En route vers l’Industrie 5.0 : des solutions au service de la performance énergétique et opérationnelle des sites industriels [Dossier long format J3e]

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La gestion de l’énergie est de plus en plus importante pour les sites industriels, qui doivent faire face à l’augmentation du prix des énergies, à de nouvelles réglementations et à une obligation de compétitivité et de durabilité. Les nouvelles solutions de l’Industrie 4.0 vont leur permettre de faire face à ces contraintes.

La gestion de l’énergie dans l’industrie doit permettre de mesurer et contrôler les consommations d’énergie, et en particulier de l’électricité, dans les différents secteurs d’un site en identifiant les équipements les plus énergivores, de détecter des anomalies de consommation et/ou de fonctionnement de process et de structure dans une démarche d’amélioration.

Ligne de montage automatisée de l’usine Schneider Electric du Vaudreuil. © Schneider Electric

L’Industrie 4.0, axée sur la digitalisation, l’Internet des Objets (IoT), l’automatisation et la connectivité, est déjà une révolution dans le secteur industriel en permettant de gagner en efficacité. Cependant, des limites liées aux enjeux durables, d’un travail toujours plus demandeur en personnalisation font que l’on parle de plus en plus d’une Industrie 5.0 qui tente de s’y adapter en mettant l’Homme au centre du processus de production. L’Industrie 5.0 est une vision industrielle portée par la Commission européenne qui entend redéfinir le rôle de l’industrie dans la société. En plus d’automatiser, l’objectif est de rendre l’industrie plus durable.

Le but est d’allier performance économique, durabilité environnementale et bien-être des employés. Les nouvelles technologies comme la robotique ou l’intelligence artificielle sont des instruments avec lesquels les entreprises peuvent construire des chaînes de valeur plus efficaces et personnalisées. Ensuite vient la question de la durabilité environnementale où l’industrie va adopter des pratiques écoresponsables, favorisant l’économie circulaire, l’optimisation des ressources, la réduction des déchets et des émissions, ainsi qu’une gestion raisonnée et contrôlée de l’énergie.

Olivier Goujon, Business Developer chez Socomec. © Socomec

Car réduire sa consommation énergétique et en particulier électrique est devenu un enjeu financier et sociétal, comme le note Olivier Goujon, Business Developer chez Socomec. « D’après une récente enquête OpinionWay pour CCI France, 85 % des entreprises industrielles déclarent avoir été impactées par la hausse des prix de l’électricité. Si certaines choisissent d’augmenter leurs prix, d’autres tentent de réduire leur consommation, et donc leurs coûts de production.

Dans le même temps, d’ambitieux objectifs gouvernementaux – avec des réglementations, comme le « décret tertiaire », toujours plus exigeantes –, pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050, poussent les entreprises à adopter une consommation plus raisonnée de l’énergie. À cela s’ajoutent des préoccupations grandissantes en matière de responsabilité sociétale et environnementale (RSE). Au-delà de la réduction des coûts de production, celle-ci constitue aussi et surtout un important levier de croissance : image et réputation, attractivité et fidélisation des employés, notamment.

Pour atteindre ces divers objectifs, les industriels doivent mettre en place de nouvelles méthodes et des solutions pour maximiser leurs économies d’énergie et les suivre efficacement. Réduire sa consommation d’énergie n’est néanmoins pas chose aisée. Heureusement, méthodes et normes existent pour les aiguiller ».


ISO 50001, la norme du management de l’énergie

Cette norme ISO 50001 propose des modalités pratiques visant à réduire la consommation d’énergie par la mise en œuvre d’un système de management de l’énergie (SMÉ).

ISO 50001 se fonde sur l’amélioration continue – un modèle de système de management que l’on retrouve dans d’autres normes bien connues, dont ISO 9001 et ISO 14001. Grâce à ce modèle, il est plus facile pour un organisme d’intégrer le management de l’énergie à l’ensemble des efforts qu’il met en œuvre pour améliorer son management de la qualité et son management environnemental.

ISO 50001 définit un cadre d’exigences pour que les organismes puissent :

  • élaborer une politique pour une utilisation plus efficace de l’énergie ;
  • fixer des cibles et des objectifs pour mettre en œuvre cette politique ;
  • s’appuyer sur des données pour mieux comprendre les problèmes liés à la consommation d’énergie et prendre des décisions pour y remédier ;
  • mesurer les résultats ;
  • examiner l’efficacité de la politique ;
  • améliorer en continu le management de l’énergie.

