La FIEEC, ou quand le futur est déjà là

Gilles Schnepp, président de la FIEEC

« Notre secteur a le privilège d’être au cœur des transformations en cours et d’avoir été le précurseur dans l’identification de ce changement de paradigme », écrivait Gilles Schnepp, président de la FIEEC en préambule du rapport d’activité 2018. Effectivement, les 3 000 entreprises qu’elle représente constituent un écosystème industriel de premier plan, « l’électro-technologie », dont les investissements particulièrement conséquents en matière de recherche et développement donnent naissance à de nombreuses innovations, qui sont autant de réponses aux défis posés par les inévitables transitions énergétiques et numériques et qui, dans un monde complexe, rendent finalement possible notre futur.

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Ce sont pas moins de 22 syndicats professionnels qui sont réunis, depuis 2013, sous la bannière de la FIEEC, Fédération des industries électriques, électroniques et de communication. « Une fédération très diverse, qui représente des secteurs dédiés à la fois aux professionnels et aux particuliers [BtoB et BtoC, ndlr]. La gamme des métiers couverts par notre fédération de syndicats est extrêmement large, et tous nos adhérents sont des entreprises industrielles qui disposent à la fois d’atouts de première force et de compétences reconnues dans le domaine des industries technologiques de l’énergie, du numérique et de l’électronique », souligne Benoît Lavigne, le nouveau délégué général, en poste depuis le mois d’avril.

Des industriels dont la notoriété et la qualité des produits sont reconnues notamment en raison des efforts en matière d’innovation, car en moyenne, ils consentent à investir « jusqu’à 8 % de leur chiffre d’affaires dans la R&D et y dédient 16 % de leurs effectifs totaux, soit quatre fois le niveau moyen constaté dans les autres industries ». Les résultats sont probants, les chiffres en témoignent, la filière est une formidable créatrice de valeur, « les électro-technologies génèrent 30 % de la valeur d’un véhicule, 25 % de la valeur ajoutée du secteur aéronautique et pas moins de 90 % des innovations dans le secteur automobile », explique le délégué général. Ces technologies sont « une source essentielle de complémentarité et de synergie, un produit électrotechnique, c’est à la fois une couche d’électronique, du numérique, des technologies qui apportent les solutions les plus appropriées aux besoins majeurs de notre société en termes de gestion de l’énergie, d’objets connectés ou de mobilité, entre autres ».

Benoît Lavigne, directeur général de la FIEEC

Car notre siècle « impose la réussite de deux transitions majeures, numérique et énergétique », et sur ces points précis, la FIEEC et ses membres « jouent déjà un rôle déterminant ». La première de ces mutations nous fait entrer « dans l’échange de données à grande échelle ». Les objets sont désormais voués à échanger des informations et sont considérés comme intelligents, « les produits et solutions FIEEC Industrie [les] connectent de plus en plus, pour permettre de collecter et d’exploiter les données produites, et en réponse, de piloter à distance ces objets pour optimiser chaque service tout en préservant la simplicité d’usage pour l’utilisateur final », une gestion optimisée pour allouer au mieux les ressources disponibles et, au final, « faire mieux avec moins ». La connectivité apporte une véritable plus-value, elle enrichit toute la chaîne économique, c’est-à-dire le côté « smart », qui permet à chaque maillon d’optimiser son rôle dans la chaîne. C’est particulièrement vrai dans le secteur du bâtiment, avec le smart grid. Ce réseau de distribution d’énergie électrique fait circuler des informations entre les fournisseurs et les consommateurs, ajuste en temps réel le flux d’électricité, ce qui optimise de fait l’efficacité du réseau électrique, et la consommation du bâti. Le secteur de la construction (immeubles, maisons, bureaux…), « qui représente en France 43 % de la consommation énergétique totale et près de 25 % des émissions de CO2 », constitue de fait le premier gisement d’économies d’énergie.

La seconde mutation, énergétique, « doit apporter des réponses à l’impérieuse nécessité de limiter l’impact environnemental des activités humaines ». Autrement dit, « les Terriens » doivent se sevrer des énergies fossiles et se tourner vers celles qui sont moins carbonées, voire totalement décarbonées. « Nos industriels sont une force motrice qui accompagne et accélère positivement les transitions en cours ». Par exemple, les développements technologiques du groupe Alstom apportent du concret : « créer le changement est une tradition industrielle française. » Depuis le 17 septembre, le groupe français fait rouler les premiers trains à hydrogène en service commercial dans le nord de l’Allemagne. Deux rames circulent pour le moment, sur un parcours de 100 kilomètres, mais elles sont « à zéro émission » et n’émettent que de la vapeur d’eau ! Une innovation majeure qui devrait, à terme, permettre aux opérateurs ferroviaires de s’affranchir du diesel, notamment sur les lignes non électrifiées.

Geoffroy Roux de Bézieux et Gilles Schnepp lors de la Garden Party de la FIEEC en juillet 2018. (c) Twitter

Par-delà la réponse essentielle aux défis déjà évoqués, les développements technologiques conçus par les industriels de la FIEEC « ont un effet direct sur le développement économique et social de notre pays ». Enjeux de la croissance « grâce aux gains de compétitivité et de productivité à attendre des électro-technologies et des nouveaux produits et services qui en résultent », et des gains en termes de création d’emplois. Il semble en particulier possible d’estimer « que le potentiel de création d’emplois dans notre secteur est de l’ordre de 30 000 à 50 000 à l’horizon 2020, soit un global de 75 000 à 90 000 emplois mobilisés directs, indirects et induits ». Rien que le déploiement de la fibre optique mobiliserait à lui seul près de 20 000 emplois en 2022*. Les industriels de la FIEEC, on le constate, ont déjà la tête dans le futur. Quant à leur propre avenir, il s’annonce plutôt positif : « Les marchés qui s’ouvrent à nos industries sont à la fois pérennes et mondiaux. » Le seul bémol pour ces entreprises sera de s’assurer « un vivier de compétences pour faire face à ces nouveaux marchés ». Mais cela est un autre sujet…

Olivier Durand

* Source : Appui Technique Prospectif mené́ fin 2013 avec l’État et la plateforme Objectif Fibre

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