Et si un produit aussi courant qu’une borne de raccordement devenait un levier concret de transition environnementale sur les chantiers ? Avec la gamme 221 Green Range, WAGO revisite sa célèbre série à leviers en intégrant des plastiques recyclés et bio-circulaires, tout en conservant strictement les mêmes performances électriques. Erwan Emery, responsable distribution chez WAGO, nous en dit un peu plus à son sujet.
Face aux exigences croissantes en matière de performance, de sécurité et désormais de responsabilité environnementale, les industriels du matériel électrique doivent repenser leurs standards sans jamais compromettre la fiabilité. Avec la gamme 221 Green Range, WAGO décline l’une de ses bornes les plus emblématiques dans une version intégrant des plastiques recyclés et bio-circulaires, tout en conservant les caractéristiques techniques qui ont fait le succès de la série 221.
Déclinée en versions 4 mm², 6 mm², Inline et désormais en 10 pôles, cette gamme vise clairement les professionnels du résidentiel, du collectif et du petit tertiaire. Nous avons souhaité comprendre la démarche, les enjeux et les bénéfices concrets pour les installateurs.

Électricien+ – La série 221 est devenue une référence sur les chantiers. Avec la Green Range, vous introduisez des matériaux recyclés et bio-circulaires. Concrètement, qu’est-ce qui change dans la conception de la borne, et comment garantissez-vous des performances strictement identiques à la version classique ?
Erwan Emery – Les évolutions apportées avec la Green Range concernent uniquement les matières premières, pas la conception de la borne : l’architecture, le design interne, les composants conducteurs et les paramètres de fabrication restent strictement inchangés.
La nouveauté réside dans l’utilisation de polymères bio-circulaires et issus de filières de recyclage : leur part est attribuée selon des règles d’allocation certifiées (Mass balance) : jusqu’à 77 % de matériaux recyclés pour le boîtier, et environ 26 à 27 % pour les leviers, selon les versions.
Le certificat ISCC PLUS garantit la traçabilité de l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement*.
Cet exercice est particulièrement exigeant : dans le domaine du matériel électrique, tous les plastiques – recyclés ou non – doivent satisfaire les mêmes critères d’isolement, de tenue dans le temps et de résistance mécanique fixés par la norme EN 60998.
C’est précisément ce respect strict des normes qui garantit que les performances restent 100 % identiques à la série 221 classique. Les spécifications ne changent pas :
- 450 V,
- 32 A en 4 mm²,
- 41 A en 6 mm²,
- température d’utilisation jusqu’à 85 °C,
- les mêmes certifications et les mêmes tests qualité.
Au final, seule l’origine des matériaux évolue ; les performances, elles, sont absolument inchangées.
Électricien+ – La gamme couvre désormais le 4 mm², le 6 mm², l’Inline et la nouvelle version 10 pôles. Pour quels types d’applications terrain cette extension est-elle particulièrement stratégique, notamment en résidentiel collectif et petit tertiaire ?
E. E. – L’extension de gamme apporte des réponses très attendues sur le terrain, en particulier dans le résidentiel collectif et le petit tertiaire où la densité des installations et la diversité des besoins exigent flexibilité et compacité.
La version 10 pôles répond à une forte demande des installateurs : elle est idéale pour regrouper les liaisons équipotentielles (vert/jaune) dans les boîtes ou dans les GTL, d’autant plus avec son support rail DIN. Elle s’impose également comme une solution simple et compacte pour la distribution de polarités dans les tableaux de contrôle/commande, offrant une alternative pratique aux blocs de jonction.

La version Inline a surpris par son potentiel : bien qu’il s’agisse fonctionnellement d’une 2 pôles existante, son format « en ligne » ouvre de nouvelles possibilités d’intégration, notamment lorsque l’organisation des câbles dans les enveloppes impose un routage axial ou plus linéaire. C’est typiquement le genre de détail qui change la vie sur chantier.
La gamme en 6 mm² est tout aussi stratégique. Elle permet le raccordement de circuits fortement chargés tels que la plaque de cuisson en résidentiel, mais aussi des équipements plus exigeants comme certaines pompes à chaleur. Dans le petit tertiaire, certaines lignes dépassent les 40 A, par exemple dans les hôpitaux ou bâtiments techniques : pouvoir connecter du 6 mm² avec la même simplicité que le reste de la gamme est un atout décisif pour les installateurs.
Au final, chaque extension adresse un besoin terrain bien réel : plus de modularité, plus de puissance admissible, et des solutions toujours plus adaptées aux configurations d’installations modernes.
Électricien+ – Les installateurs sont de plus en plus sollicités sur les critères RSE et l’empreinte carbone des chantiers. Pensez-vous que ce type de produit puisse devenir un argument différenciant dans les appels d’offres ou les démarches environnementales des maîtres d’ouvrage ?
E. E. – Aujourd’hui, ce n’est plus un simple argument commercial : c’est devenu une obligation économique. Dans de nombreux appels d’offres publics, la dimension environnementale est désormais déterminante, et une candidature peut être écartée si la réponse RSE n’est pas jugée suffisante. Sur certaines consultations, le volet environnemental peut représenter jusqu’à 20 % de la note globale, ce qui change profondément la manière dont les installateurs préparent leurs dossiers.
À l’échelle d’un chantier, une borne Green WAGO peut sembler anecdotique, mais ce serait mal comprendre les enjeux opérationnels actuels : les installateurs doivent justifier chaque choix, du plus petit composant au matériel le plus visible. Tout est scruté, tout compte dans le bilan carbone global, et la cohérence de l’ensemble devient un critère d’évaluation.
Est‑ce différenciant ? Oui et non. Oui, parce que tous les fabricants ne s’aventurent pas encore dans les principes de l’économie circulaire. Mais non, car cette situation est transitoire : très vite, ce type de solution deviendra un pré‑requis, et l’ensemble du marché devra s’aligner. C’est une excellente évolution pour la filière.
Pour les artisans, l’enjeu est tout aussi important. Ils veulent eux aussi contribuer à la réduction de l’usage des ressources fossiles et répondre aux attentes croissantes des clients finaux. Le fait que WAGO propose la version Green au même prix que la version classique lève définitivement les freins à l’adoption : il n’y a plus aucune barrière économique ou technique pour s’engager dans une démarche plus responsable.
L’arrivée imminente des fiches PEP liées à ces connecteurs apporte enfin une preuve technique supplémentaire : en quantifiant les impacts sur l’ensemble du cycle de vie, elles offrent aux installateurs un argument solide, transparent et directement mobilisable dans les appels d’offres.

* La certification selon le schéma ISCC PLUS garantit la traçabilité des flux de matières certifiées ainsi que le respect des critères de durabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement.