Cette norme s’intègre facilement à d’autres systèmes de management ISO tels qu’ISO 9001 (qualité) et ISO 14001 (environnement).

Comme pour les autres normes ISO de systèmes de management, la certification selon ISO 50001 est une possibilité, mais pas une obligation. Certains utilisateurs décident de mettre en œuvre la norme simplement pour les avantages directs qu’elle procure. D’autres font le choix de la certification pour prouver à des tiers qu’ils mettent en œuvre un système de management de l’énergie.

Publiée en 2018, cette norme a été révisée en 2024 avec l’ajout d’un amendement concernant les actions en lien avec l’environnement et reste bien d’actualité.


Suivre une méthodologie rigoureuse en lien avec les normes et certifications

« En premier lieu, les entreprises peuvent s’appuyer sur une démarche de certification ISO 50001, qui offre un cadre et apporte une méthodologie facilitant l’atteinte des objectifs fixés, explique Olivier Goujon. Elle permet par ailleurs aux entreprises de plus de 250 salariés d’être exemptées des futurs audits, obligatoires tous les quatre ans dans le cadre de la directive européenne 2012/27/UE relative à l’efficacité énergétique. Celle-ci préconise par exemple le remplacement des équipements vieillissants et énergivores, la mise en œuvre de travaux de rénovation ou encore la sensibilisation des usagers.

Fabrication robotisée de l’Usine U2 Socomec-Benfeld. © Socomec

Le décret BACS, quant à lui, correspond à une obligation de moyens qui permettra d’atteindre en partie les objectifs fixés par le décret tertiaire. Il prévoit d’équiper tous les bâtiments non résidentiels de systèmes d’automatisation et de contrôle – plus communément appelés GTB (gestion technique du bâtiment).

Que les industriels soient soumis ou non à ces décrets, ils ont tout intérêt à en suivre les préconisations, voire à se conformer à leurs obligations. Le recours à un système de mesure et de surveillance de l’énergie fiable est alors un prérequis. »


La donnée par usage, clé de voûte d’un système de management de l’énergie certifié et d’une conformité rapide à la loi DDADUE

Pour les entreprises fortement consommatrices d’énergie (au-delà de 23,6 GWh/an), la loi DDADUE rend obligatoire la mise en place d’un système de management de l’énergie certifié à partir d’octobre 2027. Derrière cette expression, il s’agit de mettre en place une politique d’entreprise fondée sur l’amélioration continue de la performance énergétique, certifiée par un organisme accrédité.

« L’ISO 50001, c’est une méthode de pilotage : on définit une gouvernance, on choisit des objectifs, on met en œuvre, on mesure, on ajuste et on continue l’amélioration dans le temps », précise Charles Gourio, cofondateur et président de Smart Impulse.

Dans la pratique, le standard de référence pour construire et faire certifier ce système de management de l’énergie est l’ISO 50001. Cette certification structure la démarche (gouvernance, revue énergétique, objectifs, plan d’action, suivi, audits et revues de direction) et fournit un cadre pour piloter l’amélioration continue.

Elle est délivrée par un organisme tiers accrédité à l’issue d’un processus structuré comprenant les étapes suivantes.

Le point de départ est un plan de comptage par usage. Un système certifié ISO 50001 repose sur une donnée énergétique maîtrisée, capable d’identifier les usages énergétiques significatifs (les postes qui pèsent le plus et/ou offrent le plus fort potentiel d’amélioration). La norme demande de « définir et mettre en œuvre un plan de collecte de données énergétiques » et d’assurer que les équipements de

mesure fournissent des données « exactes et répétables », avec des informations documentées permettant d’en établir la preuve.

Concrètement, cela impose un passage obligé : un plan de comptage par usage dès le démarrage du projet. Sans cette base, il devient très difficile d’établir une situation de référence, de justifier le choix des usages significatifs, de piloter le plan d’action et de démontrer les gains lors des revues et audits. C’est particulièrement vrai pour l’électricité : c’est le « fluide » qui recouvre le plus grand nombre d’usages (éclairage, ventilation, chauffage, climatisation, informatique, process, air comprimé…), donc celui où une consommation globale est la moins « parlante » pour décider et prouver.

