Sébastien Dumont, responsable de l’activité éclairage technique pour le groupe Agora Makers, présente le contrat remporté par Eclatec auprès du Groupe ADP pour moderniser l’éclairage des aires avions des aéroports de Paris-Orly, Paris–Charles-de-Gaulle et Paris-Le Bourget. Ce programme de remplacement progressif des lampes à décharge, sur une durée de huit ans, mobilisera 1 200 projecteurs des modèles Keris 5 et Keris 6, dont les premières livraisons sont prévues en 2026.
Quel est le cahier des charges pour éclairer les zones de stationnement avions ?

Sébastien Dumont – Dans ces environnements où la sécurité des opérations au sol est absolument essentielle, la qualité de la lumière joue un rôle déterminant. On ne peut pas accueillir un Boeing 747 transportant 400 passagers sur un tarmac avec des défauts d’éclairage ; les niveaux sécuritaires sont très élevés et non négociables. Pour répondre à ces exigences, les équipes R&D d’Eclatec, Groupe Agora Makers, ont conçu une lentille optique spécifique, garantissant un éclairement maîtrisé et une forte uniformité lumineuse sur l’ensemble de la zone. Ce développement s’appuie sur un processus interne complet qui associe conception mécanique, laboratoire photométrique et validation technique. Ce programme répond à un double objectif : anticiper la fin de vie réglementaire des lampes à décharge prévue à l’horizon 2027 ; et améliorer significativement la performance énergétique des installations. La robustesse des luminaires, la précision photométrique et notre engagement industriel, conception et fabrication en France, ont été des facteurs clés dans la confiance accordée par le Groupe ADP. Nous avons adapté notre gamme Keris, initialement conçue pour l’univers sportif, aux contraintes spécifiques de l’aéronautique.
Les zones concernées sont celles où les avions attendent et réceptionnent les passagers ?
Sébastien Dumont – Exactement. Mais les aires avions sont bien plus que des espaces d’accueil des voyageurs. Il y a aussi les bagagistes, les mécaniciens, les agents de piste ; c’est une véritable fourmilière qui s’active en permanence sous les appareils, avec un personnel amené à réaliser des tâches de précision dans des délais serrés. L’éclairage doit y assurer un éclairement horizontal et vertical parfaitement maîtrisé, garantir une uniformité élevée, limiter les zones d’ombre et offrir une lisibilité optimale de chaque opération au sol. L’optique développée pour Keris a permis d’y répondre efficacement, notamment à l’aéroport de Marseille-Provence, où plus de 150 projecteurs ont été installés en rénovation ; le dispositif réduit considérablement les nuisances lumineuses tout en diffusant le flux en un large faisceau uniforme. Pour le Groupe ADP, le périmètre ne se limite pas aux trois grandes plateformes ; il englobe l’intégralité des aéroports et aérodromes gérés par le groupe, y compris à l’international.
Comment avez-vous adapté votre gamme Keris ?
Sébastien Dumont – La gamme se décline en six tailles, de Keris 1 à Keris 6, pour répondre à des configurations très différentes. Chaque luminaire se compose d’un projecteur à vasque en verre et d’un driver séparé. Sur notre site de production de Maxéville, en Meurthe-et-Moselle, nous avons développé des accessoires dédiés, coupe-flux, casquettes, permettant de réduire davantage l’impact environnemental et de limiter la pollution lumineuse vers les zones adjacentes.

Les luminaires sont ensuite montés sur les couronnes des mâts existants, qui atteignent 20 mètres, parfois 30 mètres de hauteur ; la fixation en façade de bâtiment est possible mais rare, car elle risque de créer une gêne visuelle pour les opérateurs de la tour de contrôle. Relever ce défi en tant que fabricant français, en circuit court, face à des appels d’offres européens ouverts à la concurrence mondiale, est un engagement fort. Parce que dans un aéroport, la lumière n’éclaire pas seulement les pistes ; elle sécurise chaque mouvement au sol, à chaque heure du jour et de la nuit.
Propos recueillis par Isabelle Arnaud






