BACS Flex Ready, pour consommer au bon moment en garantissant le confort

Les bâtiments équipés de système de pilotage BACS conforme « Flex Ready » sont pour les gestionnaires de bâtiments la clé de voûte du combo gagnant : intégration des nouveaux usages électriques (PAC, IRVE), sobriété et flexibilité énergétique. Ils ouvrent ainsi la voie à de nouveaux modèles de rémunération pour les responsables immobiliers. Dans ce dossier, J3e décrypte le rôle des BACS Flex Ready comme levier de performance énergétique et économique.

Selon RTE, la flexibilité se définit comme la capacité d’un moyen de production, de consommation ou de stockage à moduler à la hausse ou à la baisse son injection ou son soutirage sur le réseau. Par ailleurs, le bâtiment tertiaire joue un rôle majeur dans les appels de puissance en période de pointe – mais représente aussi un gisement de capacité de flexibilité –, car certains de ses usages majeurs (chauffage, ventilation, climatisation…) peuvent être facilement effacés ou décalés.

Cette capacité du bâtiment tertiaire est un levier clé du plan national d’électrification des bâtiments qui vise notamment, d’ici 2030, à installer un million de pompes à chaleur par an et 400 000 bornes de recharge pour véhicules électriques.

« Face à cette transition attendue du bâtiment vers l’électrique, le pilotage énergétique s’impose comme un allié essentiel. Les systèmes de gestion technique du bâtiment (BACS), en intégrant les fonctionnalités “Flex Ready”, offrent aux gestionnaires un levier concret pour optimiser les usages énergétiques, en maîtriser les coûts et renforcer la soutenabilité économique de leurs investissements », souligne Delphine Eyraud Galant, déléguée Bâtiments au sein du GIMELEC.

« La création de la marque Flex Ready et de son référentiel constitue un outil de standardisation nécessaire pour transformer la flexibilité énergétique en un “réflexe opérationnel” dans le bâtiment tertiaire, en France et en Europe », introduit Guillaume Cayeux, directeur relations industrielles & territoires chez Schneider Electric France.

Avec un objectif premier de lever les barrières techniques liées à la multiplicité des protocoles propriétaires, Flex Ready a permis de :
– Standardiser les interfaces techniques et les données échangées entre les acteurs du bâtiment et les acteurs du système électrique (fournisseurs, agrégateurs, réseaux) ;
– garantir l’interopérabilité via des API standardisées, permettant au bâtiment de recevoir des signaux de prix ou de tension réseau et de choisir d’y répondre automatiquement.

« Cette année, la France passera à un déploiement massif du standard, en s’appuyant sur les flexibilités prévues par la PPE 3 et sur la tarification dynamique. À horizon 2030, l’objectif est d’atteindre 100 000 bâtiments tertiaires pilotés, permettant de mobiliser plus de 6 GW de flexibilité lors des pics de consommation ou des alertes EcoWatt », complète l’expert de Schneider Electric.

Objectif visé en filière : 100 000 bâtiments pilotés et Flex Ready en 2030. © Gimelec

Delphine Eyraud Galant rappelle que ce référentiel est porté par RTE, ENEDIS, le GIMELEC et Think Smartgrids, ce dernier en assurant la propriété et l’animation. « Et au-delà du mode de communication standardisé entre les acteurs pour mettre en œuvre la flexibilité, la fonctionnalité Flex Ready est aussi, pour les gestionnaires de bâtiments tertiaires, une option gagnante pour profiter d’incitations tarifaires à consommer au bon moment. La marque permet d’identifier les systèmes de pilotage ayant cette fonctionnalité », ajoute l’experte.

Légende Delphine Eyraud Galant, déléguée Bâtiments du GIMELEC. © Gimelec

RTE, ENEDIS, GIMELEC, IGNES, Think Smartgrids, la SBA et ACTEE (FNCCR) publient le baromètre annuel des flexibilités. Ce baromètre suit chaque année l’évolution des flexibilités de consommation pour optimiser le système électrique et évaluer les prérequis techniques et économiques nécessaires à leur généralisation. L’édition 2026 est parue le 16 avril dernier.