« Le plan de comptage est la première étape pour savoir où agir et suivre ce que chaque action a réellement changé dans la durée », souligne Charles Gourio.


Produire vite une donnée fiable par usage, grâce à la métrologie et à l’IA

Produire rapidement une donnée fiable par usage, c’est l’enjeu des solutions que propose Smart Impulse. Le déploiement commence par un cadrage simple (périmètre, objectifs…), puis l’installation d’un compteur Smart X au niveau des armoires électriques principales : c’est non intrusif (rapide et sans coupure d’alimentation) et ne dépend pas du câblage existant, ce qui facilite fortement le déploiement sur des sites anciens ou occupés.

Ensuite, les algorithmes basés sur l’intelligence artificielle réalisent une désagrégation des consommations : à partir du signal électrique, ils reconstituent une vision par usage (éclairage, ventilation, climatisation, bureautique…) et l’instrumentation est fortement limitée. En moyenne, le nombre de compteurs nécessaires est divisé par dix par rapport à une stratégie de sous-comptage traditionnelle par départ, avec à la clé un déploiement plus rapide et une maintenance allégée.

Côté rigueur, les compteurs Smart X disposent d’une classe de précision 0,5 en énergie active (norme IEC 61557-12) et le service de supervision permet un taux de données moyen de 99,9 % : un atout clé pour la fiabilité et l’auditabilité. La donnée est ensuite présentée sur une plateforme ergonomique et devient directement actionnable : tableaux de bord, alertes, rapports hebdomadaires et mensuels, exports et intégration possible dans d’autres plateformes multifluides via API. Les revues énergétiques s’appuient sur le rapport d’analyse Smart DIAG, avec l’accompagnement d’un ingénieur efficacité énergétique, pour transformer la mesure en décisions puis en résultats. En moyenne, nos clients réalisent 15 % d’économies d’énergie en moins d’un an, avec un retour sur investissement inférieur à un an.

« Notre force, c’est d’obtenir rapidement une donnée électrique par usage, fiable et exploitable, sans déployer d’innombrables sous-compteurs, de manière simple et non intrusive, résume Charles Gourio. La certification ISO 50001 (et, plus largement, la conformité attendue dans le cadre DDADUE dès 2027) se construit sur une base indispensable : un plan de comptage par usage, fiable et auditable, particulièrement sur l’électricité. Et c’est exactement ce que Smart Impulse “digitalise” : une mise en œuvre rapide, une donnée par usage rendue lisible par l’IA, et une métrologie robuste pour sécuriser la démarche… et accélérer l’obtention de la certification qui devient atteignable dans des délais de quelques mois. »

L’exemple de la société Sercel : la donnée par usage dès le départ

Céline Turmo Roca, Directrice RSE & HSE de Sercel. © Smart Impulse

Le retour d’expérience de Sercel, branche Équipement du groupe Viridien, illustre parfaitement cette logique de « donnée par usage dès le départ ». L’entreprise a fait de l’ISO 50001 un levier structurant pour optimiser la performance énergétique de ses sites de production (France, États-Unis, Pays-Bas, Chine), sous l’impulsion de Céline Turmo Roca, directrice RSE & HSE, qui pilote la démarche à l’échelle internationale.

Son message est limpide : l’ISO 50001 pousse à une logique d’efficacité : « Corréler la consommation d’énergie et l’activité » (par exemple en kWh par produit) et met l’entreprise d’accord sur un langage commun fait d’indicateurs partagés et d’amélioration continue. Et son conseil n° 1 pour démarrer une certification est sans détour : « Le plan de comptage, c’est la base pour des indicateurs robustes et des actions efficaces », confirme Céline Turmo Roca.

