Romain Viry : Sylvania mise sur le confort visuel

Romain Viry
Romain Viry, chef de produits solutions tertiaires et gestion d'éclairage connecté

Romain Viry, chef de produits solutions tertiaires et gestion d’éclairage connecté, met l’accent sur le confort visuel en éclairage, toutes applications confondues. « Si on génère de la lumière artificielle, notre mission, en tant qu’industriel, est de faire en sorte qu’elle soit confortable. » Ainsi Romain Viry nous livre-t-il des pistes de réflexion pour offrir des solutions qui rendent cet éclairage créateur d’ambiances et apporteur de bien-être.

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Quelle serait votre définition du « confort visuel » ?
Romain Viry – Il est difficile, voire pas forcément pertinent, de donner une définition unique, car le confort renvoie à des notions subjectives comme la sensibilité, l’âge, le sexe, le type d’activité. En revanche, je pense que la filière doit s’engager sur un ensemble de bonnes pratiques et surtout offrir un éclairage flexible qui donne la souplesse indispensable pour répondre aux besoins de chacun. Dans nos propres locaux, nous avons mis aux normes l’éclairage et nos collaborateurs ont immédiatement senti le changement, parfois même l’ont mal perçu : pour certains, la lumière était trop puissante alors qu’elle respectait les préconisations des normes en vigueur ! Indépendamment de l’impact psychologique, nous devons aussi prendre en compte l’ensemble des critères qui contribuent de manière « objective » à améliorer le confort visuel.

Vous pensez au contrôle de l’éblouissement et des luminances ?
Romain Viry – Exactement. Chez Sylvania, nous restons persuadés que tous les luminaires ne sont pas interchangeables. Je m’explique : si deux luminaires présentent par exemple le même UGR, cela ne veut pas dire que les luminances seront identiques. Je pense notamment à « l’invasion » des pavés LED qui, selon moi, ne tiennent pas la comparaison avec, par exemple, les luminaires Optix de Sylvania, qui affichent 200 cd/m², comparé aux 1 500 cd/m² des meilleurs pavés LED UGR < 19.  J’en profite pour rappeler que pour le travail sur écran, la norme EN 12 464-1 préconise une luminance inférieure à 1 500 cd/m². À l’ère digitale, on ne peut pas se contenter de cet « effet d’aubaine » qui permet certes d’installer des produits moins chers mais où la notion de confort visuel, notre mission professionnelle, n’est plus prise en compte. Au-delà des normes, c’est par la négative que l’on s’aperçoit que l’éclairage n’est pas confortable.

Qu’entendez-vous par « négative » ?
Romain Viry – La plupart du temps, les utilisateurs ne sont pas conscients du manque de qualité de l’éclairage, mais celui-ci va entraîner une fatigue visuelle, des mauvaises postures, une accommodation de chaque instant, des difficultés à se concentrer, une insatisfaction générale de l’ordre de 68 % selon une étude américaine : c’est énorme ! Il incombe à tous les acteurs de la filière, du fabricant à l’installateur en passant par le prescripteur, de conseiller le client final et surtout de lui apporter les moyens d’offrir, enfin, un éclairage de qualité aux occupants. Il nous faut revenir à l’essentiel pour lutter contre la perte de compétence, expliquer les fondamentaux de l’éclairage, ne pas hésiter à comparer les caractéristiques entre elles, en démontrant comment les performances d’un luminaire ne peuvent être considérées séparément mais forment un tout cohérent. Les leviers de gains de productivité sont de plus en plus durs à trouver, investir sur l’éclairage est donc un choix de bon sens. Sans parler de l’aspect gestion qui se trouve étroitement lié au confort.

Vous voulez dire que la gestion de l’éclairage est indispensable à l’amélioration du bien-être ?
Romain Viry – Oui, car la gestion, via la variation et la modulation, permet d’individualiser l’éclairage, chacun peut adapter la lumière à ses besoins ou ses préférences. Cela répond au besoin exprimé de 80 % d’entre nous, selon l’étude européenne de Repro-Light. Encore faut-il que l’utilisateur soit bien informé. Cette phase « ergonomie » est aujourd’hui largement amorcée. Tout lancement de nouveau produit devrait s’accompagner de conseils et d’explications qui permettent aux occupants d’utiliser chaque fonction à son bénéfice. Sylvania vient par exemple de développer Optix, idéal pour les bureaux et les salles de classe, qui associe une haute efficacité (jusqu’à 147 lm/W), une très faible luminance et un contrôle de l’éblouissement à la pointe de la technologie : une solution particulièrement efficace où le confort a été placé au centre du concept du luminaire. Les réflecteurs aluminisés garantissent un indice d’éblouissement UGR inférieur à 16, descendant à 14 selon les configurations, tandis que les réflecteurs blancs rendent le plafond plus lumineux tout en conservant un bon indice d’éblouissement (UGR < 19). Il existe également en version éclairage biodynamique pour un éclairage centré sur l’humain faisant varier la température de 3 000 à 6 300 K automatiquement, tout au long de la journée pour suivre le cycle circadien de la lumière. Chaque installation LED durera 10 ans environ, il faut dès aujourd’hui que la filière joue son rôle pédagogique afin de porter la bonne lumière pour le bien-être de tous. ♦

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