« La technologie est désormais mature et évolue pour répondre aux besoins du marché, mais le vrai défi reste humain et organisationnel. Pour y faire face, la filière a donc développé un cadre de référence technique et organisationnel complet (cahiers des charges et standard d’échanges, référentiels de commissionnement, cybersécurité, etc.), servant à la fois d’outil opérationnel pour les acteurs de l’immobilier et de support de formation pour monter en compétences, souligne Delphine Eyraud Galant, du GIMELEC. C’est une formidable boîte à outils à copier/coller sur le terrain, portée en filière au bénéfice des acteurs de l’immobilier. Tous ces référentiels sont par ailleurs des outils pour soutenir la montée en compétences de tous les acteurs impliqués. »

Pour généraliser la mise en conformité des bâtiments et l’adoption du Flex Ready, le GIMELEC et ses partenaires demandent le soutien d’un grand programme CEE (certificats d’économies d’énergie) dédié.

Un référentiel qui accompagne la montée en compétence de la filière
« Ce standard facilite la génération de nouveaux gains économiques liés à la flexibilité pour l’ensemble de la chaîne de valeur du bâtiment – des industriels aux utilisateurs –, tout en contribuant à l’équilibre du réseau électrique, explique Cédric Peltier, délégué général de l’association Think Smartgrids. Il permettra aux fabricants de matériel et de logiciels de proposer des solutions compatibles et pérennes avec les différents acteurs de la flexibilité sur le marché, et aux installateurs et gestionnaires de bâtiments de ne plus avoir à s’intégrer dans des protocoles propriétaires. Pour les opérateurs d’effacement, la conformité Flex Ready garantit une réponse fiable et sécurisée des bâtiments aux appels de flexibilité, tout en réduisant les coûts d’intégration technique et en facilitant le passage à l’échelle grâce à un parc de matériel compatible beaucoup plus large. Quant aux fournisseurs d’énergie, le standard leur offre une interface commune pour diffuser des signaux tarifaires, mieux engager les clients dans une consommation optimisée et proposer de nouveaux services, ajoute l’expert de Think SmartGrid. »

Pour les utilisateurs et les gestionnaires de bâtiments, les pilotes, tant publics que privés, ont tous démontré des bénéfices économiques tangibles, tout en maintenant un bon niveau de confort et d’usages.

Cédric Peltier, délégué général de Think Smartgrids. © DR

« Grâce à sa conformité avec les normes européennes de communication, le référentiel permet également d’assurer une utilisation au-delà du périmètre France. Enfin, dans le courant de l’année, un processus d’attribution de la marque Flex Ready au travers d’un processus d’approbation sera mis en place pour les solutions des offreurs tant hardware que logicielles », complète l’expert de Think Smartgrids.

La flexibilité tertiaire et sa valorisation
Pour les gestionnaires de bâtiments, l’un des bénéfices immédiats est la capacité du système à minimiser la facture d’électricité en automatisant les décalages de consommation.

« Au-delà de la flexibilité implicite – heure pleine, heure creuse – proposée par un BACS que l’on pourrait qualifier de “classique”, le BACS Flex Ready va permettre de recevoir et d’interpréter des signaux tarifaires complexes (comme les offres “Bloc + Spot”) pour programmer les appareils et usages en fonction des différences de prix au cours de la journée », détaille Guillaume Cayeux, de Schneider Electric.

Guillaume Cayeux, directeur relations industrielles – Schneider Electric France. © Schneider Electric

La flexibilité offre un second avantage économique : en lissant la consommation, elle permet de maintenir la puissance souscrite du bâtiment et d’éviter des travaux coûteux pour renforcer le réseau, surtout avec l’essor des usages électriques (bornes de recharge, pompes à chaleur, etc.).

« En consommant lorsque l’électricité est abondante et décarbonée, le bâtiment aide ainsi à réduire l’écrêtement des énergies renouvelables – ou cloche solaire – en journée et à limiter le recours aux centrales thermiques carbonées lors des pointes », note l’expert de Schneider.

Le référentiel ne se limite pas à l’effacement ponctuel de crise et peut être valorisé avec trois types de flexibilités complémentaires :
· La flexibilité structurelle et régulière ou flexibilité implicite : il s’agit d’une programmation fixe visant à optimiser la facture au quotidien en décalant les usages (chauffage, eau chaude, recharge VE) vers les heures creuses. L’objectif est de transformer la courbe de charge de manière durable.
· La flexibilité dynamique et continue ou flexibilité explicite : elle permet d’ajuster plus finement la consommation en fonction de signaux de prix ou de besoins réseau reçus via API, avec un préavis allant de quelques jours à une heure. Le client signe alors un contrat avec un opérateur d’effacement ou agrégateur, qui vend ses capacités agrégées de modulation sur les marchés de l’énergie ou via le mécanisme de capacité de RTE.
· Le passage de NEBEF à NEBCO : un changement majeur est intervenu en septembre 2025 avec le mécanisme NEBCO (notification d’échanges de blocs de consommation), qui remplace le concept historique d’effacement (NEBEF) par celui de décalage de consommation. Cela permet aux agrégateurs de valoriser non seulement une baisse de consommation, mais aussi une hausse (en report ou anticipation), rendant la modulation plus dynamique.

