CIAP de Guyane : Interpréter le patrimoine par l’architecture

© Véronique Descatoire Albano, Maître d’ouvrage : Ville de Saint-Laurent-du-Maroni – Maîtrise d’oeuvre : Florence Le Gall, architecte & scénographe – Éclairagiste : Stéphanie Daniel– Fabricants : Procédés Hallier, Advantelec, Matali Crasset, Jieldé, Roger Pradier – BET : EGIS Antilles Guyane – Graphiste : Bureau Bas Smets (phase de conception), Kino – Solution éclairage : CB Design CIAP
© Véronique Descatoire Albano, Maître d’ouvrage : Ville de Saint-Laurent-du-Maroni – Maîtrise d’oeuvre : Florence Le Gall, architecte & scénographe – Éclairagiste : Stéphanie Daniel– Fabricants : Procédés Hallier, Advantelec, Matali Crasset, Jieldé, Roger Pradier – BET : EGIS Antilles Guyane – Graphiste : Bureau Bas Smets (phase de conception), Kino – Solution éclairage : CB Design

Le CIAP (Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine) de Saint-Laurent-du-Maroni, créé dans les bâtiments de l’ancien bagne de Guyane, a pour objectif de sensibiliser les habitants à leur histoire. La conceptrice lumière Stéphanie Daniel a mis au point un éclairage simple et discret, pour ne pas altérer l’intégrité de ce monument classé.

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Les initiateurs du projet souhaitaient en faire un lieu vivant et évolutif, accueillant expositions permanentes, temporaires et activités culturelles diverses. Dans cet ancien bagne, fermé en 1946 au moment du rapatriement du dernier bagnard, la culture reprend ses droits. Le lieu, chargé d’histoire et classé aux Monuments historiques, est occupé à partir de 2006 par la bibliothèque, le service Patrimoine et le groupe de théâtre de la ville. Depuis 2015, le CIAP vient apporter sa dimension historique au lieu pour faire le lien entre l’histoire du bagne et la vie actuelle.
Le bagne est constitué de douze cases intérieures servant autrefois de cellules, d’un bâtiment chapelle/cuisine/anthropométrie (technique qui concerne la mesure des particularités dimensionnelles d’un homme) et de deux cases d’entrée, le tout entouré d’un mur d’enceinte. En 2011, l’architecte et scénographe du projet, Florence Le Gall, fait appel à la conceptrice lumière Stéphanie Daniel.
La création du CIAP a fait l’objet d’une étude de faisabilité, ainsi que d’un diagnostic préalable et a donné lieu à un véritable travail d’échange avec les architectes des bâtiments de France. « Le cahier des charges exigeait d’intégrer les sources lumineuses au bâti sans perçage, afin de garder les bâtiments dans leur strict état d’origine. Pour l’ensemble du projet, les sources lumineuses ont été intégrées à un chemin de câble en acier Corten, un type d’acier patiné utilisé dans la conception du mobilier et servant de fil rouge au projet », explique Stéphanie Daniel.

© Véronique Descatoire Albano, Case entrée droite. Accueil.

© Véronique Descatoire Albano, Case entrée droite. Accueil.

La case d’entrée regroupe l’accueil, une salle d’introduction aux expositions – venant re-contextualiser la visite –, un café et sa grande terrasse située en face. L’accueil est sobre : on y retrouve des luminaires LED Teo et mini Leo de chez Procédés Hallier placés sur les chemins de câbles. Une température de couleur de 4 000 K a été privilégiée pour éclairer l’ensemble du projet.
L’espace d’exposition, quant à lui, est constitué de deux tables et d’une carte au sol qui vient détailler et illustrer de façon chronologique les flux d’arrivée des bagnards. Au premier étage, des bureaux ont été éclairés grâce à des dalles LED d’Advantelec, en direct/indirect. La terrasse est pourvue d’un éclairage constitué de lampions Trilly de Martinelli Luce de deux tailles, qui rythment l’espace extérieur et donnent une sensation d’apesanteur.

© Véronique Descatoire Albano, Salle d'anthropométrie

© Véronique Descatoire Albano, Salle d’anthropométrie

Muséographie immersive
Le bâtiment chapelle/cuisine/anthropométrie se compose de trois salles d’exposition sur le bagne. L’accès s’effectue par la salle d’anthropométrie, dans laquelle est retracé le voyage du bagnard, depuis son départ en bateau jusqu’à son arrivée au bagne. Un éclairage immersif, créant une atmosphère intime, met en oeuvre des projecteurs Luneo à LED 3 W de Procédés Hallier, intégrés au plafond et dans les alcôves.
L’espace cuisine est constitué de grandes tables avec textes et objets de la vie quotidienne du bagne. Elles sont éclairées par des projecteurs 4 000 K Focus, de Procédés Hallier, fixés aux chemins de câbles et dirigés sur les visuels suspendus dans l’espace.

© Véronique Descatoire Albano, Cuisine

© Véronique Descatoire Albano, Cuisine

© Véronique Descatoire Albano, Case 12. 1er étage - Salle d’exposition temporaire.

© Véronique Descatoire Albano, Case 12. 1er étage – Salle d’exposition temporaire.

L’éclairage, pour recréer la ville
En sortant de l’espace cuisine, on accède à la case 12. Au rez-de-chaussée, une exposition sur la ville montre l’évolution de Saint-Laurent-du-Maroni au fil des époques. Des projecteurs LED indirects ont été intégrés à la structure métallique, tandis que des guirlandes lumineuses ainsi que des câbles électriques traversent la pièce pour recréer une ambiance « urbaine ».
À l’étage, un espace d’exposition temporaire accueille des présentations autour de l’architecture et de la ville. La salle a été entièrement pensée de façon modulaire, permettant de déplacer les éléments selon les besoins des différentes expositions. Quatre linéaires ont été installés et des tubes modulables permettent de fixer les appareils d’éclairage selon les besoins. Seuls les luminaires Jieldé rouges à bras, véritable clin d’oeil à la lampe d’architecte, occuperont la salle de manière permanente.

© Véronique Descatoire Albano, Case 11. 1er étage – Portraits de Saint-Laurentais.

© Véronique Descatoire Albano, Case 11. 1er étage – Portraits de Saint-Laurentais.

Une âme matérialisée par la lumière
À l’étage de la case 11, les cellules de l’époque ont été « aménagées » afin d’accueillir des portraits de Saint-Laurentais. Dans chacune d’elles, une photo personnifie le lieu et des témoignages oraux ou vidéo sont diffusés. De petits objets ont été intégrés pour gagner encore en réalisme : l’objectif de cette mise en scène était d’illustrer un lieu de vie et de réhumaniser les cellules.
Dans le couloir, les chemins de câbles accueillent des suspensions LED rondes Faktory de Roger Pradier, évoquant la rue qui relie tous ces « habitants ». Dans les cellules, des luminaires Reminiscence de Matali Crasset, suspendus à la charpente, simulent une présence humaine, comme une petite âme qui occupe les lieux. « L’intégration de l’éclairage par touches avait un objectif bien précis : la technique ne devait pas prendre le dessus sur l’architecture et l’éclairage se devait d’être le moins intrusif possible, pour laisser s’exprimer de lui-même ce lieu chargé d’histoire », précise Stéphanie Daniel.

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