Energies renouvelables : le nucléaire s’y met aussi

A travers le monde, les grands acteurs du nucléaire multiplient les investissements dans les énergies vertes pour diversifier leurs portefeuilles et participer à la transition énergétique de leurs pays respectifs. Deuxième volet de notre tour d’horizon des stratégies du secteur en matière d’énergies renouvelables.

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Engie (ex-GDF Suez), un nouveau leader européen de l’électricité verte

Depuis sa privatisation achevée en 2006, Engie (ex-GDF Suez) est devenu le premier producteur mondial d’électricité « indépendant ». Le groupe français dispose d’une capacité installée de plus de 10 000 MW et d’un parc parmi les plus diversifiés au monde. Engie est encore présent dans le nucléaire via plusieurs de ses filiales, Endel, Engie Axima, Engie Ineo, mais aussi Engie Electrabel qui opère sept réacteurs dans les deux centrales belges de Doel et Tihange.

La transition énergétique est un enjeu majeur pour Engie, qui en a fait l’une de ses priorités pour les prochaines années dans le cadre de sa stratégie « 3D » : décarboné, décentralisé et digitalisé. L’électricité « verte » compose ainsi d’ores et déjà plus de 50% de son mix énergétique. Le groupe est en effet le deuxième producteur d’hydroélectricité, le premier acteur éolien en France et dispose de plusieurs centrales solaires à travers le monde. Engie développe également deux projets d’éoliens offshore au large de la Belgique (Mermaid) et au Portugal (WindFloat Atlantic), et deux des six premiers projets de parcs éoliens marins français à Dieppe-Le Tréport (Seine Maritime) et à l’île d’Yeu-Noirmoutier (Loire-Atlantique).

Ce virage dans les énergies « vertes » a conduit le groupe français à placer ses activités nucléaires au second plan. Outre la fermeture programmée des deux centrales belges en 2025 selon l’agenda planifié par les autorités, Engie a également renoncé à des projets de construction d’une nouvelle centrale nucléaire en Turquie et au projet NuGen à Moorside au Royaume-Uni.

Kepco, acteur de la transition énergétique en Corée du Sud

L’électricien sud-coréen Kepco, 7e plus grand producteur mondial d’électricité avec une capacité installée de 65 GW, assure à lui seul 93% de la production d’électricité en Corée du Sud. Le groupe, qui opère les 23 réacteurs nucléaires du pays, s’est imposé en Jordanie en 2015 et au Royaume-Uni en 2017 comme un concurrent sérieux des majors occidentales à l’international. Jusqu’ici spécialisé dans l’hydroélectricité et le nucléaire, le groupe sud-coréen opérait également cinq parc éoliens dans le pays totalisant 79 turbines et 226 GW de puissance nominale en 2016.

Depuis 2017, Kepco a amorcé un tournant stratégique vers les énergies renouvelables sous l’impulsion du nouveau premier ministre sud-coréen Moon Jae-In, qui a décidé la fermeture de l’ensemble des réacteurs du pays à l’horizon 2060. Pour appuyer cet objectif, Séoul souhaite porter la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique de 6% (2% pour le solaire et l’éolien) à 20% d’ici 2030 et faire baisser la part du nucléaire, qui est actuellement de 30%. A cette fin, Kepco a signé un partenariat stratégique avec GE pour améliorer le réseau électrique du pays en vue de l’adapter à la hausse des énergies renouvelables dans la production d’électricité nationale. Le groupe a également annoncé investir plus de 47,9 milliards de dollars en août 2017, notamment dans la construction de nouvelles centrales photovoltaïque.

Tepco, l’opérateur de Fukushima se tourne vers les énergies vertes

Huitième électricien mondial, le japonais Tepco comptait jusqu’en 2011 trois centrales nucléaires, parmi lesquelles celle de Fukushima Daiichi, touchée cette année-là par un séisme et par un tsunami. Le groupe, nationalisé en 2012 après la catastrophe, a mis ses autres réacteurs à l’arrêt. Avec, pour conséquence, une baisse drastique du nucléaire dans le mix énergétique national de 30 à 2% en 2018, au profit du charbon et du gaz.

Dans le cadre du plan national de baisse des émissions de CO2 du Japon de 80% d’ici 2050, les autorités japonaises ont approuvé en juillet dernier la reprise de la production d’énergie nucléaire dans l’archipel. En parallèle, celles-ci veulent porter la part des énergies renouvelables à 24% du mix électrique national, contre 6% aujourd’hui.

Depuis 2011, Tepco s’est renforcé dans les énergies renouvelables à travers les mises en service de plusieurs sites de production comme le parc éolien de Higashi-Izu en août 2015 ou celle de trois centrales solaires entre août 2011 et janvier 2012. A la suite du plan gouvernemental, l’électricien a annoncé vouloir augmenter sa production d’énergie renouvelable à 7 GW. Pour ce faire, Tepco mise notamment sur le développement de l’éolien marin, à travers le lancement de son premier projet offshore à Choshi (entrée en service prévue le 1er janvier 2019). Le groupe vise également le lancement de nouveaux projets hydroélectriques, notamment dans le Sud-Est de l’Asie, comme celui de Coc San au Vietnam par exemple.

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