« Il existe ainsi des modèles de partage de valeur où l’agrégateur capte la valeur sur les marchés d’énergie et la redistribue selon un pourcentage négocié aux parties prenantes du bâtiment : propriétaire, prestataire de maintenance ou locataire », ajoute Guillaume Cayeux.

Cybersécurité, une priorité pour le bâtiment BACS Flex Ready Fin d’année dernière, le référentiel Flex Ready a franchi une nouvelle étape avec la mise à disposition de contenus dédiés à la cybersécurité. L’objectif est d’être ainsi prêts à contribuer à la flexibilité énergétique, mais également de donner au smart building les moyens de protection des données et usages face aux menaces numériques.

« La connexion du bâtiment vers l’extérieur via internet oblige à faire de la cybersécurité une priorité, et c’est pour cela que le référentiel impose l’intégration d’un socle de cybersécurité de référence*, élaboré en collaboration avec l’ANSSI. Le référentiel inclut notamment des mesures comme l’authentification (OAuth 2.0), le chiffrement des flux (TLS) et la validation des entrées/sorties via API. Pour être labélisé Flex Ready, un système doit donc prouver sa robustesse face aux menaces numériques, garantissant que les ordres de flexibilité ne compromettent pas la sécurité des équipements critiques ou du réseau », ajoute l’expert de Schneider Electric.

Les interfaces du système BACS dans le cadre de la flexibilité. © GIMELEC

BACS connectés Flex Ready, les fournisseurs de logiciels sont partie prenante
Pour Fabien Boissié, ingénieur avant-vente au sein d’Arc Informatique, éditeur de la plateforme de supervision PcVue, « le BACS Flex Ready, bien que non obligatoire selon le décret BACS, représente une solution 3-en-1 pour les gestionnaires de bâtiments qui permet à la fois de réduire la consommation, de profiter d’offres tarifaires avantageuses en adaptant les usages, et de participer à la décarbonation ».

Fabien Boissié, ingénieur avant-vente et relations partenaires Arc Informatique.

La flexibilité repose sur les systèmes de gestion énergétique (BACS, GTB, BMS/CEMS), qui coordonnent et optimisent l’ensemble des usages, y compris ceux pouvant être modulés ou effacés. En tant qu’adhérents de Think Smartgrids, du GIMELEC et de la SBA, Arc Informatique est impliqué dans la construction du référentiel et intègre la fonctionnalité Flex Ready dans la plateforme PcVue. « Plus précisément, la solution utilise l’API standardisée Flex Ready dans ses deux volets : agrégateurs de flexibilité et fournisseurs d’électricité », explique Fabien Boissié.

Exemple d’écran PcVue de suivi fonction Flex sur un bâtiment. © Arc Informatique

« La feuille de route de PcVue pour la flexibilité est somme toute assez simple, la brique technologique ajoutée a été conçue pour échanger avec n’importe quel agrégateur respectant le standard exigé par Flex Ready, en s’appuyant sur l’interopérabilité existante de notre solution. Elle permet aussi d’intégrer de nouveaux paramètres utiles, comme les données météo, les signaux du réseau électrique (EcoWatt) ou encore les informations déjà disponibles dans les GTB des clients (CVC, éclairage, bornes de recharge, etc.). La suite PcVue s’avère clé pour mettre en place une stratégie d’effacement, les exploitants peuvent ensuite prendre des décisions en fonction de scénarios d’actions proposés pour assurer des performances optimales et aller plus loin en paramétrant leurs propres scénarios selon leurs cas d’usages », explique l’expert.

« Un projet est en cours pour tester le pilotage et l’effacement d’une CTA et de deux PAC au sein d’un immeuble tertiaire. Une fois la puissance effaçable validée, l’expérience sera étendue à d’autres CTA et usages (comme les bornes de recharge). Fort de ce retour, le maître d’ouvrage compte déployer ce service pour plusieurs de ses clients », indique Fabien Boissié.

