Tableaux basse tension : quelles évolutions ?

Jeu de barres de tableau BT de puissance. (c) Rittal

Les tableaux électriques BT restent un élément de base de la distribution électrique des bâtiments tertiaires et industriels. Leurs fonctions premières évoluent peu et, pourtant, les constructeurs doivent s’adapter aux nouvelles normes, nouveaux appareils à intégrer, nouveaux besoins des clients, mais aussi aux nouvelles méthodes de conception, de réalisation et de test.

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Le tableau électrique est le point de passage indispensable du courant électrique de quelques centaines d’ampères à 5 000 à 6 000 A et assure :
– La distribution électrique et la protection des circuits (disjoncteurs ou fusibles)
– La protection des personnes
– Le contrôle et la commande des installations alimentées
– Le report à distance de mesures ou d’informations de fonctionnement

Toutes ces fonctions doivent être assurées avec un haut niveau de sécurité et de fiabilité pour des équipements qui sont parfois installés pour plusieurs dizaines d’années.

En quelques années, la demande des clients a évolué avec des tableaux de plus en plus complexes, intégrant de nouvelles fonctionnalités ou sous-ensembles (automates, climatisation, communication, connexion au réseau Internet). Les catalogues des fournisseurs d’appareillage sont aussi de plus en plus importants et le constructeur devra s’adapter aux gammes de 5 ou 6 fabricants pour répondre aux besoins spécifiques du client final. Pendant la vie du tableau, il faudra aussi probablement remplacer certains appareils par une nouvelle gamme, qui heureusement est souvent moins encombrante que l’ancienne.

Importance des normes et règlements
La norme de référence au niveau européen est la norme EN 61439-1/2. Cette norme caractérise le tableau électrique et précise les règles de conception, de réalisation et vérification.
– La norme NF EN 61439-1 détaille les règles générales pour l’ensemble des appareillages basse tension : définitions, caractéristiques, conditions d’emploi, exigences de construction et de vérification.
– La norme NF EN 61439-2 s’applique aux ensembles d’appareillage de puissance (ensemble PSC) dont la tension assignée ne dépasse pas 1 000 V en courant alternatif et 1 500 V en courant continu.
– Les normes NF EN 61439-3/4/5/6 concernent spécifiquement les tableaux de répartition, ensembles de chantier, ensembles pour la distribution d’énergie électrique et canalisations préfabriquées.
Les normes 61439-1 et 2 définissent les responsabilités du « Constructeur d’origine » et du « Constructeur d’ensembles » (tableautier) et le type de vérification pour garantir la qualité de conception du système et la responsabilité de la conformité du tableau final.

Tableau de distribution BT de puissance. (c) Rittal

Indice de Service, une spécificité française
Cet Indice de Service (IS) adopté et reconnu par la profession est défini par le Guide UTE C 63-429. C’est un outil d’aide à la prescription qui permet au prescripteur ou à l’utilisateur de définir le bon niveau de continuité de service en exploitation, maintenance/dépannage ou évolution du tableau.

Cet IS est défini par 3 chiffres IS XXX qui traduisent le niveau de service du tableau lors de toute opération d’exploitation, maintenance et évolution (voir encadré).

Les Indices de Service. (c) Legrand

Pour Laurent Clausin, chef de produit Armoires de distribution industrielle d’ABB, « un indice de service IS 223 ou 233 est de plus en plus demandé pour le bâtiment tertiaire et non plus seulement industriel, mais passer de IS 211 à IS 223 impose des montages spécifiques plus coûteux. La sécurité est de plus en plus importante et peut nécessiter des cloisonnements, mais attention aux problèmes de place si l’architecte ne l’a pas prévu ! » 

Les logiciels de conception de tableaux se généralisent
Pour concevoir et visualiser des produits en 3D, étudier les comportements à partir de simulations numériques, vérifier les contraintes (longueurs de câbles, dissipations calorifiques, remplissage des goulottes…), les logiciels sont de plus en plus performants.

Ces logiciels sont proposés par les constructeurs d’appareillage et des sociétés spécialisées comme EPLAN avec sa suite EPLAN Pro Panel, IGE+XAO avec ses modules 3D Panel pour le logiciel SEE Electrical Expert, ou ALPI et ses logiciels Office Elec et BIMelec, pour réaliser la maquette numérique d’un tableau (conception, chiffrage, schémathèque).

Logiciel de schématique et d’implantation 3D d’un tableau BT. (c) EPLAN

Des sous-ensembles pour faciliter le montage des équipements et leur maintenance
Pour Alex Frorath, responsable commercial Secteur Sud de Rittal SAS, « la modularité va permettre de gagner du temps et donner une valeur ajoutée au travail de l’électricien. Des solutions de distribution de courant à faible encombrement et montage encliquetable sans outil sur rail porteur ou des bornes de raccordement de câbles directement sur jeux de barres vont faire gagner du temps de montage. »

Les catalogues des industriels se développent donc pour proposer des solutions flexibles, éprouvées, moins encombrantes, conformes aux normes et permettant de répondre dans un délai très court à des demandes personnalisées. La certification et l’homologation des solutions proposées sont aussi un plus pour des clients internationaux.

Jean-Paul Beaudet

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