Reolink au CES 2026 : l’IA locale qui transforme la vidéosurveillance en outil d’analyse

Sur le CES 2026, Reolink met clairement l’accent sur une idée simple : la caméra ne doit plus seulement “filmer”, elle doit aider à comprendre, retrouver et prioriser ce qui compte.

Derrière les annonces (AI Box, nouvelle série OMVI, gamme “Power-Efficient”, projecteur solaire), le fil rouge est le même : pousser l’IA au plus près de l’image, en local, pour gagner en réactivité et garder la main sur les données.

Ce que l’IA change vraiment en vidéosurveillance

Nous avons publié en juin 2025 un dossier complet sur l’intelligence artificielle et ce qu’elle peut apporter dans de nombreux domaines. Bien évidemment, cette année encore l’IA est sur toutes les bouches au CES. Et un domaine est particulièrement intéressant pour l’IA : la vidéo surveillance. Dans la plupart des installations, le premier irritant n’est pas la qualité d’image : c’est le temps perdu. Temps perdu à trier des alertes “mouvement”, temps perdu à faire défiler une timeline, temps perdu à chercher “le moment où…”. L’IA, quand elle est bien utilisée, sert d’abord à réduire ce bruit et à raccourcir le chemin entre un doute et une preuve.

Reolink structure ce “gain de temps” autour de fonctions d’IA sémantique : créer des règles en langage naturel, décrire automatiquement une scène, résumer une journée, et surtout retrouver un événement par simple requête textuelle. L’objectif affiché : passer d’une surveillance passive à une reconnaissance proactive, avec un traitement “privacy-first” directement sur l’équipement.

Pour un installateur, c’est un point clé : quand l’IA reste locale, on limite la dépendance à un abonnement, on réduit les latences liées au cloud, et on simplifie aussi le discours conformité/confidentialité (surtout en environnement pro ou en sites sensibles).

Reolink AI Box : l’IA locale comme “surcouche” d’intelligence

Première nouveauté mise en avant : la Reolink AI Box, présentée comme un hub d’IA autonome. Elle s’appuie sur une plateforme Qualcomm (Dragonwing Q8 Series) pour exécuter localement les calculs d’analyse vidéo, de recherche et d’interprétation, sans faire transiter l’intelligence dans le cloud.

L’intérêt, c’est aussi la logique “mise à niveau” : l’AI Box s’intègre à l’écosystème Reolink (caméras, NVR, Home Hub) et vise à apporter des fonctions avancées même à des produits existants, sans remplacement matériel côté caméras, via une configuration annoncée comme simple (à l’exception des caméras 4G).

Côté fonctions, Reolink met quatre briques en avant, très parlantes sur le terrain. D’abord les alertes “sur prompt” : au lieu d’un simple déclencheur de mouvement, l’utilisateur peut décrire une logique en langage naturel (exemple donné : distinguer un comportement anodin d’une action clairement suspecte) pour recevoir une notification plus contextualisée.

Ensuite, la “description d’événements” : l’IA interprète la scène, décrit l’événement clé et le classe selon plusieurs niveaux de risque. Typiquement, cela peut aider un client à voir tout de suite ce qui mérite attention, sans passer 30 minutes à douter devant des ombres et des phares.

Troisième brique : le résumé intelligent. L’idée n’est pas un gadget “marketing”, mais un vrai condensé exploitable : tendances, moments importants, risques potentiels “en un coup d’œil”. Pour un commerce, un atelier, un parking, c’est le genre de fonction qui fait gagner un temps fou au quotidien (et qui réduit le fameux “on ne regarde jamais les enregistrements”).

Enfin, la recherche vidéo IA. Reolink pousse une approche sémantique : transformer les enregistrements en base interrogeable, avec des requêtes du type “homme en veste rouge”, ou un objet/attribut visuel. Le bénéfice est immédiat : on passe d’une recherche par horodatage à une recherche par description.

OMVI : triple optique, 24 MP et suivi “panoramique + PTZ”

Deuxième annonce forte : la série Reolink OMVI, qui vise la couverture totale sans multiplier les caméras. Le modèle mis en avant, OMVI X16 PoE 24 MP, combine une caméra panoramique 16 MP à double objectif (ultra grand-angle 180°) et un module PTZ 8 MP (objectif 16x) pour le suivi et le zoom sur détail.

Des versions OMVI 3 en 18 MP sont également proposées en Wi-Fi et en PoE.

L’approche est intéressante pour les installateurs : une vue large sert de “radar” permanent, puis le PTZ se verrouille sur un sujet dès qu’un mouvement est détecté, en maintenant une image détaillée au-delà du simple champ panoramique. Reolink parle d’une rotation panoramique continue 360° (pan) et d’une inclinaison verticale jusqu’à 140° sur le module pan-tilt.

En pratique, c’est une réponse à un problème classique : soit on met une caméra grand-angle et on perd le détail, soit on met une caméra plus serrée et on rate l’approche. Ici, l’idée est d’avoir les deux en même temps, avec une logique de suivi intelligent synchronisé, et la possibilité de “pointer” un endroit dans la vue panoramique pour y diriger instantanément le PTZ, programmer des rondes, ou lancer des balayages automatiques.

Power-Efficient series : quand le Wi-Fi devient un sujet d’autonomie

Reolink profite aussi du CES pour pousser une “Power-Efficient Series”, annoncée avec une autonomie optimisée grâce à une puce Qualcomm Micro-Power Wi-Fi (QCC730), avec une promesse allant jusqu’à 96% de durée de batterie en plus par rapport à la norme du secteur.

Pour les sites où le tirage de câble est compliqué (dépendances, portails, zones temporaires), c’est un axe intéressant : l’autonomie ne dépend plus seulement de la batterie et du panneau solaire, mais aussi du comportement radio. Dit autrement : moins de réveils inutiles, moins de consommation “de fond”, plus de jours (voire de semaines) gagnés en conditions réelles.

Dernière annonce très “usage” : une caméra projecteur solaire, la Solar Floodlight Cam. Reolink parle d’une 4 MP grand-angle 150°, associée à un panneau solaire 3 W et un projecteur 1000 lumens, avec détection IA et contrôle de l’éclairage. Le fabricant avance un fonctionnement “toute la journée” avec une heure de soleil, et jusqu’à trois mois d’autonomie sur une charge complète sans soleil.

Ce qu’on en retient

Le point le plus marquant, au-delà des nouveaux matériels, c’est la trajectoire : Reolink pousse l’IA vers une logique de plateforme (ReoNeura + AI Box), et pas seulement une série de “détections” sur chaque caméra.

Pour un intégrateur, cela ouvre des scénarios très concrets à vendre et à maintenir : une recherche d’incident en langage naturel lors d’un litige, un résumé quotidien envoyé au responsable de site, une priorisation des événements au lieu d’un mur de notifications, et des règles “métier” plus compréhensibles par un client final parce qu’elles s’expriment en phrases plutôt qu’en réglages ésotériques.

Et puis, soyons francs : une vidéosurveillance qu’on n’exploite pas n’a pas beaucoup de valeur. Si l’IA réduit le temps d’accès à la preuve, tout le monde y gagne… y compris vous, parce qu’un client qui “retrouve tout en 10 secondes” appelle moins souvent pour dire que “la caméra n’a servi à rien” …