Hors bâtiments publics, les secteurs prioritaires – bureaux, commerce, enseignement – tirent la dynamique : ils concentrent 70 % des surfaces tertiaires à équiper et les deux tiers des systèmes de pilotage déjà déployés en France. Les collèges, les bureaux et les grandes enseignes commerciales s’y distinguent particulièrement.

« La suite logicielle Avob en mode SaaS joue le rôle de chef d’orchestre, car elle centralise le suivi et le pilotage de tous les usages, y compris ceux modulables ou effaçables, pour former un ensemble cohérent et faciliter la gestion de la flexibilité », présente Olivier Sudan, directeur général d’Avob.

L’architecture repose sur l’Avob Energy Box, installée dans le bâtiment. Elle connecte les équipements techniques, les sous-comptages électriques et les sondes de confort via des protocoles interopérables avec les GTB ou automates existants, et centralise les données structurées du bâtiment pour échanger de manière sécurisée et bidirectionnelle avec la plateforme SaaS de gestion énergétique multisites.

« C’est la plateforme de gestion d’énergie My Energy Manager qui porte les interfaces standards Flex Ready pour échanger avec les agrégateurs de capacités ou les fournisseurs. Avec le label Flex Ready, l’API permet de se plugger à n’importe quel opérateur compatible de manière très simple. Par exemple, sur ordre d’un bloc d’effacement de 1 MW provenant de l’agrégateur, il va être possible au niveau du module de gestion d’énergie d’activer les changements ad hoc pour diffuser les consignes sur les différents équipements effaçables des bâtiments en répartissant la charge sur différents bâtiments et clients », souligne Olivier Sudan.

Olivier Sudan, directeur général Avob.

Il va ainsi être possible de gérer une capacité diffuse sur de nombreux bâtiments et apporter une rémunération complémentaire aux gestionnaires de ces immeubles. L’algorithmie de répartition entre les bâtiments est préprogrammée dans la solution en fonction des signatures énergétiques des sites pour ne pas impacter le confort dans les bâtiments. Le but est d’intervenir automatiquement et à distance sur les usages les plus énergivores (chauffage, ventilation, climatisation, production d’eau chaude), de manière transparente et sans impact pour l’occupant.

« La solution d’Avob a été la première à démontrer en réel la mise en œuvre du standard Flex Ready en juin 2025 dans le cadre du projet de flexibilité développé avec Morbihan Énergies visant à équiper plus d’une centaine de bâtiments publics », conclut Olivier Sudan.

Les défis de la gestion énergétique flexible
La gestion énergétique du secteur tertiaire fait face à plusieurs défis majeurs, comme l’explique Guillaume Cayeux, de Schneider Electric. « En hiver, ce secteur représente un tiers de la consommation nationale entre 7 h et 11 h, sollicitant fortement le réseau et nécessitant souvent le recours à des moyens de production carbonés. Par ailleurs, 55 % des systèmes BACS seraient mal exploités ou mal paramétrés, ce qui limite leur performance, alors qu’un simple reparamétrage pourrait restaurer leur efficacité. » Un autre obstacle est le manque de visibilité sur les données, de nombreux bâtiments n’étant pas équipés d’outils de mesure précis par zone ou usage.

L’intégration croissante des énergies renouvelables (solaire, éolien) et des nouveaux usages, comme les bornes de recharge, pose également des défis : il faut absorber les surplus de production décarbonée et gérer les pics de puissance induits par ces équipements. Le déficit de compétences sur site aggrave la situation, les services techniques étant souvent surchargés ou peu formés au pilotage numérique.

Enfin, la complexité de la chaîne d’acteurs (propriétaires, locataires, mainteneurs) et l’absence de motivation tarifaire jusqu’à récemment ont freiné l’adoption de pratiques plus flexibles et optimisées.

« La filière s’attache actuellement à clarifier les rôles et à renforcer les incitations, mais la technologie est déjà mature. Le passage à l’échelle aura bien lieu, car la filière adresse la simplification des outils, l’équation économique via la rémunération de la flexibilité, et la professionnalisation durable de l’exploitation », conclut l’expert de Schneider Electric.

BACS et Flex Ready : bien analyser le potentiel des équipements techniques en place
« Sans GTB ni système BACS, pas de flexibilité. La GTB est le prérequis absolu, parce que c’est elle, et elle seule, qui permet de commander les équipements à distance et de les piloter en fonction d’un signal extérieur, qu’il s’agisse de la charge du réseau, d’un signal d’effacement ou d’un signal tarifaire », pose Maxime Duvauchelle, CEO d’Alva Systèmes, intégrateur et installateur de GTB multimarque.

