Qualifications et formations associées aux EnR et aux systèmes de performances énergétiques

Formation à la mobilité et les infrastructures de recharge les IRVE normes règles et lois

Les formations et qualifications se renouvellent pour accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables. La filière se prépare à l’émergence de ces nouveaux marchés, notamment aux IRVE et à l’autoconsommation. L’occasion de faire le point sur les référentiels de qualifications et les formations à y associer. Qui délivre quoi et dans quels domaines ?

Sur le même sujet

Les formations et qualifications se renouvellent pour accompagner la montée en puissance des énergies renouvelables. La filière se prépare à l’émergence de ces nouveaux marchés, notamment aux IRVE et à l’autoconsommation. L’occasion de faire le point sur les référentiels de qualifications et les formations à y associer. Qui délivre quoi et dans quels domaines ?

Trois organismes de qualification proposent des référentiels pour les entreprises sur ces nouveaux marchés. Avec une occasion unique pour les professionnels de monter en compétences et de valoriser leur positionnement dans ces nouveaux métiers grâce à de nouvelles qualifications.

AVIS D’EXPERT
Qualibat : « Le référentiel dédié au bâtiment couvre aussi les EnR », Pierre Girard, directeur technique de Qualibat

Pierre Girard

« Avec près de 472 qualifications, nous proposons un référentiel complet, détaillé et structuré couvrant tous les domaines du bâtiment. Ce référentiel est adapté régulièrement, mais sa granularité reste plutôt stable. Dans ce cadre sont définies une vingtaine de qualifications liées aux énergies renouvelables et à la performance énergétique », expose Pierre Girard.

Ainsi, pour le photovoltaïque, suite aux évolutions de l’arrêté de mai 2017, deux qualifications (installations < 250 kWc et installations > 250 kWc) existent et regroupent actuellement un peu moins d’une centaine d’entreprises.
L’approche est similaire avec le solaire thermique, où trois niveaux sont définis :
– installations en habitat individuel ;
– installations en habitat collectif ou tertiaire ;
– installations en habitat collectif ou tertiaire avec contrôle des performances via un audit détaillé sur un chantier de référence.
La géothermie est également représentée : individuelle, mais aussi géothermie en habitat collectif ou tertiaire avec deux segments suivant le niveau de puissance de l’installation (< ou > à 70 kW).

Cette valeur pivot de 70 kW donne naissance à deux autres qualifications, pour les installations thermiques bois énergie en habitat collectif ou tertiaire. S’ajoute une qualification bois énergie pour l’habitat individuel.
L’installation de chauffe-eau thermodynamique fait l’objet d’une qualification particulière, une autre qualification étant dédiée aux pompes à chaleur aérothermiques.

« Deux autres qualifications clés couvrent les installations thermiques (près de 1 900 entreprises qualifiées) et la rénovation d’installations de chauffage (plus de 9 000 entreprises qualifiées). S’ajoutent à cela la qualification Eco-artisan portée par la Capeb et la qualification les pros de la performance énergétique de la FFB », détaille Pierre Girard. Hormis pour les qualifications accompagnées de la mention RGE, pour lesquelles une formation FEEBAT ou équivalente est nécessaire, nous n’exigeons pas systématiquement de formation spécifique. Par contre, dans le cadre du dispositif RGE, la société doit faire preuve de sa compétence et ce, notamment au travers d’un référent technique par établissement qui doit avoir un diplôme qualifiant dans le domaine ou bien une formation dédiée sur l’activité concernée. « Nous ne dispensons pas de formation, notre filiale Certibat s’occupe de cette dimension en agréant des centres de formation et des formateurs par type de formation financé par les OPCA. »


AVIS D’EXPERT
Qualifelec : « Le référentiel évolue en adéquation avec notamment les marchés photovoltaïque et IRVE », Thierry Grosdidier, responsable technique Qualifelec

Avec près de 7 000 entreprises et professionnels affiliés, l’association Qualifelec est centrée depuis plus de soixante ans sur la qualification des métiers de la filière électrique.
« Nous analysons la cohérence des éléments financiers et d’assurance, des moyens humains et matériels, les cursus professionnels des personnels ainsi que deux fiches de référence de moins de quatre ans. L’entreprise nous justifie ensuite de sa formation », explique l’expert.

