Le renforcement des exigences réglementaires, la cybersécurité et l’intégration croissante de systèmes connectés, imposent des mutations dans l’écosystème KNX. Dans ce contexte, Theben structure son offre autour de gammes différenciées, du produit simple aux solutions KNX Secure et systèmes de gestion énergétique, afin de répondre à des marchés aux besoins et niveaux de maturité variés. Jens Wierichs, Senior Director Portfolio & Product Management chez Theben, revient sur cette stratégie, son adaptation au marché français et les principales innovations KNX présentées lors du salon Light + Building.
Quelle est votre stratégie globale pour le développement des solutions en KNX ?
Notre stratégie consiste à trouver le bon équilibre entre une approche globale et les besoins spécifiques de chaque marché. Le rôle du Product Management est précisément de couvrir un spectre très large d’usages, tout en intégrant les contraintes réglementaires locales, notamment sur les sujets environnementaux. Nous structurons notre offre en plusieurs niveaux : une entrée de gamme peu connectée, puis des solutions intermédiaires et haut de gamme, plus riches en fonctionnalités et en intégration. Cette segmentation répond à des réalités économiques différentes selon les pays. En Europe, les attentes sont élevées en matière d’automatisation, d’intégration BMS et de cybersécurité. Sur ce point, nous sommes fortement engagés dans le KNX Secure. Theben figure aujourd’hui parmi les acteurs les plus avancés en nombre d’équipements sécurisés disponibles. Notre portefeuille s’étend ainsi de produits mécaniques à des solutions IP, cloud compatibles et entièrement intégrées. Notre objectif est d’accompagner la montée en puissance de la connectivité, de la sécurité et de la performance énergétique dans le bâtiment.
Comment cette stratégie se décline-t-elle sur le marché français ?
La France est notre deuxième marché après l’Allemagne, notamment en raison de notre positionnement historique sur les horloges de programmation, l’éclairage et la détection. Nous y déclinons l’ensemble de notre offre globale, en l’adaptant aux usages. Par exemple, en France, les radiateurs restent dominants. Nous proposons donc des solutions KNX avec vannes connectées permettant jusqu’à 30 % d’économies d’énergie. Ce type d’application n’est pas pertinent partout. Le marché français présente aussi des spécificités structurantes, notamment avec un système énergétique centralisé et des infrastructures comme le compteur Linky, qui facilite le déploiement de solutions de gestion de l’énergie. Nous lançons un système de gestion énergétique résidentiel pour piloter l’ensemble des flux : production photovoltaïque, stockage, recharge de véhicule, consommation réseau. Le système automatise les arbitrages en fonction des tarifs, de la météo et des besoins utilisateurs. Le retour sur investissement dépend des équipements installés. Plus les usages sont nombreux, plus il est rapide. Sur le seul système de gestion énergétique, il peut être atteint en quelques années.
Quelles nouveautés produits KNX avez-vous présentées sur Light + Building ?
Nous avons présenté plusieurs évolutions importantes, avec un focus sur l’interface utilisateur et l’énergie. La gamme iONprime illustre cette dynamique, avec des boutons-poussoirs et écrans tactiles intégrant des capteurs. Le front-end prend une place croissante dans notre offre, en réponse à une demande forte du marché. Nous avons également introduit notre système de gestion de l’énergie, le HEMS EM100, d’abord lancé en Allemagne. Il vient enrichir l’écosystème KNX en intégrant le pilotage énergétique global du résidentiel et petit tertiaire. Enfin, nous faisons évoluer des produits phares comme la station météo KNX. Une nouvelle version arrive, avec une application enrichie et davantage de fonctionnalités. Notre objectif est de renforcer l’expérience utilisateur, intégrer plus d’intelligence dans les systèmes KNX et répondre concrètement aux enjeux énergétiques.
Propos recueillis par Alexandre Arène






