Laurent Thibaudeau : KIC InnoEnergy investit dans des start-up à fort potentiel et finance des innovations technologiques

Directeur de l’Innovation, KIC InnoEnergy France. KIC InnoEnergy est l’une des 3 KIC (Knowledge and Innovation Community) créée en 2010 dans le cadre d’un appel d’offre lancé par l’Institut Européen d’Innovation et de Technologie (EIT). Cette société européenne a été fondée par la plus grande alliance d’acteurs dans le domaine de l’énergie en Europe. La mission de KIC InnoEnergy est de développer l’innovation, la formation et la création d’entreprises dans le domaine des énergies durables. Pour ce faire, KIC InnoEnergy investit dans des start-up à fort potentiel et finance des innovations technologiques, afin d’assurer la compétitivité mondiale de l’Europe. La société, dont le siège social est aux Pays-Bas, développe son activité à travers ses bureaux situés en Belgique, Pays-Bas, France, Allemagne, Espagne, Portugal, Pologne et Suède.

j3e – Quelle est votre spécificité ?
Laurent Thibaudeau – Via notre réseau de plus de 150 partenaires (industriels, universités, centres de recherche), nous ressemblons un peu à un pôle de compétitivité à l’échelle de l’Europe. A cette différence près que nous avons les moyens d’opérer et d’intervenir dans le financement et l’accompagnement des start-up et de projets d’innovation. Des majors de l’énergie comptent parmi nos partenaires : des industriels tels que ABB, Areva, EDF, Schneider Electric, Total, Vattenfall ; des centres de recherche, comme le CEA, TNO, VITO ; des universités et grandes écoles dont Grenoble INP, Insa Lyon, ParisTech, le KIT en Allemagne, ESADE à Barcelone, KTH à Stockholm….

j3e – Quelle est la contribution de vos partenaires ?
L. T. – Il existe 3 niveaux de partenariat – les partenaires dits formels cotisent auprès de KIC InnoEnergy à hauteur de 100.000 euros par an. Les partenaires dits associés cotisent à hauteur de 30.000 euros. Enfin, les partenaires projets ne cotisent pas. Seuls les partenaires formels sont impliqués dans la gouvernance de KIC InnoEnergy.

j3e – Pour vos partenaires, comment se traduit le retour sur investissement ?
L. T. – Le retour sur investissement de nos partenaires se fait principalement à travers leur participation aux projets d’innovation et programmes de formation. Nos outils sont bien adaptés à l’innovation, tant au service des grands groupes que des PME, qui ne peuvent pas toujours se payer de R&D. De plus, notre structure en réseau permet à nos partenaires d’effectuer une veille stratégique sur les start-up de l’énergie à fort potentiel.

Enfin, notre plus forte valeur ajoutée est notre écosystème à l’échelle européenne. Nous sommes complémentaires de structures nationales comme les pôles de compétitivité, les pépinières et les clusters.

j3e – Votre parti pris européen rend-il plus complexe le financement de projets ?
L. T. – En effet, cela complexifie quelque peu le montage des projets. Il est plus facile d’aller chercher des partenaires à 50 km qu’au-delà des frontières. Mais à la fois, on n’a pas toujours le bon partenaire à proximité. C’est pourquoi nous jouons le rôle de facilitateurs, sachant qu’une des conditions d’éligibilité de nos projets d’innovation est d’associer au moins deux pays afin de promouvoir la collaboration entre acteurs européens.

Nous favorisons cette mise en relation, notamment grâce à nos évènements comme les Matchmaking Event. Ce sont en quelque sorte des speed datings de l’innovation, que nous organisons deux fois par an.

L’objectif est de faciliter la mise en place de consortia pour déposer des projets. Les rencontres effectuées permettent des collaborations autour de thématiques comme le stockage énergétique, les énergies renouvelables, l’efficacité énergétique…

j3e – Quelle est la recette du succès que vous annoncez ?
L. T. – Notre recette, c’est d’être à la fois suffisamment souple et pragmatique dans notre opérationnalité, et de ne pas hésiter à innover dans les montages pour s’adapter aux besoins de nos partenaires et des PME.

j3e – Avez-vous quelques exemples de projets soutenus dans le secteur du bâtiment en France ?
L. T. – J’évoquerais à titre d’exemple le projet PLESMO, réalisé avec Schneider Electric.

Ce projet vise à diminuer la consommation énergétique des usines pendant les modes de non-production (l’arrêt des machines) via un procédé de suivi de consommation, afin de réduire de 50 % la facture énergétique. PLESMO vise un retour sur investissement pour le client en 2 ans et s’engage à ce qu’il n’y ait pas d’impact sur la qualité, les délais ou la performance des opérations industrielles.

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