et dans les sanitaires, on préconise des détections de présence dont la commande est accessible aux équipes soignantes. On choisit des sources peu énergivores comme la fluorescence et la LED qui tend à se généraliser, son prix étant de moins en moins un frein et par ailleurs, elle permet des changements de couleurs appréciables à la fois dans les salles d’opération et dans les couloirs des unités d’Alzheimer par exemple.

Comment ces effets de lumière sont-ils mis en oeuvre ?
La lumière, au-delà de son aspect fonctionnel, est toujours source de bien-être et de confort. Avec la LED, il devient relativement facile et pas vraiment plus onéreux d’installer des systèmes à températures de couleur variables, notamment dans les Ehpad, ce qui aide les résidents à régler leur horloge biologique sur le rythme circadien. Certains établissements vont même plus loin et font appel à la méthode Snoezelen. Il s’agit de faire vivre une activité dans un espace spécialement aménagé, éclairé d’une lumière tamisée, avec une musique douce, où le résident peut se détendre. La variation de couleurs est aussi préconisée dans les salles d’examens stressants comme les scanners ou encore les IRM : l’équipe médicale peut proposer au patient une couleur de son choix qui va lui permettre de se détendre et de faciliter le travail des soignants.

Et pour l’éclairage fonctionnel, à quelles contraintes devez-vous faire face et quelles solutions préconisez-vous ?
Il faut être réaliste, la plupart du temps, nous devons nous astreindre à respecter des contraintes budgétaires qui encadrent nos études, mais l’offre est de plus en plus diversifiée et il existe un large éventail de solutions, tant en ce qui concerne les caractéristiques techniques que le design même des luminaires. Pendant longtemps, on a installé uniquement des dalles 600 x 600 et des downlights. Aujourd’hui, on y ajoute des suspensions, des appareils en saillie, parfois des appliques. Notre champ d’action est large et complexe, nous traitons aussi bien les bureaux et les salles médicalisées que les espaces de vie. Nous procédons à une analyse de chaque zone et prescrivons les solutions adéquates pour obtenir un confort visuel adapté aux besoins du personnel soignant et une lumière agréable et apaisante pour les patients.

Que faudrait-il, selon vous, pour améliorer encore le confort des uns et des autres ?
Les technologies existent : on a à notre disposition des systèmes qui consomment peu, des produits robustes et durables, des outils pour gérer l’éclairage et qui permettent de réduire les consommations tout en adaptant la lumière aux réels besoins des utilisateurs. Grâce à une plus grande prise de conscience des maîtres d’ouvrage de l’importance du rôle de l’éclairage dans les établissements de santé, ces solutions se généralisent, surtout dans les installations neuves ou les grosses rénovations. Cependant, on est encore loin de la systématisation de lumières dynamiques, de la gestion automatique ou du pilotage de scénarios lumineux… Il reste beaucoup à faire dans ce domaine.

http://hlc-ingenierie.fr/

Laisser un commentaire

Laissez un commentaire en remplissant les champs ci-contre ou utilisez votre compte