Éclairage des bureaux Le minimum à savoir avant de commencer un projet

Les exigences de sécurité et de confort de l’éclairage au travail ont pris une importance grandissante. Les employés passant leur journée complète sous éclairage, le législateur a imposé des règles strictes à respecter. Un éclairage de bureau bien conçu permet d’éviter une détérioration de la vue et les fatigues intempestives que pourrait causer un travail inefficace. Bien adapté, il est un bon moyen de prévenir les risques d’accident occasionnés par une perception visuelle dégradée de l’environnement.

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La perception et les sensations ressenties sont le premier moyen pour justifier d’un bon éclairage. Avant la technologie, c’est l’humain qui s’exprime. Une installation d’éclairage bien pensée peut contribuer à la rentabilité d’une activité par des gains financiers via une réflexion sur les coûts d’exploitation et de maintenance, des gains de productivité et environnementaux. Le label Well qualifie les bâtiments sur ces critères. Un bon éclairage de bureaux combine une efficacité lumineuse élevée, une durée de vie importante et un rendu des couleurs correct. Il assure deux fonctions que sont la bonne réalisation d’une activité et le bien-être de la personne. La performance visuelle de l’éclairage facilite alors l’exécution d’une tâche.
En effet, une vision normale ne peut s’exercer qu’avec un seuil minimal de lumière. Un bon niveau d’éclairement permet une bonne productivité avec notamment, une baisse des erreurs, des accidents, une moindre fatigue visuelle. Et surtout, le confort visuel assure le bien-être, car, en plus du niveau moyen d’éclairement nécessaire, il faut absolument veiller à une bonne qualité de la lumière émise par la source et une uniformité de l’éclairement pour éviter les éblouissements.

La réglementation
L’éclairage des locaux de travail est soumis à de nombreuses réglementations et recommandations, imposant des valeurs limites indispensables à respecter. Les obligations de l’employeur, du maître d’œuvre et du maître d’ouvrage y sont définies de manière précise. Depuis août 1983, l’éclairage des lieux de travail fait l’objet d’une réglementation. Les textes référents sont :

  • Le décret n° 83-721 du 2/8/1983 concernant l’éclairage des lieux de travail est destiné aux chefs d’entreprises.
  • Le décret n° 83-722 du 2/8/1983 fixe les règles relatives à l’éclairage des lieux de travail auxquelles doivent se conformer les maîtres d’ouvrage entreprenant la construction ou l’aménagement de bâtiments et est destiné à l’exercice d’une activité industrielle, commerciale ou agricole.
  • L’arrêté du 23/10/1984 précise les relevés photométriques sur les lieux de travail et les conditions d’agrément des personnes et organismes pouvant procéder à ces contrôles.
  • La lettre circulaire DRT n° 90/11 du 28/6/1990 relative à l’éclairage naturel et à la vue vers l’extérieur.

 

La réglementation fait partie intégrante du Code du travail et s’applique à tous les locaux affectés au travail et à leurs dépendances, passages, escaliers, circulations, dépôts. Par exemple, le Code du travail (articles R4223-2 et R4223- 3 créés par le décret n° 2008-244 du 7 mars 2008) stipule que « l’éclairage est assuré de manière à éviter la fatigue visuelle et les affections de la vue qui en résultent et à permettre de déceler les risques perceptibles par la vue. Les locaux de travail disposent autant que possible d’une lumière naturelle suffisante ».
La norme NF X35-103 (juin 2013) « Principes d’ergonomie visuelle applicables à l’éclairage des lieux de travail », d’application volontaire, « décrit des principes et une méthode ergonomiques visant à définir les éléments essentiels à l’éclairage des lieux de travail », que celui-ci soit assuré par des apports de lumière naturelle ou artificielle ou par la combinaison des deux. Particularité, les préconisations concernant les valeurs d’éclairement, les contrastes, la limitation de l’éblouissement sont nuancées en fonction des déficiences visuelles (de l’âge) des utilisateurs ; l’incontournable norme européenne EN 12464 constitue la référence en la matière. Les grandeurs photométriques telles que l’éclairement à maintenir (exprimé en lux), le taux d’éblouissement unifié limite (UGRL), l’uniformité (Uo) et l’indice de rendu des couleurs (Ra) y sont expliquées et des valeurs sont données pour différentes applications en éclairage intérieur et détaillées par activité. Un certain nombre de paramètres, comme une répartition lumineuse harmonieuse, l’équilibre des luminances, influence notre performance visuelle ; le rendu des couleurs et la couleur de la lumière contribuent à la fois à améliorer notre perception de l’environnement, à réduire la fatigue, mais aussi à créer différentes ambiances propices à nous stimuler ou à nous détendre.

