RATP : un luminaire LED sur mesure

Dans les années 2000, la RATP fait un constat sévère : l’éclairage des circulations, quais, guichets, salles d’échanges, du métro de la capitale est obsolète, les luminaires en place inefficaces avec une grande variété de modèles accumulés au fil des années et une maintenance de plus en plus coûteuse. La RATP confie à Thorn la mission de créer un luminaire LED spécialement adapté aux besoins de la Régie.

Page12_2Au début 2010, le processus de rénovation de l’éclairage du réseau métropolitain est engagé. Première étape envisagée, remplacer les tubes fluorescents existants par des tubes LED, mais cette opération ne suffit pas. La RATP lance un appel d’offres, et Thorn, déjà en charge du marché en ce qui concerne les appareils à tubes fluorescents, est mandaté pour la réalisation de ce projet tout LED. Très tôt, la RATP s’est intéressée à l’éclairage à LED, qui présente de nombreux avantages pour le respect de l’environnement. La Régie effectue une série d’expérimentations en remplaçant des éclairages fluorescents par des sources LED et ce, dès 2009 en ce qui concerne les stations de métro, en 2010 au siège de la RATP, puis des sites industriels de l’entreprise en 2011. Ces tests, en grandeur nature, ont permis de valider cette technologie sur la base d’enquêtes voyageurs et d’études ou mesures techniques poussées. Forte de ces expériences, la RATP a pris la décision de généraliser l’éclairage à LED sur ses réseaux métro et RER.

C’est donc en complète collaboration que les équipes techniques réfléchissent en amont à la définition d’un nouveau luminaire. À la RATP, on est bien conscient que la « lumière est avant tout une question de ressenti, mais un lieu agréablement éclairé dépend d’une multitude de critères, dont certains peuvent parfois interagir. Lorsqu’ils étudient un espace, les concepteurs ou projeteurs se posent la question du positionnement des sources de lumière pour éviter le risque d’éblouissement. Lumière directe ou indirecte ? À quelle hauteur ? Quelle sera la couleur des surfaces ? » Pour toutes ces interrogations, seul un travail d’équipe, d’écoute et d’échanges entre la RATP et Thorn pouvait aboutir à la définition des paramètres : répartition de la lumière dans les espaces, uniformité, choix de la température de couleur, importance de l’indice de rendu des couleurs.

Une photométrie ajustéePage13_2
Pour Marc Morchoisme, ingénieur RATP, responsable technique de l’opération, « il ne s’agissait pas de se lancer dans cette opération sans mesurer la rentabilité et surtout l’efficacité des LED en la matière. Nous avons donc réalisé une étude environnementale afin de mesurer l’impact d’une telle rénovation ». Impacts économiques avec pour objectif de réduire les consommations et surtout les opérations de maintenance – difficiles et coûteuses –, et enjeux technologiques également, la RATP ayant défini très précisément les critères du futur luminaire.

Les résultats de l’étude sont satisfaisants, et le département Recherche et Développement de Thorn met en place une équipe pour développer le luminaire LED : le cahier des charges de la maîtrise d’ouvrage exigeait que le design du luminaire asymétrique existant (issu du précédent appel d’offres gagné par Thorn) soit respecté et plus particulièrement qu’il offre une photométrie conforme aux exigences de la RATP.

Les environnements difficiles imposent un éclairage résistant et efficace. De la fabrication de composants complexes à l’ingénierie, les exigences sont nombreuses et compliquées pour obtenir un système d’éclairage haute performance. Le défi que Thorn accepte de relever est d’envergure : non seulement en ce qui concerne le choix de la source, mais aussi les réflecteurs, la platine, les drivers.

Les luminaires développés offrent deux types de puissance, 22 W et 42 W (contre 28 W et 55 W dans l’ancienne version fluorescente) – version destinée aux zones à niveaux d’éclairement élevés, notamment 150 lux dans les escaliers – pour une température de couleur de 3 000 K. Afin de réduire le plus possible les opérations de maintenance et compte tenu du fait que les luminaires sont allumés, pour certains, 24 h/24, le système devait offrir une longue durée de vie : à 50 000 heures, l’appareil offre encore 70 % de son flux luminaire initial.

Esthétique et résistance mécanique
Pour les besoins de l’installation, deux longueurs ont été définies : 1,20 m pour les 22 W, et 0,60 m pour les 42 W, avec un éclairage intensif et les appareils disposés sur une ou deux rangées selon la largeur des couloirs. Des systèmes non éclairants « chemins de câbles » ont été spécifiquement développés et ponctuent les lignes lumineuses par Thorn afin de conserver une harmonie esthétique dans toutes les circulations. Certains de ces éléments ont été conçus pour intégrer des haut-parleurs ou des appareils d’éclairage de sécurité. Affichant un degré de protection IP54, le luminaire comprend un corps en aluminium extrudé et une vasque polycarbonate.Page13_1

Pour Charles Angot, directeur Business Development Grands Comptes, Thorn, « l’éclairage ne donne pas les mêmes résultats dans un lieu en fonction de ces critères. Notre travail avec l’équipe de Marc Morchoisme a été primordial : personne mieux que lui ne connaît les espaces que nous devions éclairer et leurs contraintes : agencement des volumes, les couleurs, nature des matériaux, conditions d’exploitation et environnementales, entretien, etc. Autant de paramètres qui nous ont permis de définir avec précision les caractéristiques, la solution éclairage la mieux adaptée tant en termes de photométrie, d’efficacité lumineuse et énergétique que d’esthétique ».

Les usagers de la RATP peuvent d’ores et déjà bénéficier de cet éclairage aussi confortable qu’efficient notamment dans les stations Réaumur- Sébastopol, Palais-Royal, Châtelet, Auber et quelques autres encore. En tout, pas moins de 1 700 luminaires seront installés d’ici 2016.

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