Côté plans d’action, elle souligne la puissance d’une lecture par usage : « Si l’on sait isoler climatisation, chauffage, éclairage…, alors on peut se concentrer sur les équipements qui ont le plus grand potentiel d’amélioration, et confirme que les données par usage suivies toutes les 10 minutes du Smart X sont un outil très performant pour traquer, par exemple, les consommations hors horaires. Les résultats sont concrets : à Nantes (27 000 m²), l’arrêt de pompes de circulation de chaufferie qui tournaient l’été alors que le chauffage était coupé a permis d’éviter 46 MWh, soit 8 280 € d’économies sur la période, et la correction d’une programmation sur l’air comprimé a généré environ 8 000 € d’économies par an. Enfin, parce qu’un système certifié se gagne dans la durée, Sercel structure l’animation : communication régulière (écrans connectés), revues de performance trois fois par an, objectifs chiffrés et mobilisation du terrain avec des repères simples (stickers sur les machines : « Je dois couper/Je peux couper/Je ne peux pas couper »). »


S’appuyer sur des mesures fiables, précises et répétables

Pour accompagner les entreprises dans leur démarche, il existe une méthode normalisée EN 17 267. Pour l’électricité, cette norme européenne s’appuie sur la norme internationale IEC 61557-12, référence en la matière puisqu’elle définit notamment la classe de performance minimale des appareils de mesure qui doivent être installés.

Comme le confirme Olivier Goujon, « les conditions environnementales auxquelles les instruments de mesure sont soumis dans les tableaux électriques imposent la mise en place d’appareils robustes, dont les mesures des paramètres électriques sont assurées d’être suffisamment fiables, précises et répétables.

À ce titre, Socomec propose le système de mesure DIRIS Digiware : polyvalent et répondant parfaitement aux normes en vigueur, il combine la surveillance de la puissance, la qualité de l’énergie et la surveillance du courant résiduel. Seul système multipoint certifié MID au monde, il permet une sous-facturation métrologique légale.

Système de mesure DIRIS Digiware de Socomec. © Socomec

Parce que tout ceci a un coût, les industriels peuvent – dans le cadre des certificats d’économies d’énergie (CEE) – bénéficier d’une prime lorsqu’ils installent ce type de système. Les conditions d’éligibilité à cette aide financière sont spécifiées dans un document, une « fiche d’opération standardisée« , identifiée par le code IND-UT-134 ».

 

Développement des systèmes SCADA avec de nouvelles fonctionnalités

Un système SCADA (Supervisory Control And Data Acquisition) ou système de contrôle et d’acquisition de données, est une combinaison de matériel et de logiciel qui permet l’automatisation des processus industriels en capturant des données de technologie opérationnelle (OT) en temps réel. SCADA connecte les capteurs qui surveillent les équipements d’une chaîne de montage ou d’un atelier tels que les moteurs, les pompes et les vannes, à un serveur.

Les fonctions d’un système SCADA. © ARC Informatique-PcVue

Un système SCADA permet une surveillance et un contrôle en temps réel localement ou à distance, une collecte et une analyse des données en temps réel, des interfaces homme-machine (IHM) permettant aux opérateurs de suivre les process et d’enregistrer les événements pour des rapports ou archivages. Ces systèmes SCADA doivent être conçus pour être fiables et sécurisés.

Les données sur les actifs et autres données opérationnelles sont omniprésentes dans l’entreprise, générées par les machines, les composants des machines, les systèmes connectés à l’IoT et les contributions humaines. En utilisant l’IA pour accéder à ces données et les analyser, l’exploitation optimise les processus et la productivité tout en assurant une amélioration continue. Les avantages d’une organisation structurée des données sont significatifs, allant de la fiabilité quotidienne des actifs jusqu’à l’atteinte de normes industrielles établies telles que la certification ISO 55000. Voici quelques exemples de données opérationnelles que l’IA examine et prend en compte pour soutenir le processus de prise de décision : volumes de production, temps de fonctionnement et d’arrêt des machines, efficacité globale de l’équipement (OEE), taux de réussite au premier passage, temps moyen entre les pannes (MTBF), temps moyen d’arrêt, coût énergétique par unité, émissions de carbone.

L’intégration de l’IA (intelligence artificielle) dans les systèmes SCADA va apporter un véritable changement, avec de nouvelles fonctionnalités et services par l’analyse de l’historique des données et l’interprétation de données complexes pour prendre des décisions, détecter des problèmes potentiels. Cela va permettre de prévoir des pannes ou des dérives de fonctionnement et de réduire des temps d’arrêt en réalisant par exemple des opérations de maintenance prédictive. Toutes ces actions vont se traduire par des gains en termes d’énergie.


Comment fonctionne une plateforme d’IA industrielle et quels gains pour les utilisateurs

Les solutions logicielles utilisant l’IA se développent rapidement et Ludovic Ponthier donne l’exemple de la plateforme IFS.ai adoptée par de nombreux secteurs industriels.