L’éclairage général
« L’éclairage doit être conçu et réalisé de manière à éviter la fatigue visuelle, ainsi que les affections de la vue qui en résultent, et permettre de déceler les risques perceptibles à la vue. Les locaux de travail doivent autant que possible disposer d’une lumière naturelle suffisante ».
Le décret n° 83-721 fixe des valeurs minimales à respecter pour l’éclairement général dans quatre situations intérieures et deux situations extérieures. Les niveaux d’éclairement doivent être assurés pendant la présence du personnel, sur le plan de travail ou sur le sol. Les valeurs données sont minimales dans l’espace et le temps. C’est-à-dire qu’elles sont aussi bien valables le jour de l’installation que di ans après si l’éclairage n’a pas été changé. Peu importe les contraintes d’activité (poussières, fumées) ou de vieillissement des installations (usure des lampes, empoussièrement des luminaires ou des parois du local). Il est donc impératif pour l’installateur de calculer la perte théorique du flux lumineux dans le temps.

L’éclairage de la zone de travail
Le décret précise aussi que : « Le niveau d’éclairement doit être adapté à la nature et à la précision des travaux à exécuter ». La circulaire du 11/4/1984 fixe la quantité de luminosité à respecter dans les zones de travail, dans le temps et dans l’espace. Ces données sont le minimum légal autorisé et celles-ci doivent être très supérieures au minimum requis le jour de l’installation, pour tenir compte du vieillissement et des poussières.

L’article R.232-7 du Code du travail précise :
– Pour les voies de circulation intérieure : éclairement minimal 40 lux
– Pour les vestiaires et sanitaires : éclairement minimal 120 lux
– Pour les locaux aveugles affectés à un travail permanent 200 lux
Pour les espaces extérieurs
– Pour les voies de circulation : éclairement minimal 10 lux
– Pour les espaces extérieurs où est effectué un travail permanent : éclairement minimal 40 lux
Pour l’éclairage de locaux particuliers/zones de travail
– Pour la mécanique moyenne, dactylographie, travaux de bureaux : éclairement minimal 200 lux
– Pour le travail de petites pièces, bureau de dessin, mécanographie : éclairement minimal 300 lux
– Pour la mécanique fine, gravure, comparaison de couleur, dessin difficile… : éclairement minimal 400 lux
– Pour la mécanique de précision, électronique fine, contrôles divers : éclairement minimal 600 lux.

Dans le numéro Smarthome Électricien+ n° 66 du mois d’avril, nous étudierons l’avenir de la lumière et ses effets sur la productivité et le bien-être.

A retenir 

Locaux tertiaires – immeubles de bureaux :
– Salon réception, couloirs ou activité intermittente : 150 lux
– Travail de bureau : 200 à 300 lux
– Salles de conférences : 300 lux
– Laboratoires, bureau d’études : 750 – 1400 lux

Lieux de production :
– Salles d’emballage : 300 lux
– Travaux visuels dans la fabrication : 1000 lux
– Chaîne de montage : 1500 lux

Magasins :
– Cages d’escalier : 200 lux
– Comptoirs : 200 – 400 lux
– Agencement de boutique : 1500 – 2500 lux

Classement des différentes sources d’éclairage selon leur rendement moyen :
– lampe à incandescence : 12 lm/W
– lampe halogène : 20 lm/W
– lampe mercure haute pression : 50 lm/W
– lampe fluo compacte : 70 lm/W
– tube fluorescent : 80 lm/W
– LED : variable pouvant dépasser 100 lm/W

La couleur :

– Tons bleus : diminuent la température ressentie et agrandissent le volume de la pièce
– Tons orangés : augmentent la chaleur ressentie et rapprochent les perspectives
– Tons clairs : augmentent le niveau d’éclairement global

http://www.filiere-3e.fr/wp-content/uploads/2017/02/guide-efficacite-eclairage-tertiaire.pdf

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