Christian Colombel, directeur général de Wera France

Autodidacte, Christian Colombel a commencé sa carrière comme tourneur fraiseur. Devenu commercial dans le secteur des outils coupants et machines-outils, il a ensuite été approché par un fabricant allemand, dont il a monté le réseau de distribution français. Après avoir dirigé la filiale d’un autre généraliste de l’outillage, il a rejoint Wera, hyper-spécialiste allemand des outils à main de vissage, qui lui a fait confiance pour développer la marque Wera en France.

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« Si un outil existe depuis 150 ans et qu’il fonctionne bien, il est temps de le remettre en question ! »

Votre slogan « Be A Tool Rebel » et votre symbolique hard rock réveillent un peu le marché ! Mais en quoi les outils Wera sont-ils rock and roll ?

C’est toute la particularité de Wera. Il y a quelques années, pour la campagne de lancement de produits à cliquet en métal, en chrome-molybdène, nous avons posé la question à nos clients : et si Wera était de la musique ? Tous nous ont répondu du hard rock ou du rock and roll. De là ont été créés le logo et toute la symbolique des rebelles de l’outillage. Le métal ! Cela a pris une telle ampleur sur les réseaux sociaux que c’est devenu un axe de communication. Une communauté. Le côté « Tool Rebel » traduit bien l’état d’esprit de la maison, qui est de ne se fixer aucune limite. Notre leitmotiv : si un outil existe depuis 150 ans et qu’il fonctionne bien, il est temps de le remettre en question ! Tous les standards qui existent, un jour, on les prend en main pour voir si cela a encore un sens. C’est tout ce qui fait l’innovation de Wera.

dire en plus sur l’aspect innovant de vos outils ??    

D’abord, pour que Wera existe, il faut qu’il y ait une vis. Notre métier, c’est l’outillage à main pour visser et dévisser. Nous ne faisons pas d’électroportatif. Mais nous avons une profondeur de gamme à nulle autre pareille. Et nous ne faisons pas de compromis sur la qualité. Notre fabrication est à 95 % assurée par notre seul site de production, en République Tchèque, plus de 700 personnes. L’usine se situe à une nuit de logistique du siège social allemand et du stock, et nos ingénieurs peuvent aussi former les équipes tchèques et pérenniser notre savoir-faire. C’est « la » grande différence de Wera dans son périmètre d’action. À ma connaissance, chez nos concurrents, c’est souvent le nom et le marketing qui changent, mais la provenance, elle, ne change pas trop… Le marché est inondé de marques distributeurs. Il existe même des rebuts qui sont vendus, et plus que vous ne croyez. Le pire, la plupart du temps, ce n’est même pas moins cher.

L’argument de Wera, c’est que lorsqu’on vous vend un produit, il respecte vraiment toutes les normes qui l’encadrent : la géométrie, l’isolation électrique, la norme de résistance – avec au minimum 25 % de résistance supplémentaire, voire bien plus. Tous nos outils ont des normes internes largement supérieures à celles existantes (et vieillissantes). Et l’isolation est réellement testée, l’électricien a la garantie de travailler en toute sécurité jusqu’à 1 000 volts.

Quels sont vos marchés en France et vos produits emblématiques ?

Historiquement, tous les marchés du bâtiment. Les plus gros consommateurs d’embouts sont par exemple les charpentiers. Au départ, en France, Wera a commencé à vendre des embouts de vissage en vrac dans les grosses quincailleries. Aujourd’hui, le produit Wera le plus vendu en France est le tournevis Kraftform Kompakt VDE. Kraftform, c’est le nom de notre manche, ça veut dire : la forme fait passer la force. Il s’agit d’un brevet ergonomique déposé par Wera, il épouse les interstices des doigts et les cassures des phalanges. Peu importe la manière dont vous l’empoignez, la prise en main sera naturelle. Il est fait en tri-matière et isolé 1 000 volts. Kompakt évoque la désolidarisation du manche et de l’embout : vous avez un manche et 18 lames, pour une trousse très compacte, dans une petite pochette. Quand on fabrique un outil Wera, il faut qu’il soit simple, qu’il soit sûr et qu’il soit plaisant.

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