« IFS.ai est la plateforme d’IA industrielle intégrée nativement dans IFS Cloud. Elle repose sur trois couches : une Data Foundation unifiant données internes et externes ; une couche Orchestration & Gouvernance hébergeant les modèles d’IA ; et une expérience utilisateur intelligente, incluant Copilot pour fournir recommandations, analyses et automatisations contextuelles. IFS.ai opère de manière transparente au cœur des modules ERP, EAM, FSM, CRM, Supply Chain ou Manufacturing. Elle propose ainsi des capacités telles que la planification optimisée, la maintenance prédictive, l’analyse des performances d’actifs, l’automatisation documentaire ou la recommandation opérationnelle. Les entreprises à forte intensité d’actifs – énergie, fabrication, transport, construction, télécommunications – bénéficient d’une IA prête à l’emploi, capable d’apprendre des opérations réelles, d’anticiper les risques, de proposer des actions correctives et de fluidifier les processus complexes. L’IA d’IFS se distingue par sa spécialisation métier et sa capacité à connecter personnes, données et opérations à grande échelle. »

Gestion d’une unité de stockage robotisée avec les solutions IFS. © IFS-GettyImages

IFS.ai va permettre d’améliorer significativement la gestion de l’énergie grâce à la prédiction des consommations, l’optimisation des usages, l’analyse des cycles de production et la détection des dérives énergétiques.

« Pour la maintenance, la plateforme apporte un véritable levier opérationnel : analyse continue des données machines, détection d’anomalies invisibles, anticipation des pannes et planification optimisée des interventions, confirme Ludovic Ponthier. Cela se traduit par une réduction des arrêts non planifiés, une meilleure disponibilité des équipements et une prolongation du cycle de vie des actifs. Sur le plan environnemental, IFS.ai offre des fonctionnalités de suivi de l’empreinte carbone, d’optimisation des ressources et de réduction des déchets. L’industriel gagne en efficience, maîtrise ses coûts, améliore ses indicateurs ESG et réduit son impact carbone tout en maintenant un niveau élevé de performance opérationnelle. »

Ludovic Ponthier donne l’exemple d’un grand acteur du secteur énergétique qui a adopté IFS Cloud et IFS.ai pour transformer la gestion de ses actifs et opérations.

« Grâce à la maintenance prédictive, la supervision 2D/3D des équipements et l’automatisation du traitement des rapports techniques, l’entreprise a réduit les pannes imprévues et amélioré la qualité de ses interventions terrain. L’intégration du moteur IA dans la planification des opérations a également optimisé l’affectation des ressources, tout en diminuant les coûts associés au réapprovisionnement des pièces critiques. Enfin, l’ajout du module Emissions Management lui a permis de mesurer automatiquement les émissions carbone liées à ses activités et d’alimenter son reporting réglementaire. Ce type de projet illustre la capacité d’IFS.ai à fournir des gains concrets, rapides et mesurables dans les environnements industriels les plus exigeants. »

PcVue, une plateforme de supervision complète utilisant l’IA

ARC Informatique a développé la plateforme PcVue, une solution de supervision (SCADA) complète conçue pour répondre aux exigences de flexibilité, de fiabilité et de sécurité des environnements industriels. Elle se distingue par sa capacité à s’adapter à toutes les échelles de projets, du simple poste local aux systèmes multisites distribués. François Flèche, responsable marketing d’ARC Informatique-PcVue, rappelle les caractéristiques clés et les composantes principales de cette plateforme.

François Flèche, Responsable Marketing d’ARC Informatique-PcVue. © ARC Informatique

« Ses caractéristiques fondamentales sont :

· Ouverture et Interopérabilité : PcVue supporte plus de 200 protocoles de communication (dont les standards industriels comme OPC UA, BACnet, Modbus, IEC 61850 et les protocoles IoT comme MQTT et LoRaWAN) et plus de 30 connecteurs permettant de connecter tous types de systèmes. Elle assure une liaison fluide avec les systèmes de gestion globale comme l’ERP, la GMAO (CMMS) ou les systèmes IT.

· Évolutivité : elle permet de passer d’une application de quelques variables à des systèmes complexes comptant des millions de points sans changement de technologie.

