Antonio Calvo, directeur France d’Airzone : « Avec Enerface, l’objectif est de consommer mieux sans renoncer au confort. »

Antonio Calvo, directeur France d’Airzone

Airzone enrichit ses solutions de pilotage CVC avec Enerface, une nouvelle fonctionnalité dédiée à la maîtrise de la consommation énergétique et à la flexibilité électrique. Associé à un compteur d’énergie Wi-Fi et à Airzone Cloud, ce programme vise à optimiser les usages en fonction du réseau, des tarifs dynamiques ou encore de la production photovoltaïque. Antonio Calvo, directeur France d’Airzone, détaille le programme Enerface et revient sur la stratégie d’Airzone autour de la flexibilité.

Pouvez-vous présenter le programme Enerface d’Airzone ?
Antonio Calvo –
Enerface est une nouvelle fonctionnalité intégrée à l’ensemble des solutions Airzone. Ce n’est pas une solution autonome, mais une extension de nos systèmes de pilotage pour pompes à chaleur, qu’il s’agisse d’installations multizones ou monozones, pilotées par Aidoo ou les systèmes Airzone. Le principe repose sur l’ajout d’un compteur d’énergie Wi-Fi connecté à Airzone Cloud. Cela permet d’abord de visualiser la consommation énergétique de l’installation, puis d’aller progressivement vers de la supervision, l’aide à la décision et l’automatisation. Nous souhaitons aider les utilisateurs à mieux consommer sans renoncer à leur confort. Pour cela, nous intégrons plusieurs données : les consommations de l’installation, l’état du réseau électrique ou encore les tarifs dynamiques de l’électricité. L’idée n’est pas forcément de consommer moins, car un certain niveau d’énergie reste indispensable pour maintenir le confort thermique, mais de consommer au meilleur moment afin de réduire la facture électrique. C’est tout l’enjeu de la flexibilité énergétique : déplacer les usages vers les périodes où l’électricité est moins chère et où le réseau est moins sollicité. Nous travaillons également avec des agrégateurs afin de permettre aux utilisateurs d’Airzone Cloud de participer à ces mécanismes de flexibilité et, à terme, d’en tirer un bénéfice économique.

Quels outils Enerface met-il à disposition des utilisateurs ?
A. C – Airzone permet déjà de réduire les consommations énergétiques du chauffage, de la climatisation et de la production d’eau chaude sanitaire, grâce au pilotage pièce par pièce. Avec Enerface, nous allons plus loin en travaillant sur l’optimisation du coût de l’énergie. Cette approche s’appuie notamment sur des scénarios, capables de déclencher automatiquement des actions selon des conditions extérieures ou intérieures. Contrairement à une simple programmation horaire, le système peut réagir à différents événements : géolocalisation, signal réseau, tarif dynamique ou production photovoltaïque. Le système pourra également exploiter un surplus photovoltaïque pour activer certains équipements, plutôt que de réinjecter cette énergie sur le réseau. L’objectif est de proposer un pilotage énergétique plus intelligent, capable d’adapter automatiquement les usages aux meilleures conditions disponibles.

Pourquoi la flexibilité énergétique devient-elle stratégique pour Airzone ?
A. C. – Nous observons une forte montée en puissance des Energy Management Systems (EMS), capables de piloter les usages énergétiques des bâtiments. Airzone s’intègre déjà à de nombreux environnements tiers, notamment KNX, mais nous estimons qu’il est logique d’être également acteur de cette évolution. Nos solutions pilotent le chauffage, la climatisation et parfois l’eau chaude sanitaire, qui représentent une part très importante de la consommation énergétique d’un bâtiment. Dans ce contexte, la certification OpenADR obtenue pour Aidoo Pro constitue une étape importante. Ce protocole, développé pour le marché américain, facilite les échanges entre les équipements du bâtiment et les opérateurs de flexibilité énergétique. En Europe, un équivalent est en cours d’élaboration. Airzone participe actuellement avec Ignes aux réflexions autour de futurs standards d’interopérabilité adaptés au marché européen. L’objectif est de permettre aux équipements énergétiques des bâtiments de dialoguer plus efficacement avec le réseau afin de rendre la consommation plus flexible, plus intelligente et plus performante.

Propos recueillis par Alexandre Arène