« Il est essentiel que nos référentiels de qualification soient en adéquation avec les évolutions et les nouveaux marchés. Ainsi, nous avons récemment fait évoluer la qualification solaire photovoltaïque afin d’accompagner l’ouverture à l’autoconsommation et de répondre au décret qui l’encadre. Le professionnel peut choisir au sein de notre qualification SPV les indices suivants : ≤ 36 kWc, > 36 kWc et l’indice Maintenance des installations solaires photovoltaïques », poursuit l’expert.

La maintenance est donc aussi concernée par l’évolution de nos qualifications : « Fondamentale, la maintenance prend une nouvelle place dans la qualification. Nous venons d’enrichir notre nomenclature de trois indices pour valoriser les professionnels qui interviennent dans ce domaine : maintenance PV, maintenance PAC et maintenance Ventilation. » Il y a d’ailleurs un fort engouement pour l’indice maintenance, qui permet de maintenir la compétence des techniciens si l’activité Travaux neufs venait à faiblir.
À l’exception de la mention IRVE qui s’appuie sur une qualification existante et pour laquelle une formation est obligatoire, il n’y a pas d’obligation de formation pour les qualifications, et Qualifelec n’en dispense pas. « Qualifelec s’assure de la compétence des professionnels à la fois dans l’appréhension des techniques et des segments de marchés concernés par la qualification à travers les justificatifs d’expérience professionnelle et/ou de formation. » De la même façon, Qualifelec privilégie la production d’un contrôle technique pour s’assurer de la satisfaction client plutôt que d’une attestation signée par le client.

Les qualifications qui portent la mention RGE touchent quatre domaines : les équipements électriques hors EnR, la ventilation, les PACs et le solaire photovoltaïque.
1 500 entreprises sont dans ce cas.

Pour 2018, l’autre point majeur est l’avancée dans la dématérialisation de nos dossiers de qualifications et l’amélioration du site Internet.


AVIS D’EXPERT
« Des qualifications dans une démarche qualité qui englobe la formation », Teddy Puaud, délégué général Qualit’EnR

Teddy Puaud

Plutôt centrées à leurs débuts sur la diffusion des EnR chez les particuliers, les qualifications de l’association Qualit’EnR sont aujourd’hui reconnues au-delà de ce périmètre initial. « Mais dans tous les cas, la démarche que propose l’association repose depuis sa création, en 2006, sur un triptyque : formation des professionnels en amont, qualification des entreprises et contrôle des réalisations en aval. »

75 000 professionnels se sont déjà formés aux énergies renouvelables sur la base des référentiels créés par Qualit’EnR, dispensés dans les centres agréés, dans les domaines suivants : solaire thermique, photovoltaïque, bois énergie, thermodynamique (PAC et chauffe-eau) et forage géothermique.

Les qualifications possibles sont au nombre de 12, toutes portent la mention RGE avec un objectif commun de massification de l’usage des EnR chez les particuliers. « Nous avons à cœur de suivre l’évolution du marché : depuis quelques années, la qualification est de plus en plus demandée par les maîtres d’œuvre hors habitat individuel et en 2017, la moitié des installations PV raccordées au réseau sont réalisées en autoconsommation partielle ou totale. C’est un véritable changement de paradigme qui s’opère. Ainsi, nous avons étendu notre qualification QualiPV auparavant bornée à 9 kWc, jusqu’à 36 kWc, tout en mettant en place une formation complémentaire spécifique à l’autoconsommation pour accompagner au mieux les entreprises qualifiées. »

Ont été effectués près de 30 000 audits depuis 2006, dont plus de la moitié sur le solaire thermique, avec des exigences de vérification qui augmentent graduellement d’année en année. « L’audit permet de faire progresser la filière, les défauts relevés sur les installations contrôlées sont en interaction avec la formation, dont le contenu peut être réajustée, et les conclusions terrain des audits sont réutilisées et communiquées en retour d’expérience pour sensibiliser la filière aux bonnes pratiques. »

Pour 2018, les périmètres de qualification seront peu modifiés. La dématérialisation des services est en cours de développement et côté formation, nous travaillons au déploiement d’un module sur l’autoconsommation accessible ur Internet avec des séquences incorporant des modules vidéo.


AVIS D’EXPERT
Formapelec : « Accompagner la profession sur le photovoltaïque, l’autoconsommation et les infrastructures IRVE », Hervé Jacques, directeur du développement Formapelec

Face aux nouveaux enjeux de la profession, le centre de formation Formapelec, créé par les professionnels du génie électrique pour répondre à leurs besoins, propose des modules de formations toujours plus adaptées et flexibles afin de permettre la montée en compétence des salariés d’entreprises et les ouvrir à de nouveaux domaines.

