Piero Giorgio Schiannini, ABB : « Améliorer l’efficacité énergétique, réduire l’impact environnemental et optimiser les coûts d’exploitation, le tout grâce aux données. »

Piero Giorgio Schiannini, Global Marketing & Sales Leader, Divisions Smart Power & Smart Buildings, ABB. © ABB

Sous l’impulsion de l’électrification et de la transition vers la décarbonation, la gestion de l’énergie devient un enjeu crucial pour les bâtiments. Parmi les leaders dans les domaines de l’électrification et de l’automatisation, ABB se concentre sur la convergence de l’électrification et des données afin d’améliorer la performance énergétique et de réduire l’empreinte carbone des bâtiments. Piero Giorgio Schiannini, Global Marketing & Sales Leader, Divisions Smart Power & Smart Buildings du groupe ABB, partage cette vision, ainsi que son point de vue sur les principales tendances du marché, notamment l’essor des systèmes de gestion de l’énergie (EMS) et le rôle croissant du courant continu (DC).

Quelle est aujourd’hui votre stratégie de développement produits chez ABB ?
Notre stratégie repose sur une vision claire de l’électrification, depuis la distribution d’électricité jusqu’au point d’utilisation. Notre objectif est simple : améliorer l’efficacité énergétique, réduire l’impact environnemental et optimiser les coûts d’exploitation, le tout en s’appuyant sur les données. Grâce à un plus grand nombre de capteurs, nous pouvons mesurer et analyser les performances à tous les niveaux d’un bâtiment. Cela nous permet de transformer les données en informations exploitables, favorisant ainsi une gestion énergétique plus intelligente et des opérations plus efficaces. Cette approche s’étend à l’ensemble du système, du réseau électrique à l’automatisation des bâtiments et aux usages finaux.

Pourquoi les systèmes de gestion de l’énergie (EMS) deviennent-ils incontournables ?
L’électrification s’accélère rapidement et devient la norme dans la plupart des domaines d’application, du chauffage et de la climatisation à l’eau chaude, en passant par l’éclairage ou les transports. En conséquence, la demande en électricité connaît une hausse structurelle. Dans ce contexte, le défi est clair : comment faire plus avec moins ? Cela implique une compréhension fine des usages, puis par l’optimisation de la distribution. C’est précisément là qu’interviennent les systèmes de gestion de l’énergie, qui permettent de mesurer, d’analyser et de contrôler les flux d’énergie. Il s’agit d’un besoin universel, pertinent pour tous les types de bâtiments, quelle que soit leur taille. Par exemple, dans les projets de rénovation, l’ajout de capacités de mesure aide à identifier les gains d’efficacité possibles.

Quels sont les grands enjeux technologiques et marchés à venir ?
Plusieurs grandes tendances sont en train de redéfinir le marché. Tout d’abord, le rôle croissant du courant continu (DC), porté par l’expansion des énergies renouvelables, du stockage par batterie et des véhicules électriques. Bien qu’il reste des défis techniques à relever, le DC représente une opportunité considérable, en particulier dans des secteurs à forte croissance comme les énergies renouvelables et les datacenters. L’expansion rapide des datacenters eux-mêmes devient un domaine prioritaire, alors que la numérisation et l’IA continuent de stimuler la demande en électricité. Parallèlement, les énergies renouvelables jouent un rôle de plus en plus central dans le mix énergétique, créant de nouvelles exigences quant à la manière dont l’énergie est produite, gérée et distribuée. Par ailleurs, nous observons une forte croissance dans des régions telles que l’Asie-Pacifique, le Moyen-Orient et certaines parties de l’Afrique, où l’urbanisation et le développement des infrastructures s’accélèrent. Ces marchés investissent massivement dans de nouveaux bâtiments et systèmes énergétiques, souvent en mettant l’accent sur l’efficacité dès le départ. Dans toutes les régions et tous les segments, la tendance est claire : la demande s’oriente vers des bâtiments plus connectés, plus efficaces sur le plan énergétique et plus durables.

Propos recueillis par Alexandre Arène