· Conformité industrielle : la plateforme intègre des fonctionnalités natives pour répondre aux normes exigeantes telles que la 21 CFR Part 11 (traçabilité, signatures électroniques), indispensable dans les secteurs pharmaceutiques et alimentaires.

· Mobilité et Contextualisation : grâce à des fonctionnalités de géolocalisation et de réalité assistée, elle délivre l’information aux opérateurs mobiles en fonction de leur rôle et de leur emplacement.

· Cybersécurité native : comme mentionné précédemment, la plateforme est conçue selon la défense en profondeur, certifiée IEC 62443, intégrant le chiffrement des données et la gestion centralisée des droits d’accès.

Objectifs de la plateforme de supervision SCADA PcVue. © Arc Informatique-PcVue

Pour répondre aux besoins d’une application industrielle moderne, PcVue s’appuie sur plusieurs composantes logicielles : PcVue (cœur HMI/SCADA), la plateforme logicielle centrale pour le contrôle-commande stable et sécurisé, WebVue (interface Web), un client léger HTML5 permettant de superviser et contrôler les processus depuis n’importe quel navigateur Web ou appareil mobile, SnapVue & TouchVue (mobilité), composé de SnapVue, un assistant mobile contextuel (géolocalisation, messagerie) qui guide les équipes de terrain en affichant les informations pertinentes selon leur position et TouchVue, une application de notification pour smartphone permettant une réaction immédiate aux alarmes, et EmVue pour le suivi et l’analyse des consommations énergétiques.

EmVue est la composante spécialisée de la plateforme PcVue dédiée à la surveillance énergétique. Il s’agit d’une solution logicielle intégrée (full-featured) conçue pour surveiller et analyser les données relatives à l’énergie. EmVue permet une analyse approfondie des consommations et des performances énergétiques d’un site. Son rôle est d’aider les gestionnaires à optimiser l’efficacité énergétique de leurs installations, qu’il s’agisse de bâtiments intelligents, de centres de données ou de sites industriels.

En tant qu’élément de l’écosystème PcVue, il s’interface avec les capacités de collecte de données en temps réel et d’archivage de la plateforme principale. EmVue fournit des informations qui répondent aux exigences des experts en énergie tout en étant simple et rapide à mettre en œuvre. »

Aujourd’hui, la plupart des installations disposent déjà de données. Le véritable enjeu n’est plus de superviser, mais de décider intelligemment. Avec PcVue 17, la supervision devient un outil de pilotage intelligent, orienté efficacité énergétique et performance. PcVue connecte l’ensemble des systèmes, analyse les consommations, détecte les dérives, mais surtout, il anticipe.

Plateforme de supervision PcVue 17. © ARC Informatique-PcVue

Grâce à l’IA, PcVue analyse les données passées, prédit les comportements futurs et permet de simuler des scénarios d’optimisation avant d’agir.

« C’est là qu’intervient l’assistant intelligent de PcVue, basé sur des BOTS (agents intelligents). Ils permettent de traduire une stratégie métier en actions concrètes : ajuster automatiquement des consignes, piloter des équipements au bon moment, notifier, documenter et tracer les décisions. Tout cela sans développement spécifique et de manière totalement intégrée à la supervision, explique François Flèche. Et cette intelligence ne reste pas dans la salle de contrôle, avec SnapVue, elle descend sur le terrain : les équipes visualisent, pilotent, localisent les équipements et interagissent directement avec PcVue, au plus près des actifs. »

Utilisation d’EmVue composante spécialisée de PcVue pour la surveillance énergétique. © ARC Informatique-PcVue

Automatisation intelligente des bâtiments

Les sites industriels hébergent souvent des bâtiments de bureaux ou laboratoires pour lesquels, en fonction de leur utilisation, les utilisateurs ont des besoins différents en matière de chaleur, de froid, d’air conditionné et d’éclairage. Ici, la gestion technique intelligente des bâtiments assure un climat ambiant optimal en fonction de l’utilisation de ceux-ci.

La famille de systèmes modulo SAUTER couvre toutes les applications, depuis la technique de commande et de régulation, de la gestion CVC, des bâtiments et de l’énergie aux solutions flexibles pour l’automatisation de locaux intégrée. SAUTER a développé modulo 6, un nouveau système d’automatisation de bâtiments haut de gamme.