Nous avons créé cette année des formations courtes sur l’installation des IRVE, sur la conception et mise en œuvre des installations photovoltaïques en autoconsommation d’une puissance inférieure à 9 kWc, mais aussi pour les installations de 9 à 100 kWc et enfin, pour les systèmes de puissance > 100 kWc. Nous avons également une formation orientée maintenance qui va aborder les différents niveaux de maintenance PV, la conception d’un plan de maintenance adapté, les règles de sécurité électrique sur les installations et les logiques de détections de pannes avec des études de cas pratiques tout au long du cursus.

Pour les formations, nous privilégions le présentiel, sur des formats de deux à quatre jours et des cursus de formation qui incluent le plus souvent a minima 50 % de travaux pratiques. Pour cela, nous disposons par exemple d’un atelier mobile équipé de panneaux photovoltaïques, batteries de stockage et IRVE de façon à être au plus proche de ce que l’on va trouver sur le terrain. Depuis juin, dans le cadre d’un partenariat, Qualifelec reconnaît ces modules de formation comme étant compatibles avec les besoins des professionnels qualifiés ou en cours de qualification dans les domaines correspondants.

Par ailleurs, les organisations professionnelles avec lesquelles nous travaillons (SERCE, FFIE, CSEEE) nous incitent à aller en ce sens également.


AVIS D’EXPERT
Jean-Luc Coupez, expert IRVE au sein de Blue2bgreen, un organisme accrédité de formation IRVE reconnu par AFNOR Certification et Qualifelec pour ses formations Qualif-IRVE©

Jean-Luc Coupez

Quel est le contexte réglementaire pour les IRVE ?
Le décret du 12 janvier 2017 impose à ce que les installateurs soient « des professionnels titulaires d’une qualification pour l’installation des IRVE délivrée par un organisme accrédité ». Et l’obtention de la mention est aussi une question de garantie et d’assurances également en cas de sinistre éventuel, souligne Jean-Luc Coupez

Comment obtenir la mention IRVE de Qualifelec ?
« Au moins un technicien de l’entreprise doit suivre un module de formation dédié aux IRVE. Le contenu de la formation doit être agnostique, et permet d’obtenir des acquis théoriques, normatifs, réglementaires et techniques solides pour toute installation IRVE, d’une puissance supérieure à 3,7 kW, en domaine public ou privé » détaille l’expert.
La mention IRVE est ensuite à associer obligatoirement à une qualification délivrée par Qualifelec dans le solaire photovoltaïque, les installations électriques, l’éclairage public ou bien les branchements & réseaux.

« La formation “Qualif-IRVE”’ que nous dispensons dans ce cadre apporte également la dimension de conseil. Avec une plateforme pédagogique mobile multimarque, l’électricien peut acquérir une capacité supplémentaire pour répondre aux attentes en matière de mobilité électrique, qualifier les projets en posant les bonnes questions et apporter les réponses adéquates, sur l’ensemble de ses cibles marchés (copropriétés, commerce, tertiaire, public…) et ce, depuis la conception du projet jusqu’à sa maintenance », conclut Jean-Luc Coupez.


2018, année des énergies renouvelables ?
« L’événement récent organisé par Sonepar, qui a réuni plus de 300 professionnels électriciens sur une journée dédiée de sensibilisation à la mobilité électrique, est bien illustratif de l’écoute de la filière sur les sujets. Essais de véhicules électriques, mais aussi sensibilisation aux multiples aspects des projets d’installations IRVE, ponctuaient cette journée. C’est une première réussie qui, en conséquence, a enclenché la planification de formations aux IRVE au sein de la région Sonepar Ile-de-France à Malakoff », ajoute Jean-Luc Coupez, expert IRVE de Blue2bgreen.

« L’autoconsommation, le stockage, le dimensionnement des puissances électriques pour les recharges face à la mise en place des flottes de véhicules électriques sont des enjeux de développement forts pour l’année 2018 », insiste l’expert. Une dimension partagée par les acteurs interrogés et qui s’étend au sens large aux marchés de toutes les EnR.

 

Jean-François Moreau

Laisser un commentaire

Laissez un commentaire en remplissant les champs ci-contre ou utilisez votre compte