Éclairage des bâtiments de bureaux : enquêtes 2007-2017

© Zumbotel – © Trilux – © ERCO Éclairage des bâtiments de bureaux
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« Stratégie de rénovation et nouvel environnement réglementaire », tel est le thème de la conférence
organisée en octobre par le Syndicat de l’éclairage, qui présente les conclusions de l’enquête du CEREN(1) sur l’éclairage des bâtiments de bureaux en France.

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Peu de chiffres détaillés existent sur les consommations d’énergie en non-résidentiel, et encore moins sur l’éclairage des installations d’éclairage réalisées il y a dix ans. Comment aller vers la transition énergétique en éclairage, et vers l’amélioration du service apporté par ces installations aux utilisateurs, si l’on ignore l’état de départ ? Comment les ministères chargés de l’Énergie, du Travail ou de la Santé évaluent-ils les performances et le confort des ambiances intérieures apportées par l’éclairage ? Peu de médecins prescrivent sans un diagnostic préalable. C’est pourquoi, en 2007, sous l’impulsion européenne qui demandait d’évaluer l’impact de la directive d’exclusion progressive du marché des ballasts ferromagnétiques pour l’éclairage fluorescent, le Syndicat de l’éclairage, l’ADEME et EDF ont confié au CEREN la tâche de réaliser un audit des installations d’ éclairage des bâtiments de bureaux en France. Dix ans après, cette enquête vient d’être réalisée à nouveau, RTE et Récylum s’ajoutant aux partenaires. C’est l’occasion de faire un point sur les nombreuses évolutions intervenues ou pas, et sur le chemin qui reste à parcourir.

Une enquête de terrain
Les enquêteurs ont relevé les caractéristiques et performances précises des installations dans près de 140 immeubles de bureaux disséminés sur le territoire français. Bâtiments de toutes tailles et de tous âges, du secteur public comme du privé, de centre-ville ou de périphérie, etc. L’échantillon enquêté représentait en 2007 plus de 500 000 m², pour une surface totale des immeubles de bureaux en France évaluée alors à 184 millions de m². Le CEREN dispose de moyens statistiques et de croisement avec ses autres enquêtes tertiaires pour extrapoler ces données à l’ensemble du parc de bâtiments de bureaux, évalué aujourd’hui à 221 millions de mètres carrés, soit 17 % d’augmentation. C’est d’ailleurs un des premiers enseignements de la nouvelle enquête.

Une consommation totale stable malgré un accroissement du parc
La consommation d’électricité annuelle pour l’éclairage de ce parc est chiffrée à 6,4 TWh (térawatts-heure = milliards de kWh) contre 6,1, il y a dix ans (pour mémoire, la consommation de l’éclairage public se chiffre de 6 à 7 TWh). Ce qui représente 11 % des consommations d’énergie totale de ces bâtiments, 17 % de l’électricité seule. Cette hausse des consommations peut surprendre, mais elle doit être mise en regard de l’augmentation des surfaces et de celle des luminaires, dont le nombre total passe de 34 à 45 millions aujourd’hui. Reflet de la percée timide des luminaires électroniques fluorescents T5 et T8, et de l’irruption des LED, les puissances installées ont baissé de plus de 20 %, passant de 16 à 13 W/m². Une situation différenciée selon les zones ; les circulations et autres locaux que les bureaux à proprement parler sont plus souvent équipés de sources énergivores comme les halogènes. Dans les bureaux, soit 50 % des espaces, les tubes fluorescents sont majoritaires. Sur un total d’environ 100 millions de lampes présentes dans ces bâtiments, les tubes T8 représentent presque la moitié, et plus de 80 % équipent des luminaires avec ballasts ferromagnétiques.

Gestion ignorée
La place encore importante qu’occupent ces technologies obsolètes va de pair avec le peu de surfaces contrôlées par détection de présence (environ 8 % des surfaces) ou gradation en fonction des apports de lumière du jour (moins de 4 %), car la mise en oeuvre de ces systèmes implique d’installer des luminaires électroniques. L’arrêté du 28 mars 2017, modifiant la RT par éléments, qui impose d’installer ces solutions de gestion dans les rénovations à partir de janvier 2018, paraît donc bienvenu. Car diviser par trois ou quatre les consommations pour l’éclairage de ces bâtiments, sans rien céder au confort, est un objectif concret et atteignable.
Lumières reviendra sur les résultats de cette enquête, unique en Europe, car elle fournit également de nombreux éléments sur la qualité de la lumière à l’intérieur de ces lieux de travail qui, au même titre que la qualité de l’air intérieur, est appelée à devenir un vrai sujet de santé publique.

(1) Centre d’études et de recherches économiques sur l’énergie.
Lumières reviendra en détail sur cette étude dans son numéro de décembre 2017.

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