3 Questions à Jean-Louis Bal, président du SER

Jean-Louis Bal (c)DR

Depuis 2011, Jean-Louis Bal, ancien directeur productions et énergies durables de l’Ademe, occupe le poste de président du Syndicat des énergies renouvelables, association professionnelle qui couvre la totalité du secteur des énergies renouvelables : éolien, solaire, hydroélectricité, biomasse, énergies marines, géothermie. Le SER a pour principal objectif de promouvoir les EnR, notamment par l’intermédiaire de colloques, dont le dernier s’est tenu à l’Unesco le 12 février dernier.

j3e – Quels sont les domaines d’intervention du SER en faveur du développement des énergies renouvelables ?
Jean-Louis Bal

La principale fonction du SER est de défendre les intérêts de la filière renouvelable et de participer avec les pouvoirs publics à l’élaboration de politiques de développement des EnR. Le travail que nous faisons est aussi bien d’ordre législatif que d’ordre réglementaire. Nous aidons les pouvoirs publics et les parlementaires à élaborer des textes législatifs qui concernent le renouvelable, notamment en ce moment, avec le projet de loi sur la transition énergétique. Pour le travail d’ordre réglementaire, nous travaillons en collaboration avec les associations. La base de ce travail c’est aussi la communication. Nous avons une série de publications et de colloques, dont le dernier s’est tenu il y a quelques jours. Notre rôle est avant tout d’assurer le dialogue au sein de la filière, interne d’une part, pour les dialogues entre entreprises et, d’autre part, externes pour les dialogues avec les pouvoirs publics. Enfin, le dernier aspect de notre action est la promotion de nos entreprises à l’international, donc à l’export. Nous avons lancé plusieurs initiatives depuis 3 ans, notamment France Solar Industry, une marque qui regroupe plus d’une trentaine d’entreprises du secteur de l’énergie solaire, avec lesquels nous organisons des missions dans les pays cibles. Nous venons d’ailleurs d’être désignés par l’État comme maîtres d’œuvre du volet exportation du plan énergies renouvelables, sous le patronage des ministres Emmanuel Macron et Ségolène Royale.

j3e – L’année 2014 a été une année de croissance pour les EnR, comment l’expliquez-vous ?
J.-L.B.
Il faut relativiser ce chiffre. 2014 a été une année de croissance par rapport aux années précédentes, qui étaient très mauvaises. À la fois sur l’éolien et le photovoltaïque, nous avons connu une progression des puissances installées, mais ça ne veut pas dire pour autant que l’année était totalement satisfaisante. Nous sommes satisfaits de la tendance, mais, si nous voulons atteindre les objectifs de 2020, il faudra faire beaucoup mieux que ce que l’on a fait en 2014. Les chiffres sont encourageants pour l’éolien avec 963 MW installés, bien plus que l’année précédente qui se situait plutôt autour de 630 MW. Pour rester dans les objectifs de 2020, il faudrait maintenant installer plus de 1 600 MW par an en éolien, et nous en sommes loin. Pour le photovoltaïque, 2014 a été une année de progression, mais c’est un effet qui est temporaire dû au déstockage de projets, qui malheureusement ne se renouvellent pas. Nous ne sommes pas très optimistes. Concernant l’éolien, les premiers effets des mesures de simplification adoptées commencent à être perceptibles, notamment avec la loi Brotte et l’expérimentation en régions des autorisations uniques pour l’éolien, la méthanisation et l’hydroélectricité. D’autres mesures sont en préparation.

j3e – Vos objectifs de croissance prévoient le passage de 5,6 Mtep d’électricité renouvelable en 2005 à 12,6 en 2020. Quelles mesures permettront d’y parvenir ?
J.-L.B.

Il faut tout d’abord dire que pour 2020, vu le retard pris, les objectifs ne sont plus atteignables. Ce qui serait important serait de pouvoir se remettre sur une bonne tendance et essayer d’atteindre les nouveaux objectifs pour 2030, qui seront fixés dans le cadre de la loi actuellement en discussion. Pour y arriver, les principales recommandations que nous faisons sont de continuer la simplification de l’encadrement réglementaire, de mettre en place des systèmes de soutien stables dans le temps par la programmation d’appels d’offres, avec des volumes suffisants et programmés. Concernant la chaleur renouvelable, issue de la biomasse ou de la géothermie, notre recommandation est de doubler progressivement sur 3 ans le fonds chaleur mis en place par l’Ademe, de façon à permettre de financer plus de projets biomasse, solaire et géothermie.
Avec les départements d’outre-mer, nous avons également des territoires particulièrement intéressants pour le développement des EnR et où l’activité est aujourd’hui réduite à pas grand-chose. Nous demandons à l’État de reprendre les rênes sur le pilotage du développement du renouvelable dans les DOM, avec notamment le développement de réseaux intelligents et de stockage de l’énergie, indispensables sur les territoires insulaires.

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