Une résidence étudiante exemplaire labellisée E+ C-

(c) MEERO

La résidence étudiante Jarlard 5, du campus des Mines, à Albi, a récemment été certifiée E+ C-, plus exactement avec les niveaux E2 C1. L’occasion de mettre en lumière ce projet, et d’évoquer les détails du label E+ C-, qui préfigure la nouvelle réglementation pour la construction neuve.

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E+ C est un label volontaire qui a été lancé par l’État pour soutenir la généralisation des bâtiments à énergie positive et à faible empreinte carbone.

L’objectif principal est donc avant tout d’obtenir le plus de retours d’expérience possible afin d’adapter et d’optimiser les exigences de la nouvelle réglementation 2020. Mais il permet aussi de préparer dès à présent un maximum d’acteurs du bâtiment au basculement vers des contraintes de plus en plus strictes.

L’évaluation du bâtiment porte sur :
– son bilan énergétique sur l’ensemble des usages, appelé bilan énergétique BEPOS (BEPOS Bilan) ;
– ses émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble de son cycle de vie (Eges), et les émissions de gaz à effet de serre des produits de construction et des équipements utilisés (PCE Eges).

Sont définis quatre niveaux de performance énergétique (E1 à E4) pour le bâtiment à énergie positive, et deux niveaux de performance environnementale relative aux émissions de gaz à effet de serre (C1 à C2).

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Les niveaux Énergie 1 et Énergie 2 n’imposent à aucun moment la production d’énergie, mais simplement l’usage d’une énergie renouvelable pour la production de chaleur. Les niveaux 1 à 3 permettent d’afficher une progressivité dans l’amélioration de l’efficacité énergétique et du recours à la chaleur et à l’électricité renouvelable pour le bâtiment. 

Les niveaux Énergie 3 et 4 demandent, en plus, la production d’électricité renouvelable, et pour le niveau 4 la compensation de tous les usages par une production d’énergie renouvelable à l’échelle du bâtiment et de son quartier.

Ce nouveau label prend réellement en compte l’empreinte carbone sur toute l’Analyse du Cycle de Vie (ACV) du bâtiment : fabrication des composants, mise en œuvre, exploitation du bâtiment et démolition/recyclage. Le label Énergie-Carbone met donc aussi en lumière l’importance des FDES (Fiche de déclaration environnementale et sanitaire) pour pouvoir connaître, et ainsi limiter, les impacts du bâtiment. Des aides financières seront d’ailleurs accordées aux maîtres d’ouvrage pour effectuer des calculs d’ACV et ce, jusqu’à 50 % du montant des études ACV réalisées, avec un plafond de 10 000 €.

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Le niveau « Carbone 2 » C2 vise à valoriser les opérations les plus performantes ; il nécessite un travail renforcé de réduction de l’empreinte carbone des matériaux et équipements mis en œuvre, ainsi que des consommations énergétiques du bâtiment.

L’organisme de certification qui délivre le label E+ C- procède au minimum à deux contrôles : un premier en phase études, et un second en phase chantier. Les organismes certificateurs sont au nombre de cinq : Certivéa (pour le tertiaire), Prestaterre, Céquami, Cerqual et Promotelec Services pour l’habitat individuel et collectif.

Pour plus d’informations sur le label : http://www.promotelec-services.com/documents/148-referentiel-promotelec-services-energie-positive-reduction-carbone-e-c.html

La résidence Jarlard 5, une stratégie environnementale affirmée du maître d’ouvrage
Dès 2009, le groupe SNI a développé en partenariat avec le CSTB son propre outil, « SNIEVE », de cotation de l’impact environnemental de ses projets, notamment basé sur l’Analyse du Cycle de Vie du bâtiment, de sa conception à sa fin de vie. Cette opération s’inscrit donc dans cette dimension et pour Dominique Desmoulins, directeur général de Promotelec Services, « ce projet est important car il est à l’image des bâtiments qui répondent aux exigences à venir et qui permettent aussi de bâtir la future réglementation. Le Nouveau Logis Méridional, filiale du groupe SNI et maître d’ouvrage, qui a réalisé cette résidence étudiante, a intégré six critères environnementaux majeurs : la santé, le confort, la gestion de l’énergie, la gestion de l’eau, la réalisation d’un chantier propre et la maintenance performante ».

Le trio incontournable : isolation soignée, récupération d’énergie et énergie renouvelable

Pour obtenir des besoins de chauffage de 15 kWh d’énergie utile par m2 et par an, l’isolation a été particulièrement renforcée avec la mise en œuvre par l’extérieur d’un isolant performant de 25 cm d’épaisseur.

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Par ailleurs, le renouvellement d’air est assuré par une ventilation double flux qui récupère l’énergie sur air extrait et qui, si nécessaire, est couplée à une batterie thermique. Ainsi, 100 % des besoins de chauffage des 60 logements sont couverts, avec une consommation des plus faible.  

Enfin, la production d’eau chaude sanitaire collective se fait au moyen d’un système solaire thermique, composé notamment d’une surface de capteurs de 30 m2 couplés à une chaufferie gaz. La vie continue après la livraison du bâtiment

Pour accompagner la démarche en exploitation, un certain nombre de logements sont instrumentés. Ils serviront de base de Travaux Pratiques et les étudiants de l’École des Mines pourront également mesurer de façon fine l’impact de leur comportement sur les consommations énergétiques, apprendre ainsi les écogestes et, au-delà, réduire leur empreinte carbone.

Jean-François Moreau

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