Dans notre dernier magazine nous avons traité un dossier concernant le Wi-Fi. Mais connaissez vous le LiFi ? Le Light Fidelity, c’est de la communication également sans fil… mais au lieu d’utiliser des ondes radio comme le Wi-Fi, on utilise la lumière.
Concrètement, un émetteur “module” une source lumineuse (visible ou infrarouge selon les systèmes) à très haute fréquence, imperceptible à l’œil, et un récepteur capte ces variations pour reconstruire les données. L’intérêt, pour un intégrateur, saute vite aux yeux : la couverture est naturellement “contenue” dans la pièce (la lumière ne traverse pas les murs comme les ondes radio), on limite fortement les risques d’écoute à distance, et on peut travailler dans des environnements où les RF sont indésirables, perturbées ou carrément interdites.
Ce que pureLiFi annonce et montre au CES 2026
Sur le CES 2026 de Las Vegas, pureLiFi met en avant deux nouveautés côté usages “grand public / prosumer / entreprise” : la présentation nord-américaine de Bridge XC et la première démonstration publique du LiFi Cube Mini. L’idée assumée est de régler à la fois un sujet de connectivité très concret (faire entrer un accès haut débit dans un bâtiment sans travaux) et un sujet sécurité très terre-à-terre (réduire l’exposition radio d’un réseau local, surtout avec le télétravail et les postes nomades).
Bridge XC : faire passer le haut débit par la fenêtre, littéralement
Bridge XC, c’est un produit qui s’attaque au “dernier mètre” des accès haut débit quand le lien arrive bien… mais s’effondre dès qu’il doit traverser l’enveloppe du bâtiment. pureLiFi vise ici les déploiements 5G/4G FWA, mais aussi des accès satellite ou même fibre quand il faut “ponter” proprement l’arrivée vers le LAN intérieur. Le principe : placer un équipement à l’extérieur (typiquement un CPE 5G) et transporter le débit vers l’intérieur à travers une fenêtre via un lien LiFi, sans perçage, sans traversée de mur, et avec une installation simplifiée.
pureLiFi insiste sur une liaison LiFi bidirectionnelle 1 Gbit/s et une faible latence, avec une promesse très claire : “pas de compromis” sur la performance, et un usage compatible avec des offres premium (c’est typiquement le point qui intéresse un installateur quand il doit garantir un résultat, pas juste “ça marche à peu près”).
Côté pose, le discours est volontairement orienté terrain : un module côté intérieur, un module côté extérieur, fixés de part et d’autre de la vitre, puis raccordement. Le fabricant parle d’un scénario “no drilling, no cables, no mess”, donc nous sommes bien sur une logique d’installation rapide, reproductible, et surtout compatible avec des contraintes MDU (immeubles), locaux tertiaires, boutiques, ou logements où “percer, ce n’est pas possible” (ou “ce n’est pas autorisé”, ce qui revient souvent au même…).
Le petit twist technique qui change la donne pour beaucoup de chantiers : Bridge XC s’appuie aussi sur une solution d’alimentation sans fil (en partenariat avec Solace Power) pour fournir l’énergie de l’intérieur vers l’extérieur, et éventuellement alimenter le modem/équipement haut débit en plus du pont LiFi. En pratique, cela veut dire moins de contraintes de câblage, moins de risques liés à une alimentation extérieure, et une installation plus “propre” en façade.
Enfin, pureLiFi indique que Bridge XC est en essais terrain avec de grands opérateurs et que le CES est l’occasion de le voir avant un déploiement commercial annoncé “plus tard dans l’année”.
LiFi Cube Mini : le hotspot LiFi pensé comme une “bulle” de sécurité
Deuxième annonce CES : le LiFi Cube Mini, présenté comme une déclinaison compacte d’un savoir-faire déjà utilisé dans des contextes défense/sécurité, mais adapté à un usage entreprise et “prosumer”. L’idée n’est pas de remplacer tout le Wi-Fi d’un site, mais plutôt de proposer un point d’accès personnel qui crée une zone de connectivité par la lumière, décrite comme un “cone of connectivity” qui reste dans la pièce. Traduction opérationnelle : on réduit fortement le risque d’interception “depuis le parking” ou “depuis le couloir”, et on évite aussi une partie des soucis de congestion radio.
