Les enjeux croissants d’efficacité énergétique, de pilotage des usages et de cybersécurité, entraînent le marché vers des architectures toujours plus intégrées et sécurisées. Dans ce contexte, Schneider Electric structure sa stratégie autour de la durabilité, de la simplification des déploiements et de l’intégration des nouveaux enjeux énergétiques. Sami Shaikh, Global Strategy & Product Leader KNX chez Schneider Electric, détaille les orientations du groupe, leur déclinaison sur le marché français et les principales innovations présentées à Light + Building.
Quelle est votre stratégie globale pour le développement des solutions en KNX ?
Notre stratégie KNX est directement alignée sur notre vision globale : durabilité et efficacité énergétique. Nous concentrons nos développements sur l’optimisation des usages, notamment l’éclairage et le CVC, dans le résidentiel comme dans le tertiaire, avec une volonté d’étendre progressivement cette approche au secteur de l’hôtellerie. La cybersécurité est un axe structurant. Nous faisons évoluer l’ensemble de notre portefeuille pour répondre aux exigences du Cyber Resilience Act et de KNX Secure à horizon 2027. Cela implique des transformations matérielles profondes et mobilise aujourd’hui une part importante de nos équipes R&D. Nous travaillons également à simplifier le quotidien des intégrateurs : réduction du nombre d’outils, interfaces plus intuitives, configuration simplifiée, monitoring ou maintenance à distance. L’objectif est de gagner en efficacité et d’ouvrir la voie à de nouveaux services, notamment en maintenance et en exploitation. Enfin, l’énergie est un pilier clé. Avec l’essor des renouvelables, du stockage et des véhicules électriques, les bâtiments deviennent plus complexes à piloter. KNX joue un rôle central pour orchestrer ces flux et améliorer la performance globale.
Comment cette stratégie se décline-t-elle sur le marché français ?
La France fait partie des marchés prioritaires et ses exigences sont intégrées dès la conception des produits. Nous ne développons pas de gammes spécifiques : les solutions sont globales, avec une adaptation systématique aux normes locales. Le marché français en KNX reste dynamique, porté par le résidentiel, le petit tertiaire et les rénovations. Le report du décret BACS n’a pas significativement ralenti cette dynamique, KNX étant davantage positionné sur des projets complets. Nous visons une conformité totale au Cyber Resilience Act d’ici fin 2027 pour l’ensemble de nos produits. En parallèle, les innovations, notamment autour de l’IoT, du cloud et des applications, sont déployées progressivement. Nous tenons à proposer des solutions complètes intégrant produits, contrôle, supervision, applications et services, avec une attention particulière portée à la simplicité de mise en œuvre et d’exploitation.
Quelles nouveautés produits KNX avez-vous présentées sur Light + Building ?
Elles s’articulent autour de trois axes : simplification, cybersécurité et efficacité énergétique. Côté outils, ETS 6.4, avec Smart Linking et eConfigure simplifient et accélèrent la configuration des projets. Sur le plan des équipements, nous introduisons une nouvelle génération de produits KNX Secure conformes CRA : boutons-poussoirs avec affichage dynamique, actionneurs de commutation jusqu’à 20 A pour des applications tertiaires exigeantes, multicapteurs intégrant température et humidité. Nous développons également des solutions KNX IoT, notamment en sans-fil, pour répondre aux besoins des rénovations et faciliter l’intégration avec des écosystèmes existants, avec une évolution prévue vers Matter. Enfin, nous faisons un pas de plus vers l’efficacité énergétique, avec de nouveaux tableaux de bord et des applications permettant de visualiser et piloter les flux énergétiques (production, consommation, stockage, recharge de véhicules).
Propos recueillis par Alexandre Arène






