Porté par les exigences croissantes en matière de rénovation énergétique, d’interopérabilité et de cybersécurité, KNX s’impose comme un standard clé pour accélérer le déploiement des BACS dans le tertiaire. Dans ce contexte, Siemens Smart Infrastructure France, structure une stratégie centrée sur la donnée, l’automatisation et des solutions ouvertes pour accompagner la transformation des bâtiments existants. Yann Plévin, responsable réglementation et normalisation et référent KNX, revient sur les orientations du groupe, leur déclinaison sur le marché français et les dernières innovations présentées à Light + Building.
Quelle est la stratégie globale de Siemens Smart Infrastructure pour le développement des solutions KNX ?
Notre stratégie vise le bâtiment autonome, centré sur l’humain, capable d’optimiser en continu ses performances énergétiques et opérationnelles. Elle repose sur trois piliers : la donnée, l’automatisation et les services. Plus de 75 % des bâtiments de 2050 existent déjà et la priorité concerne donc l’existant. Pour y répondre, nous privilégions des solutions d’automatisation ouvertes, standardisées, interopérables et cybersécurisées, comme KNX Secure. Dans ce cadre, KNX joue un rôle clé, notamment sur le segment du petit et moyen tertiaire. C’est un levier très pertinent pour moderniser les bâtiments dans le respect des contraintes réglementaires et budgétaires, tout en garantissant performance énergétique, confort, sécurité et efficacité opérationnelle. L’objectif intrinsèque est de maximiser durablement la valeur des actifs.
Comment cette stratégie se décline-t-elle sur le marché français ?
Elle se traduit par une approche globale, avec une offre complète allant du capteur jusqu’au management de la donnée. Cela nous permet d’adapter précisément les solutions aux besoins des clients en exploitant toute la richesse de KNX. Trois axes structurent notre positionnement. D’abord, un portefeuille solide sur le CVC, qui reste le principal levier de gains énergétiques en rénovation. Ensuite, une offre flexible, capable de s’adapter à tous les environnements, en filaire (KNX TP, IP) comme en sans-fil (KNX IoT), y compris en site occupé. Enfin, un engagement fort sur la cybersécurité, avec une gamme en cours de généralisation pour répondre aux exigences du Cyber Resilience Act européen d’ici 2027. Par ailleurs, le déploiement à grande échelle passe par des intégrateurs formés et certifiés. C’est pourquoi nous sommes très engagés aux côtés de KNX France et du Collège intégrateurs pour promouvoir la technologie et accélérer le déploiement des BACS.
Quelles sont les nouveautés présentées en avant-première sur Light + Building ?
Trois innovations illustrent concrètement notre feuille de route, avec un objectif commun : simplifier et sécuriser les solutions tout en facilitant le déploiement de KNX. D’abord, la nouvelle gamme d’interfaces utilisateur initiée par le redesign des QMX6. Elle mise sur une expérience simple et lisible, avec un design épuré. La technologie e-ink très basse consommation des écrans permet jusqu’à huit ans d’autonomie, ce qui réduit fortement la maintenance. Associée à une communication sans fil, elle est particulièrement adaptée à la rénovation. Ensuite, le coupleur de ligne KNX Secure N 140S11, qui répond aux exigences croissantes en cybersécurité. Il agit comme un proxy sécurisé, capable de gérer des communications chiffrées et non chiffrées, facilitant ainsi l’exploitation tout en renforçant la protection globale des installations. Enfin, l’intégration de la fonction Smart Linking d’ETS 6.4 simplifie considérablement la mise en service. Elle permet de créer rapidement les liaisons entre équipements, avec moins d’erreurs et un gain de temps significatif, tout en préparant les installations à l’IoT. Ces évolutions visent à rendre KNX plus accessible, plus sûr et plus rapide à déployer, notamment dans un contexte de rénovation à grande échelle.
Propos recueillis par Alexandre Arène






