Domotique : 6 industriels français chassent en meute

Lors du colloque du syndicat Ignès du 27 juin, six industriels français, CDVI, Delta Dore, Hager, Legrand, Schneider Electric et Somfy , ont annoncé la création d’une société commune nommée Confluens. L’objectif affiché est de rendre interopérables les différents équipements domotiques pour permettre enfin le décollage du marché. Détenue à parts égales, 4 personnes sont affectées à plein temps à Confluens et une équipe marketing détachée par les six industriels fondateurs se composent de 12 personnes.

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L’accent a été mis sur l’existant. La crise aidant les mises en chantier sont faibles et le renouvellement du parc n’est que de 1% par an soit 300 000 logements. Confluens semble se concentrer sur les 99% restants soient les 30 millions de logements qui disposent déjà de systèmes installés des six industriels présents ce jour-là.

Est-ce que Confluens va permettre à tous ces systèmes déjà installés de pouvoir communiquer ensemble et donc de permettre au consommateur de “domotiser” plus complètement son habitat sans devoir tout changer ? L’affirmative permettrait le développement de la domotique.

On parle de “métalangage” de “couche logicielle” pour interfacer les différents éco-systèmes installés pour la mise en route de scénarios.

Aucune entreprise ne possède aujourd’hui à elle seule toutes les briques permettant le développement d’une maison connectée, a précisé Xavier de Froment directeur de Legrand et président d’Ignès.  Aucun des systèmes des acteurs que sont  CDVI, Delta Dore, Hager, Legrand, Schneider Electric et Somfy ne peuvent communiquer entre eux.

Le rôle de cette start-up est de développer une couche logicielle, qui permettra aux différents équipements dans la maison de dialoguer entre eux et ce quel que soient les protocoles filaires et sans fil qu’ils utilisent pour communiquer”, explique Marcel Torrents, Président du directoire de Delta Dore, et président de Confluens.

Dans l’assistance, un industriel a demandé si Confluens était ouverte. Marcel Torrents de préciser que financièrement, le tour de table était fermé mais que le résultat du travail pourra être utilisé sous la forme d’un logiciel sous licence ou d’un module électronique à intégrer dans leurs produits.

Petites phrases entendues

David Benhammou, PDG de CDVI
CDVI est le plus petit des acteurs de Confluens mais nous sommes sur un secteur clé, la sécurité des biens et des personnes. L’interopérabilité va permettre à tous les secteurs de se développer.

Emmanuel Joumard, Directeur du département Home automation de Somfy
La notion de partenariat est essentielle sur tout entre fabricants pour ouvrir le marché.

Ernesto Santini, Vice-président Home System de Legrand
Si nous sommes capables de créer un framework capable à tous les acteurs de se connecter, nous faisons un grand pas pour l’économie. Je veux bien vivre et la domotique me l’offre.

Jean-Jacques Pauly, Directeur développement Bâtiments intelligents Hager
Nous  avons beau travailler en KNX, il nous faut cohabiter avec d’autres systèmes comme le blanc ou les services. Confluens aborde l’usage et sa promotion.

Yves Bustarret, VP connected home Schneider
Nous sommes tous très forts dans nos applications et Confluens avec son interopérabilité va ouvrir le marché. C’est aussi le moyen de créer une filière électrique française forte.

Marcel Torrents, Président du directoire de Delta Dore et président de Confluens
Nous sommes convaincus d’être assis sur un tas d’or. Le plus difficile est de savoir à quelle profondeur est cet or.

Pierre Gattaz

Pierre Gattaz

Le mot de fin est revenu à Pierre Gattaz, Président de la FIEEC, probablement élu aujourd’hui président du Medef, a salué cette initiative de rassemblement dans une allocution intitulée « Innover en France, priorité pour les organisations professionnelles ». “Il faut une France qui gagne et qui s’adresse aux 3 milliards de personnes qui ont besoin d’équipements. En s’associant, on est plus fort, pourvu que le gouvernement fournisse le terreau aux entrepreneurs pour réussir. Le fait de réunir nos forces dans la domotique et de travailler ensemble pour garantir l’interopérabilité entre nos produits va conforter une filière d’excellence française. C’est la condition de succès ensuite sur les marchés étrangers.

Pour terminer, il faut saluer cette initiative mais nous sommes en droit de nous questionner sur cette démarche franco-française à l’heure de la mondialisation. Surtout, que va comporter cette couche logicielle quand de nombreuses box comme la Zipabox ou celle de Lifedomus le français permettent déjà une interopérabilité avec  KNX, MyHome, EnOcean, Zigbee, Zwave, le protoole Deltadore, Modbus, la communication universelle en IP, RS-232, le 866MHz, l’infrarouge voire même des protocoles plus spécifiques du multimédia.

3 commentaires

  1. GRANGUET - 4 juillet 2013 à 22 h 40 min

    La réalisation d’une solution d’interopérabilité me semble un beau projet qui va certainement être difficile a mettre au point. Car il faut que chaque marque donne les clés de sont protocole. Il manque à la liste un maillon qui me handicap dans mes réalisations c’est BUDENDORF avec ses motorisations sans fil.
    Bon développement

    Olivier GRANGUET
    Artisan et ingénieur CESI

    • Le Souder - 5 juillet 2013 à 8 h 35 min

      Pour répondre aux deux commentaires, il serait effectivement plus facile pour les nouvelles installations d’être compatibles KNX. Mais Confluens s’attaque à l’existant et comment rendre interopérable ce qui est déjà en place. La radio aura surement une place prépobdérante puisque les 6 industriels vont développer une nouvelle couche logicielle.

      Pour ce qui est de Bubbendorf, je vais transmettre à Confluens votre requête. Mais la logique est de créer un standard, un peu comme IO, et que les autres industriels s’y conforment.

  2. Seb - 5 juillet 2013 à 5 h 53 min

    Bonjour,
    Enfin un progré dans l’avancée multimarque de la domotique . Je suis installateur et j’ai reguliairement des soucis car chaque corps de métier travail avec un constructeur différent donc avec un langage différent et non compatible. Par contre, un langage mondial existe : le knx . Pourquoi développer une passerelle inter-marque française ? Ne serait-il pas plus logique de rendre tous ses modules compatible knx à l’image de Hager aver leurs Quick Link : des modules fonctionnants entre eux et capables de recevoir un programme knx permettant ainsi la communication avec d’autre marque mondial.

    Seb

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