C’est aussi, aujourd’hui, l’une des principales contraintes de déploiement de la flexibilité dans le tertiaire : le Flex Ready suppose au préalable un bâtiment équipé d’une GTB conforme au décret BACS. « Sur le terrain, cela impose de mener deux logiques en parallèle : d’un côté, la mise en conformité BACS, de l’autre, l’intégration de la fonctionnalité Flex Ready. Les deux chantiers gagnent à être pensés ensemble dès l’amont, plutôt que séquentiellement, pour éviter les doubles interventions et optimiser l’investissement », souligne l’expert.

Pour les bâtiments déjà équipés d’une GTB conforme BACS, l’enjeu se déplace : il s’agit de vérifier, à la fois sur le plan technique et sur le plan financier, que l’infrastructure existante peut accueillir la flexibilité – capacité de communication des équipements, ouverture des protocoles, coût d’évolution des automates et de la supervision, notamment.

C’est précisément le rôle de l’audit. « Pour mettre en place une GTB conforme au décret BACS, et ensuite être prêt pour la flexibilité électrique, la première étape essentielle est de réaliser un audit technique du site. Cet audit doit être mené par un expert indépendant, garantissant des conseils détaillés, neutres et objectifs », explique Maxime Duvauchelle.

Maxime Duvauchelle, CEO Alva Systèmes.

L’audit doit identifier notamment :
· les principaux postes de consommation ;
· les équipements existants – à conserver, à optimiser ou à remplacer – et leurs moyens de communication et potentiel d’interopérabilité, et notamment vis-à-vis du Flex ;
· les solutions et scénarios adaptés pour atteindre les objectifs des classes A, B ou C du décret.

Un audit bien mené peut aussi révéler de mauvaises pratiques, facilement corrigées par de simples réglages. Une fois la gestion du bâtiment optimisée, le remplacement des équipements peut devenir utile, en particulier sur le volet de la communication et de l’interopérabilité, ce point étant incontournable pour aborder la flexibilité électrique.

L’audit est donc le véritable point d’entrée clé, et c’est pour cela qu’Alva Systèmes a publié sur LinkedIn une forme de référentiel d’audit BACS, déjà utilisée par notre société et mise à disposition de tous les acteurs.

« La flexibilité ne s’applique qu’aux équipements électriques : les solutions au gaz ou raccordées au chauffage urbain ne permettent pas vraiment d’y participer, mais la digitalisation des bâtiments et l’électrification du chauffage ouvrent donc un gisement clé de flexibilité, avec un double avantage, à savoir se libérer des énergies fossiles et bénéficier de revenus (jusqu’à 3 k€/an à 5 k€/an) via les mécanismes d’effacement », précise Maxime Duvauchelle.

Mais la flexibilité ne se résume pas à activer ou couper des équipements au gré des signaux du réseau. « Il faut s’assurer que les actions de flexibilité ne génèrent pas de surconsommations et n’usent pas prématurément les équipements. Le principe consiste souvent à préchauffer le bâtiment pendant les heures creuses du réseau électrique pour ne pas tirer en heures de pointe : on coupe alors le chauffage ou la climatisation pendant quelques heures, sans impact pour les occupants », détaille l’expert.

Cela suppose surtout que les consignes de flexibilité soient pensées en concertation avec la GTB, qui dispose déjà d’une programmation par défaut du chauffage, de la climatisation et des autres usages. « L’enjeu, c’est de travailler en harmonie entre l’intégrateur GTB et l’opérateur de flexibilité, pour que les ordres reçus de l’extérieur s’articulent proprement avec la régulation existante du bâtiment, sans la perturber. À titre d’illustration, Alva Systèmes a mis en œuvre un process d’effacement sur les rooftops de deux hypermarchés, avec une diminution des consignes de quelques degrés sur les horaires de pointe de consommation », poursuit Maxime Duvauchelle. La programmation de la boucle locale de régulation du rooftop a été modifiée pour prendre en compte le signal de flexibilité, le point critique étant l’interface entre la GTB et l’opérateur d’effacement. Sur ce dernier point, l’interface BACS Flex Ready apportera une simplification majeure par la standardisation des échanges, en lieu et place d’échanges propriétaires entre opérateurs et GTB, avec des API et des formats différenciés par partenaire.

Jean-François Moreau

* Volet cybersécurité du référentiel Flex ready.