« La nouvelle génération d’unités de gestion SAUTER modulo 6 offre une flexibilité et une évolutivité accrues grâce à de nouvelles unités de gestion locale et une nouvelle topologie du système. Modulo 6 va encore plus loin dans la transformation numérique de l’automatisation de bâtiments. Alors que la génération précédente disposait déjà de fonctions innovantes basées sur internet telles que BACnet/IP, la notification par e-mail et le serveur Web embarqué, modulo 6 étend la modularité et l’interopérabilité via internet et le cloud en permettant la déportation des modules E/S et COM via le réseau.

Unité de gestion modulo 6 de SAUTER. © SAUTER

La communication standard de modulo 6 se base sur le protocole BACnet/IP standard. Les fonctions spéciales telles que les notifications par e-mail, les messages texte, la synchronisation de l’heure réseau ainsi que le serveur Web et l’API RESTful reposent entièrement sur la communication IP. La numérisation et, en particulier, l’Internet des Objets (IoT) ouvrent les portes à de nouvelles applications dans les domaines du traitement de données dans le cloud, de la commande via des terminaux tels que les smartphones et les tablettes, de l’intégration de capteurs intelligents communicants et de la mise en réseau avec des services cloud tels que l’analyse de données ou des services vocaux (par exemple Amazon Alexa ou Google Home). Ils vont toutefois de pair avec de nouvelles menaces, c’est pourquoi la sécurité a été notre priorité lors du développement de modulo 6. La politique « Security by Design » (sécurité intégrée au concept) conforme à la norme IEC 62443 est un attribut central dans le développement de modulo 6 et a permis l’intégration d’une série de fonctions matérielles et logicielles, toutes conçues pour rendre l’utilisation de modulo 6 aussi sûre que possible. »

SAUTER EMS (Energy Management Solution) est une solution professionnelle de gestion énergétique dans les bâtiments, pouvant aussi bien être installée en mode virtuel que localement et utilisée comme solution intégrée. Elle permet de gérer de manière centralisée les indicateurs essentiels des installations et du bâtiment. Le module de monitoring énergétique EMS Mobile permet également de surveiller et d’optimiser l’efficacité énergétique via une tablette ou un smartphone.

Utilisation des unités de gestion modulo 6 de SAUTER. © SAUTER

Une gestion intelligente de l’énergie pour une performance durable

La gestion efficace de l’énergie est cruciale pour optimiser la consommation, réduire les coûts et limiter l’impact environnemental. ABB répond à ces enjeux avec ABB Ability™ Energy Manager, une plateforme intelligente qui analyse les schémas de consommation et optimise l’utilisation de l’énergie en temps réel. Intégrant l’IoT et l’intelligence artificielle, elle offre une visibilité complète sur les flux énergétiques, permettant aux entreprises d’améliorer leur efficacité, leur durabilité et leur rentabilité.

Utilisation de la solution SaaS Sensorfact d’ABB. © ABB

ABB a notamment déployé cette solution dans ses propres usines. Par ailleurs, ABB s’engage activement dans l’électrification du transport et de la mobilité électrique, contribuant ainsi à une transition énergétique globale.

En route vers l’Industrie 5.0

Avec l’accent mis sur l’économie circulaire, l’efficacité énergétique et la réduction des déchets, l’Industrie 5.0 peut permettre aux entreprises de concilier performance économique et responsabilité environnementale. La flexibilité des chaînes de production, la gestion de l’énergie, le fait de pouvoir analyser en temps réel le processus de fabrication ainsi que l’adaptabilité feront de l’Industrie 5.0 un modèle plus résilient que celui de l’Industrie 4.0 face aux crises.

Propos recueilli par Jean-Paul Beaudet

Pour aller plus loin : 
– Avis d’expert – Charles Gourio, cofondateur et président de Smart Impulse : « Système de management de l’énergie : loi DDADUE 2025, quand l’ISO 50001 devient incontournable. »
– Qu’est-ce que l’IA industrielle et en quoi diffère-t-elle de l’IA générale ? par Ludovic Ponthier, Presales Director d’IFS.
– 3 QUESTIONS À – Christian CONTE, chief Technology Officer & Executive Vice President of SAUTER Group : « Des systèmes d’automatisation des bâtiments entièrement connectés, combinant appareils, automates et logiciels de supervision, permettent une surveillance et une documentation continues de la performance énergétique, garantissant la conformité réglementaire. »