Dans un contexte international tendu, marqué par l’assaut des plateformes chinoises d’ultra fast fashion et où les transitions écologiques et numériques sont plus que jamais d’actualité, réindustrialiser la France est une priorité.
Pour répondre à cet impératif, une étape importante a été franchie le 28 janvier : le lancement, à l’initiative de la CPME (président : Amir Reza-Tofighi), de l’Alliance du Fabriqué en France. Elle réunit, autour d’objectifs communs et opérationnels, pour la première fois, organisations patronales, partenaires sociaux et acteurs économiques : la CFTC (président : Cyril Chabanier), la CFE-CGC (président : François Hommeril) le Salon du Made in France (présidente : Fabienne Delahaye), Origine France Garantie (OFG, président : Gilles Attaf), l’Union des Industries Textiles (UIT, président : Olivier Ducatillion) et le Réseau Excellence EPV (président : Tristan De Witte).
L’ambition de l’Alliance est claire : passer du constat à l’action, en valorisant davantage la production française et en recréant de la valeur sur le territoire. « Produire en France, ce n’est pas une nostalgie, c’est une stratégie économique », a déclaré Amir Reza-Tofighi, président de la CPME, en ouverture de la conférence, « Notre modèle social a besoin de valeur créée ici, dans nos entreprises et nos territoires. » Pour y parvenir, l’Alliance va enclencher trois chantiers prioritaires, concrets et complémentaires.
La commande publique, levier clé pour l’activité des PME
Premier chantier, la commande publique est un enjeu central pour les TPE-PME. Aujourd’hui, seuls 22 % des achats publics sont fléchés vers la fabrication française, alors que la commande publique représente au moins 170 milliards d’euros par an. Pour l’Alliance, ce potentiel reste largement sous-exploité.
L’objectif n’est pas de remettre en cause le cadre européen, mais de mieux apprécier la valeur économique globale des achats, au-delà du seul prix facial : emploi local, retombées fiscales et sociales, dynamisme des territoires. Une approche étayée par l’étude UIT/KPMG, qui montre qu’une entreprise produisant en France réinjecte en moyenne 84 % de son chiffre d’affaires dans l’économie nationale, contre 35 % pour un importateur.
« Nous souhaitons prendre des mesures pragmatiques, réalisables dans un temps court et nécessitant peu de moyens financiers », a précisé Olivier Ducatillion, président de l’union des industries textiles et membre du Comex CPME.
Former à la réindustrialisation
Pour relancer durablement la production en France, il faut renforcer les compétences industrielles et mieux répondre aux besoins des entreprises, notamment des PME confrontées à des difficultés de recrutement. L’enjeu est double : adapter l’offre de formation aux réalités économiques et redonner de l’attractivité aux métiers industriels. La formation est ainsi pensée comme un levier structurant pour sécuriser les parcours professionnels, soutenir l’innovation et accompagner la montée en gamme de la production française.
Mobiliser l’épargne pour financer l’industrie
Si l’épargne des Français est abondante, elle reste encore insuffisamment orientée vers l’investissement industriel. L’objectif est d’identifier des solutions permettant de mieux flécher les financements vers les entreprises productives, en particulier les PME, afin de soutenir l’investissement, la modernisation des outils de production et la relocalisation d’activités.
Prochaine étape : la mise à l’agenda politique de ces trois leviers. Avec cette Alliance, la CPME et ses partenaires entendent s’inscrire dans une démarche d’action dans la durée, structurée autour d’une méthode claire : priorisation des chantiers, mesures concrètes, suivi des résultats.
« Le Made in France n’est pas une étiquette, c’est un projet économique et social », rappelle Amir Reza-Tofighi, président de la CPME