Le constructeur indique que le LiFi Cube Mini peut se connecter à un réseau standard, ou venir en complément direct de Bridge XC pour profiter à l’intérieur de la pleine bande passante récupérée à l’extérieur. Pour un intégrateur, c’est intéressant : on peut imaginer une approche modulaire, où Bridge XC résout l’arrivée haut débit, et Cube Mini sécurise/qualifie l’accès local pour un poste sensible, une salle de réunion, un espace direction, un coin “support VIP”, etc.
Kitefin XE : du LiFi “room-filling” pour les environnements où la radio pose problème
Sur la partie plus “défense / industriel”, pureLiFi met en avant Kitefin XE, une solution LiFi annoncée comme un point d’accès couvrant plus de 80 m², avec une connectivité haut débit, faible latence, et surtout sans radiofréquences. L’argument est simple : fournir du sans-fil là où le Wi-Fi est inadapté (sécurité, contraintes RF, interférences, politique SSI, zones sensibles…).
Kitefin XE est présenté comme supportant accès multiple, roaming et mobilité, pour se rapprocher d’une expérience “à la Wi-Fi”, mais sur le spectre lumineux. Le système s’appuie sur un Access Point (AP) qui communique sans fil avec un client USB, annoncé compatible Android, Windows et Linux. Des options de déploiement Ethernet, fibre et PoE+ sont également possibles, ce qui parle directement aux intégrateurs réseau qui câblent et alimentent.
Dernier point clé : compatibilité IEEE 802.11bb et capacité à s’intégrer dans une infrastructure 802.11 existante, avec un discours “plug & play” aux côtés des réseaux sans-fil actuels. Dit autrement : pureLiFi cherche à éviter l’effet “solution exotique impossible à maintenir”.
Ce que ça change, concrètement, pour les installateurs
Bridge XC, c’est potentiellement une nouvelle corde à l’arc sur les chantiers où la connectivité est un frein à la vente d’un système (vidéosurveillance, alarme, supervision énergétique, GTB légère, domotique, bornes, etc.). Un client vous dit “j’ai la 5G FWA mais à l’intérieur c’est instable”, ou “la box doit être côté fenêtre sinon ça rame”, ou “je ne veux pas qu’on perce” : Bridge XC cible exactement ce genre de contexte, avec une logique d’installation rapide et propre.
Le LiFi Cube Mini et Kitefin XE, eux, ouvrent une discussion différente : celle des réseaux locaux à exposition radio réduite. Ce n’est pas “le Wi-Fi est mort”, évidemment. Mais pour des espaces précis, un poste nomade sensible, une salle confidentielle, un atelier où les RF perturbent (ou sont perturbées), le LiFi devient une option très pragmatique : la sécurité “physique” (la lumière reste dans la pièce) s’ajoute aux couches de sécurité réseau classiques.
Points d’attention à garder en tête avant d’en faire une solution standard
Le LiFi impose une réalité simple : il faut gérer la propagation lumineuse. On parle souvent de “ligne de vue”, mais dans la pratique, la réflexion sur les surfaces et la conception optique des émetteurs jouent beaucoup. En installation, cela se traduit par du placement, de l’orientation, et parfois une réflexion sur l’aménagement (une contrainte, oui, mais aussi une forme de contrôle très appréciable quand on cherche à cloisonner).
Sur Bridge XC, la fenêtre devient un “passage” réseau : il faudra donc intégrer les questions de vitrage, d’exposition, de tenue mécanique, et de cheminement côté LAN intérieur (Ethernet, Wi-Fi, LiFi, ou mix, puisque plusieurs modes de raccordement sont possibles).
Sur Kitefin XE, le choix du parc de terminaux compte aussi, car le fabricant met en avant un client USB pour Android/Windows/Linux : très bien pour démarrer, valider un besoin, équiper une équipe, mais à anticiper dans la stratégie poste de travail (ports disponibles, politiques IT, durcissement, etc.).
Merci à l’Observatoire Immobilier Connecté pour son soutien lors de cet évènement incontournable.









